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LIVRE VI, CHAPITRE III

Pour raisonner un arbitrage, il faut : l' Ramener par Tescompte à une même échéance les lettres de change cotées sur les diverses places dont on compare les prix courants : c'est ce qui s'appelle niveler les cours ; — 2** Ramener par des calculs sur les changes les diverses monnaies que l'on compare à un dénominateur commun ; — 3^ Calculer les commissions, courtages et faux frais auxquels peut donner lieu Topération.

Nous avons exposé l'arithmétique des escomptes, des changes et des commissions. C'est dire assez que celle des arbitrages ne présente aucune difficulté nouvelle, autre que la combinaison de trois données sur lesquelles il faut calculer et de la complication qui en résulte.

Les cambistes ont formulé pour les arbitrages ce qu'ils appellent quatre maximes fondamentales, dans les termes suivants :

« 1° Pour tirer sur une place étrangère qui donne le certain, le prix du change le plus haut est le plus avantageux ;

« 2* Pour tirer sur une place étrangère qui donne l'mcertain, le prix du change le plus bas est le plus avantageux;

« 3* Pour faire une remise sur une place étrangère qui donne le certain, le prix du change le plus bas est le plus avantageux;

« 4° Pour faire une remise sup une place étrangère qui donne Yincertain, le prix le plus haut est le plus avanta-

geux. »

Nous comprenons peu l'utilité de ces maximes simples et naïves, qui semblent empruntées à l'école, et dont l'homme d'affaires n'a pas besoin. Mais elles sont enseignées depuis si longtemps et avec tant de solennité que nous n'avons pas voulu les omettre.

Est-il besoin de ces règles pour comprendre que, si j'ai 1,000 livres sterling à recevoir à Londres, il m'est avantageux que ces livres sterling, dontje suis propriétaire, vaillent le plus cher possible et me donnent le plus grand nombre de francs et, si je les dois, que je puisse les acheter au prix du moindre nombre de francs possible ? En est- il besoin pour

savoir que, si je suis à Londres et ai 20,000 fr. à recouvrer à Paris, il m'est avantageux que le change soit bas, c'està-dire que les francs vaillent le plus possible, et que j'ai un intérêt contraire, s'il me faut payer cette somme à Paris?

Quoi qu'il en soit, examinons quelques cas pratiques dans les trois positions, de débiteur, de créancier ou de spéculateur, où l'on peut se trouver.

X, de Paris, doit à Londres 1,000 livres sterling, et cherche à obtenir cette somme au meilleur marché possible.

Il peut acheter à Paris ou sur toute autre place de commerce des lettres de change sur Londres, ou, ce qui revient au même, vendre à Londres des lettres sur Paris qui produisent la somme qu'il veut payer.

Il pourrait aussi vendre à Londres des titres ou des matières d'or et 'd'argent et en remettre le prix : le choix qu'il fait entre ces divers moyens de payer constitue l'arbitrage. — Mais nous ne nous occuperons, pour le moment, que de l'achat ou de la vente des lettres de change.

X voit par la cote de la Bourse que les lettres de change sur Londres se négocient à Paris de 25,20 à 25,22 par livre sterling moins 3 p. 100. Une traite de 1,000 livres à trois mois lui coûtera donc de 25,200 à 25,220, soit 25,210 francs, moins Tescompte et plus le courtage que nous évaluerons à 1/8 p. 100. L'escomple à 3 p. 100 pour'trois mois est de 1/4 de 3-, soit de 3/4 p. 100.

Le centième de 25,210 fr. est fô2 fr.

Dont le quart est 63 fr.

Les 3/4 o/o sont donc. ... 189 fr. Le 1/8 de courtage calculé sur 25,210 fr. est de. 31 51

Reste à déduire de 25,210 fr. . 157 tr, 49

Par conséquent, 1 ,000 livres sterling, à trois mois, achetées à Paris, coûteront fr. 25,052.51 .

Si, dans ce même temps, le change de Londres présente les lettres sur Paris ou, comme on dit, le Paris à trois mois, au cours de 25,32, il est clair qu'il serait désavantageux d'acheter en cette ville des livres sterling.

Digiti

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