‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 40 sur 343 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

la monnaie dans les deux emplois que nous avons indiqués : les effets à vue la remplacent dans les échanges ; les titres à terme la remplacent comme instrument d'accumulation.

Lorsque le crédit se contracte, c'est-à-dire, lorsqu'il y a plus de renciboursements demandés que de prêts effectués, il faut des espèces réelles pour couvrir la différence qui existe entre Tune et l'autre somme, de telle sorte qu'on peut bien dire à juste titre en ce cas : « L'argent est rare et cher. » On a évalué à trois milliards la somme des billets et lettres de change en circulation habituelle dans la Grande-Bretagne *. En supposant qu'un milliard soit créé par des gens qui sont à la fois créanciers et débiteurs pour cette somme, une crise qui ferait liquider 1,500 millions de titres appellerait temporairement, si les affaires n'étaient pas réduites, l'emploi de 500 millions en monnaie, en outre des besoins courants. L'intérêt de cette somme, pendant quelques jours ou quelques mois, constituerait pour la communauté une perte qui viendrait s'ajouter à celles qui résultent toujours d'un déplaœraent violent de capitaux.

Les titres fiduciaires qui représentent de la monnaie répandue dans le temps et dans l'espace forment, avec le commerce des monnaies, la matière la plus ordinaire des opérations de banque.

Ces titres ne constituent point, comme on l'a dit quelquefois, des valeurs nouvelles; ils représentent seulement le droit de propriété établi sur des valeurs existantes. Quelques combinaisons que l'on imagine, l'homme qui donne une promesse en échange d'un capital emprunte et ne crée aucune valeur. Toutes les négociations auxquelles sa promesse peut donner lieu ne sont que des substitutions successives d'un prêteur à un autre. Il est très-vrai, comme l'a dit Franklin, que « le crédit est de l'argent, » en ce sens, que « le bon payeur est maître de la bourse d'autrui, » ce qui lui donne un grand avantage dans ses entreprises ; mais quant à la société en général, le crédit ne crée rien, et la multiplicité des titres fiduciaires n'est point une cause de progrès économique. Le

'Ëvalnation de M. Kewmarch.

70 TRAITl^. DES OPÉRATIONS DE BANQUE.

crédit est utile ou nuisible, suivant l'usage auquel sont employés les capitaux prêtés. Toutefois, lorsqu'il s'étend dans un pays et passe dans les habitudes, on doit présumer que les contrats y sont régulièrement exécutés, que les capitaux empruntés y reçoivent un emploi productif, ce qui prouve à la fois l'intelligence et la probité des entrepreneurs, c'est-àdire l'existence de deux causes actives de prospérité.

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