‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 53 sur 343 · LIVRE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VI

et ces termes forment un contrat entre lui et son cédant.

Nous avons supposé que la lettre de change envoyée à Jacques, à Bordeaux, avait été directement recouvrée par lui; mais il aurait pu la remettre en payement à un tiers, par un endossement, et celui-ci aurait pu s'en servir de la même manière, comme nous l'avons déjà expliqué au sujet du billet à ordre. Les droits et les obligations qui résultent de l'endossement sont les mêmes dans un cas que dans l'autre ; aussi • n'avons-nous pas à y revenir.

La lettre de change à terme porte engagement à la fois sur le temps et sur l'espace. Lorsqu'on la négocie, on tient donc compte à la fois de l'intérêt pour le temps qu'elle reste à courir et du change de place ou différence du prix des monnaies ou capitaux monnayés dans la place où elle est négociée et dans celle où elle est payable. Si elle n'est pas acquittée à Téchéance, le porteur a droit, non-seulement au remboursement du capital, mais aussi au remboursement de l'intérêt à dater du protêt, et des frais de change et autres énumérés sur un bordereau que Ton nomme compte de retour : sa demande de remboursement, lorsqu'elle est formulée par une lettre de change en sens inverse de la première, s'appelle retraite.

Nous aurons à parler plus tard des principales difficultés pratiques auxquelles donne lieu le non-payement de la lettre de change. Ici, et pour l'explication des diverses opérations de banque, nous supposerons que les billets, mandats et lettres de change sont toujours réguliers en la forme et exactement payés à l'échéance, parce que le crédit commercial est tout entier établi sur cette supposition.

Page 1