‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 305 sur 343 · LIVRE VI, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITRE III

Mais on vend des livres sterling sur toutes les places de commerce ^u monde, et il peut arriver que cette monnaie se vende à meilleur marché sur une place autre que Paris et Londres, à Hambourg, par exemple. X consulte la cote de- Hambourg, et y trouve les lettres sur Londres à trois mois cotées 20,50, ce qui signifie qu'une livre sterling se change sur cette place au cours de 20 1/2 marcs. Gomment savoir si les livres sterling coûteraient plus ou moins à Hambourg qu'à Paris ?

Pour obtenir à Hambourg les 1,000 livres dont il a besoin, X devra les payer 20,500 marcs qu'il peut se procurer à Paris au cours de 124 fr. par 100 marcs. Il trouve la somme cherchée en changeant les marcs en francs, ainsi qu'il suit :

X francs : 20500 marcs.

100 marcs : 124 francs.

ou 20,500x124

= fr. 25420.

En ce cas, il vaut mieux encore acheter les 1,000 livres à Paris.

Si, au contraire, on avait à recouvrera Londres, on aurait avantage à vendre à Hambourg les 1,000 livres au prix de 20,500 marcs, qu'on revendrait à Paris 25,420 francs.

On pourrait, soit pour recouvrer, soit pour payer, chercher à quel prix il conviendrait d'acheter ou vendre des livres sterling à Berlin, à Amsterdam, à Vienne ou à Saint-Pétersbourg. Pour payer, on changerait des francs en marcs, en florins ou en roubles, puis les marcs, les florins ou roubles en livres sterling. Pour recevoir, c'est-à-dire pour vendre des livres sterling, on changerait ces livres en marcs, en florins ou en roubles que l'on changerait ensuite en francs. On pourrait sans peine, une fois les chiffres relevés, comparer les prix.

Un négociant, aussi bien qu'un banquier, peut avoir besoin de tirer ou de remettre sur une place étrangère. Aussi quelques maisons du commerce de marchandises achètent et vendent les lettres sur les places étrangères que le mouvement des affaires met entre leurs mains. Mais la plupart des

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négociants, mieux avisés, laissent aux banquiers le soin de faire les arbitrages, et réservent pour leur commerce ordinaire le temps et l'application dont ils disposent. Entre les banquiers, il en est quelques-uns qui non-seulement achètent et vendent les lettres sur l'étranger, mais qui ont sur les principales places de commerce des correspondants avec des crédits ouverts, de manière à pouvoir à volonté, slls y trouvent leur intérêt, créer des traites ou des remises. En d'autres termes, ils font sur les changes, outre la commission, des opérations directes.

En arithmétique, les spéculations sur les changes se réduisent toujours à la recherche du prix d'une monnaie donnée sur diverses places. Il est indispensable pour cette recherche de lire couramment et de savoir comparer les diverses cotes de change.

Pour y parvenir facilement, on chilfre les cotes que l'on veut comparer, opération qui consiste d'abord à niveler les eours, c'est-à-dire à ramener par des escomptes les échéances des deux places que l'on compare à une même date, ensuite à ramener les monnaies cotées au dénominateur commun de la place sur laquelle doit être faite l'opération projetée.

Étudions d'abord un peu quelques cotes réelles. Voici celle de Paris :

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