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LIVRE II, CHAPITRE II

Les dépots constituent Tensemble des engagements du banqiiier envers les tiers ; les placements constituent l'ensemble des obligations des tiers envers lui : si Faccomplissement de celles-ci est toujours plus ou moins incertain, il est bien certain, au contraire, qu un jour ou l'autre Texécution des engafrements pris par le banquier sera réclamée. Dans la constitution d'une banque, la nature et la condition des dépots est jl.»nc le premier et le plus important sujet d'étude, car les délits sont le point de départ et, si Ton peut s exprimer ainsi, le pivot sur lequel repose rensemble des opérations : les placements ne sont qu'une conséquence, une dépendance. Le banquier doit pourvoir d'abord, et avant tout, à l'exécution régulière de ses engagements : c'est la condition même de wn existence ; le soin de réaliser des bénéfices ne vient qu'en seconde ligne.

11 faut que les placements se règlent sur les dépôts, de manière à fournir en tout temps les moyens de faire face aux besoins. Si donc les dépôts sont consentis pour peu de temps ou même exigibles sur demande, les placements doivent être faits à des termes très-courts : lorsque la somme des dépôts e,^t mobile et sujette à des variations, les placements doivent i îre faciles à réaliser et à réduire, car, s'ils n'avaient pas ce double caractère, le banquier serait exposé h manquer à ses engagements. Les dépôts à long terme et remboursables à une époque fixe permettent des placements plus longs.

En tout cas, et en règle générale, la nature et la condition fe placements doivent dépendre de la nature et des conditions auxquelles les dépôts sont faits. Ce rapport néces- Niire entre les deux sortes d'opérations peut, à juste titre, *tre considéré comme le principe fondamental de l'art du banquier.

Tout le commerce de la banque est fondé sur l'exécution fxacte et précise des engagements pris. Il ne suffit pas que iliaque somme empruntée ou prêtée soit payée ou reçue, il tant encore que le payement ait lieu à jour fixe. Lorsqu'il lait un placement, le banquier doit donc veiller à ce que ce placement soit sûr et réalisable à une époque déterminée : il doit tenir compte des chances de remboursement exact avec

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autant de soin que de la sûreté même des fonds prêtés ; car il peut être ruiné par une restitution tardive aussi bien que par le défaut de restitution. La nécessité de proportionner jour par jour les ressources aux besoins domine tout le commerce; mais elle est plus sensible et plus impérieuse dans celui du crédit que dans tout autre.

§ 3. — Classification des banques de commerce.

D'après ce principe invariable du rapport de dépendance qui doit exister entre les dépôts et les placements, on peut diviser théoriquement les banques de commerce en trois classes distinctes :

!• Maisons qui opèrent sur les fonds de caisse déposés par le commerce.

Ces maisons, comme toutes les autres, conduisent leurs opérations sous la forme des comptes courants. Elles reçoivent en dépôt soit des versements d'espèces, remboursables à vue ou à courts jours, soit des remises de valeurs en recouvrement : elles placent, tantôt par l'escompte de valeurs à courte échéance, tantôt par remise en recouvrement à des banquiers correspondants.

On comprend tout d'abord que les maisons ainsi constituées opèrent sur le papier des négociants riches ou peu engagés, dont le compte courant mobile est presque toujours créditeur, non-seulement en comptabilité et dans la forme, mais en réalité. Ces négociants ne présentant à l'escompte ou en recouvrement que du papier à courte échéance, donnent ordinairement autant de crédit qu'ils en reçoivent, et si, par exception, ils réclament une avance, c'est pour peu de temps.

Le bénéfice du banquier, dans les opérations de ce genre, résulte plutôt des commissions multipliées et du chiflEre élevé des sommes encaissées et remises que de la dififérence des intérêts. A Paris et dans les grandes villes, les comptes courants du commerce de gros et du commerce de spéculation et les arbitrages peuvent alimenter des maisons de ce genre. Dans

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