‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 22 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

Quaestore (1) et MAGNw5. PROCOnSul — VARROPRO Quaestore (2) .

Tandis que les triumvirs monétaires, émigrés avec Pompée, transportent dans les provinces le monnayage urbain, César, devenu maître de Bome, installe dans cette TiDe la fabrication de sa monnaie ôUmperatoTj la seule qu'A puisse faire frapper; rechange du siège de l'émission des deux espèces«de monnaies est absolu ; chacune se fiappe précisément là où la loi l'interdisait. À peine en possessioD de la cité-reine, César force les portes de rœrarium poury trouver les ressources métalliques nécessaires aux dépenses de la guerre civile. Avec les lingots qu'il en retire, ilfiût frapper les deniers à la tête de Vénus et au revers d'Én^ portant Anchise, avec la légende CAESAR (3), Taurensdu poids exceptionnel de 37 à la livre (4), les deniers et les quinaires (5) qui ont aussi la tête de Vénus, avec au revers un trophée faisant allusion à la conquête des Gaules et la légende CAESAR ou CAESAR. IMPerator (6). Dans b

[\) Cohen, M C. pi. X, Calpumia, n« 25.

(2) Cohen, M C, pi. XXXIX, Terentia, n°6.

(3) Cohen, M C, pi. XX, Julia, n° 9 ; Mommsen, M R, t. Il, p. 53i

(4) Rev. mm. 4860, pi. XVI, n° 3 ; Cohen, M 1 1. I, p. 8, n- 11 ;MoauDson, M Rj pi. XXXI, n° 4. — Sur rauthenlicilé de cette pièce, cobtestée à tort, voy. la note de M. de Witte dans Mommsen, MR,^ ''* p. 541 .

(5) Cohen, M C, pî. XX, Julia, n- 13-16.

(6) La date de ces dernières pièces est déterminée d'une manière absolument précise par le chiffre 1 1 1 , qui se lit au droit d'une partie des ex^' plaires. Borghesi (Ow. num, déc. X, 7, Œuvres compUie$, t. I,p. ^ et le comte de Salis {Rev. archéol. nouv. sér. t. XIV, p. 17 et s.) ont, «" effet, montré que ce chiffre se rapporte à Tâge de César, qui venait d'tt' teindre 52 ans quand il entra à Rome.

nière moitié de 47, avant le retour de César d'Orient ome et sa seconde dictature, A. Allienus, alors en le comme proconsul (1)^ y émet les deniers h la double nde C. CAESAR. ItAPerator. COnSul. ITERwm — ILIENVS, PROCOnSti/ (2).

'est après le retour de César et avant son départ pour jerre d'Afrique, c'est-à-dire dans l'automne de 47 (3), 1 faut placer l'émission de l'aureus fort rare à la léle CAESAR. DlCTator — ITERwm (û). Il inaugure le ^me de la taille de 40 aurei à la livre, que César andonna plus désormais et qui se maintint jusqu'aux mes monétaires d'Auguste (livre VII, chap. m, . On ne saurait, du reste, en placer la fabrication plus , puisqu'à la fin de la même année ou au commencet de 46, avant la bataille de Thapsus, Q. Metellus io en copia la taille dans l'aureus qu'il émit en lue, avec son nom, Q. METEL/u5. PIVS. SCIPto. ratoTy et celui de P- CRASSVS. \y/Hianus. LEOatus. . PRaetore (5) ; cet aureus est, comme presque tou- I, accompagné d'un denier pareil, et il existe un î denier avec les deux mêmes noms ; c'est celui qui pour type d'une autre de ses faces la figure du Oenius %e kfricae (6). Le monnayage militaire de l'armée )éienne d'Afrique comprend encore le denier qui réu-

Bckhel, DiV, t. V, p. 134.

^hen, M C, pi. U, Alliena ; Mommsen, if R» t. H, p. 541.

Ilommsen, MR, t. U, p. 541.

Cohen, Jf C, pi. XX. Mia, no 18.

Cohen, if C, pi. VHI, Caecî/ta, n» 12.

Cohen, M C, pi. VIII, Caecilia, n» 13.

nitles noms Q- METELLu^. SCIPIO- mPerator — EPPIVS* LE&atus. Flandum. Curavit (1), avec un autre quiestsigoé seulement de Q. METEL/u«. PIVS. SCIPIO. IMPcrator (S). Enfin> dans Utique,où il s* était établi (5), Caton fabrique des monnaies d'argent, où il prend le titre de propréteor, dont légalement il n'aurait pu exercer l'autorité qtfeft Sicile, M. CATO. PRO. PRaetore (4), et où il renouvelle te types adoptés jadis par son père, quand il était triumvir monétaire (5) .

