‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 312 sur 343 · LIVRE VI, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITRE IV

qu'il ne court à son profit que sur le net produit. Ajoutons que le plus souvent, sinon toujours, le taux de l'intérêt n'est pas le même de part et d'autre. Mais cette manière de passer écriture abrège tellement les comptes, qu'elle est préférable à toute autre, et il convient de l'inscrire toujours dans les conditions générales du compte courant, sauf compensation équitable accordée à l'ayant compte. La compensation est facile : ainsi, l'intérêt qui court en faveur du banquier est ordinairement un peu plus élevé que celui qui court en faveur de l'ayant compte. Rien n'est plus simple que de réduire ou de supprimer la diflFérence, et de convenir que le produit net de chaque remise sera seul inscrit au crédit de l'ayant compte.

De banquier à banquier, il n'est pas même besoin de s'occuper de cette difficulté, puisque les comptes se balancent le plus souvent par une suite de remises réciproques, de telle sorte que, par les éléments mêmes du compte, les dijBPérences étant tantôt en faveur de l'un, tantôt en faveur de l'autre, se compensent naturellement.

Cependant on tient encore un grand nombre de comptes courants en forme de comptes d'effets, si l'on peut ainsi dire, avec écriture de chaque effet séparé, valeur à son échéance, de telle sorte que la tenue de ces comptes ^rend encore, chez la plupart des banquiers, un temps considérable.

n ne peut en être autrement lorsqu'on porte au livre des comptes courants tout le détail des traites et des remises; lorsqu'au lieu d'inscrire le net produit de chaque bordereau, on recommence à établir effet par effet tout le détail du compte, et que les opérations faites et inscrites jour par jour ne deviennent définitives que le jour où le compte est arrêté.

§ 2. — Deux systèmes de tenue des comptes courants.

Etudions l'arithmétique des ces comptes courants et remarquons qu'il n'y a pour les tenir que deux systèmes. Le premier, le plus usité en France, s'applique seulement aux comptes dans lesquels l'intérêt court au même taux en faveur de chacun des ayants compte et contre eux, et à ceux dans lesquels

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rayant compte est constamment créancier ou débiteur. Le second peut s'appliquer à tous les comptes courants, et doit être employé nécessairement lorsque Tayant compte paye un intérêt plus ou moins élevé que celui qu'il reçoit de la maison qui tient le compte.

Dans le premier système, on prend une époque; on relève les intérêts courus sur chaque article du jour de son échéance à cette époque, on totalise et on balance d'abord les intérêts, puis les sommes. — Dans le second système, on relève à chaque entrée ou sortie de fonds la balance ou solde du compte, et on calcule les intérêts dus sur cette balance ou solde pour les inscrire au crédit de qui il appartient.

Un exemple fera comprendre la différence des deux systèmes. Soit un compte courant entre A et B, du l^*" au 30 novembre. Le 1" novembre, A doit à B 2,000 fr.; il lui remet 6,000 fr, le 15 et reçoit 5,000 fr. le 25. Dans le premier système, voulant régler compte te 30 novembre, on peut supposer que les 2,000 fr. dus au l*"" ont porté intérêt jusqu'au 30, que les 6,000 fr. remis le 15 ont également porté intérêt jusqu'à la même date, ainsi que les 5,000 versés le 35. Dans le second système, les 2,000 dus par A portent intérêt au profit de B jusqu'au 15; du 15 au 25. 4,000 fr, portent intérêt au profit de A, et du 25 au 30, 1,000 fr. portent intérêt au profit de B. Le premier système est fondé sur une fiction convenue; le second est strictement conforme à la réalité.

Du reste, si l'intérêt court au même taux, pour et contre A et B, le résultat est le même, ainsi qu'il est facile de s'en convaincre. Prenons les livres de B et établissons le compte, d abord par l'un, puis par l'autre système. Nous aurons par le premier :

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