LIVRE VI, CHAPITRE IV
alors rayant coïnpte produit son livret, ou si, par exception, il la perdu, on recherche à la main courante tous les détails du compte dont le relevé trimestriel, semestriel ou annuel ne donne que la copie du livre, c'est-à-dire les résultats généraux, sans détails.
Cette manière de tenir les comptes courants sur place est bien préférable à celle qui est le plus généralement pratiquée chez nous. En premier Ueu, elle donne moins d'écritures. En effet, le détail des bordereaux se trouve dans l'un et l'autre système à la main courante : chez nous, on le recopie sur des feuilles volantes, délivrées à l'ayant compte, ce qui équivaut exactement au travail de tenue du livret. Mais chez nous on reproduit au livre des comptes courants tout le détail des comptes, et on le recopie à chaque règlement pour le communiquer à l'ayant compte, tandis que, dans l'autre systèifte, on n'inscrit et on ne relève que le net, abrégeant ainsi ces écritures énormes qui accablent les commis des banques d'escompte et de recouvrement à la fin des trimestres ou des semestres.
Pour les ayants comptes du dehors, qui sont généralement ou des banquiers ou des négociants éclairés, la correspondance remplace le livret; et tout le détail des bordereaux se trouve non-seulement à la main courante, mais encore au livre de décalque de la correspondance.
D'autres maisons ont d'autres usages et d'autres convenances dans l'examen desquelles il serait inutile d'entrer, ainsi que dans le détail des conditions très-variées de l'établissement des divers comptes courants. On convient, par exemple, que les effets inférieurs à un chiffre donné seront passibles des mêmes escomptes, changes et commissions que s'ils s'élevaient à ce chiffre; que les effets ayant plus d'un certain nombre de jours à courir seront passibles d'une commission extraordinaire, etc.; que le solde débiteur du compte sera passible de tel intérêt jusqu'à tel chiffre et d'un intérêt supérieur, s'il s'élève plus haut. Ici il suffit de constater les méthodes généraleijaent employées et les usages les plus communs.
On comprend quelquefois dans les comptes courants les
effets tirés ou endossés valeur en recouvi^ement^ dont la propriété n'est pas acquise au banquier, et dont la remise ne constitue, au profit du cédant, aucun droit de disposer du montant de ces effets. Il y a dans dette manière de tenir les écritures une confusion de droit et de fait qui peut donner lieu à des difficultés regrettables. On évite sans peine cette confusion, en même temps qu'on établit une comptabilité plus correcte en ouvrant au cédant de valeurs en recouvrement deux comptes distincts, Tun intitulé : « X. Son compte de recouvrement, » crédité des effets remis et débité des sommes encaissées, lorsque ces effets sont payés; l'autre intitulé : <c X. Son compte d'espèces, » ou simplement « X., » crédité des sommes entrées, soit par suite de recouvrement d'effets, soit à tout autre titre. C'est là le compte courant proprement dit, et c'est le seul, puisque le compte de reconvrement ne peut jamais donner lieu à la perception d'auéun intérêt, soit pour, soit contre l'ayant compte.
On peut appliquer avec avantage le même système d'écritures aux comptes courants i;n peu indéterminés de quelques maisons de province qui reçoivent en compte les effets remis sans les escompter formellement. Tous les effets seraient, à leur entrée, passés à un compte de recouvrement du cédant, puis, à mesure que le cédant prendrait des fonds, les effets seraient escomptés et leur produit passé au débit du compte de recouvrement et au crédit du compte couraiit, de façon à maintenir ce dernier créditeur. Mais il est évident que ces comptes à conditions indéterminées ou mal déterminées sont une cause constante de difficultés et de danger : il convient de les éviter le plus possible, de manière qne tout effet soit, le jour même de sa remise, escompté ou înis en recouvrement, c'est-à-dire acquis au banquier ou placé en dépôt entre Qes mains.
§ 5. — Comptes en commission et en participation.
Entre les comptes courants, ceux à la commission et en participation méritent une mention toute particulière, patte qu'ils contiennent, outre les éléments communs à totis les