A Tan &6, avant le triomphe de César et sa trobième proclamation comme dictateur (6), appartiennent le denier à la légende COnSti/. TERTtwm. DICTa/or. ITERttm — AVGVR. POHTifeœ. MAXimus (7), et l'aureus frappé dans une province encore indéterminée, d'un travail eitraordinairement grossier dans une partie des exemplaires, qui associe les noms de C CAESAR. COnSul. TERItum — A. HIRTIVS. PRaetor, ou PRaefeclus (8). C'est également en /i6 qu'il faut placer la reprise du monnayage r^ulier

(1) Cohen, If C, pi. XVII, Eppia. — On peut lire aussi, à la fin de la légende, Feriundum Curavit ou Faciendum Curavit.

(2) Cohen, M C, pi. Vm, Caecilia, n» 9.

(3) Sur la véritable patrie de ces pièces, que M. Mommsen croyait d'abord frappées en Sicile, voy. la note du duc de Blacas dans MonuDsen, M R, t. II, p. 539.

(4) Cohen, pi. XXXV, Porcia, n«- 7 et 8.

(5) Cohen, pi. XXXV, Porcia, n« 5 el6; Mommsen, MB, t. II,p.396, n« 203.

(6) Eckhel, D iV, t. VI, p. 7.

(7) Cohen, pi. XX, /o/ta, n» 17; Mommsen, M R, t. Il, p. 542.

(8) Cohen, M C, pi. XIX, Hirtia; Saulcy, Système mon. de Ia ^' romaine à Vépoque de César, pi. Il, n- 6 et 7.

triumvirs monétaires à Eome, car nous avons cinq 18 de semblables magistrats, qui appartiennent sûreit à cette époque, L. Hostilius Sasema (1), LoUius Pa- Jius(2), L. Fapius Celsus (3), L. Flautius Plancus (4) é. Yalerius Acisculus (5), donnant presque au complet X collèges monétaires, qui paraissent ceux des années Bt 45, Mais le monnayage urbain légal, composé de Jers d'argent, ne supprime pas, en reparaissant, le mon- Bge impératorial extraordinaire^ même à Eome, où ar Ta implanté. À la fin de AG ou au commencement &5, le dictateur en confie le soin à Munatius Plancus^ rs préfet de Rome, lequel émet Taureus et le demieus aux inscriptions C CAESar. DIC/ator. TERrttim L. PLANCVS. ?KkJE?ectus. VRBw (6).

.^endant ce temps, les fils de Pompée se rendent maîtres la plus grande partie de TEspagne et organisent l'armée ) César devra combattre à Munda, en &5. Ils y ont, eux si^ leur monnaie militaire, les deniers aux noms CN- GNVS. m?eraior{l)— M. POBLICIw. VE&atus. PROactore (8) et CN. MAGNVS* IMPerator. ?ilius (ou simplent CN. MAGNVS. IMP)— M. MINATm. SABINti^. PRo.

l) Ck)heii, pi. XIX, Hottilia, n~ 14.

8) Cohen, p. XXV, LoUia, ii« 1-3.

\) Cohen, pi. XXX, Papia, n- 2-5. '

\) Cohen, pi. XXXHI, Plautia, n« 7.

$) Cohen, pi. XL, Valtria, n« 6-i i.

^ Cohen, pi. XXVIII, Munaiia, no« 1-3; Mommsen. M R, t. U, 'M.

7) C'est toujours Cnsus Pompée le fils qui prend son prénom sur les nnaies, jamais le père (Mommsen, M R, t. II, p. S36).

8) Cohen, pi. XXXIII, Pohlicia, no 8.

Quaestore (1 ) , ainsi que l'as de poids oncial qui a la seule légende CN. MA&nus. IMPerator (2). On sait que quelques mois après la défaite de jVIunda, où avait péri son frère Cnœus, Sextus Pompée renouvela la guerre en Espagne et s'y maintint jusqu'après la mort du dictateur, jusqu'au moment où il fut appelé en Italie, à la fin de kh* ^I. Mommsen (3) a démontré que c'est pendant ce temps qu'il fit fabriquer en Espagne les deniers avec l'image de la Piété, PIETAS, et la légende SEX. MAGntx^. PIVS- IMPera/^ou SEX. MAOnus. \tAPerator. SALutatus (/i), les as h l'inscription MAGNVS. PIVS. mPerator (5) et ceux où on lit MAGNiw. PIVS. mPerator. Ft/tW— EPPIVS. LEGa/M*(6), ou seulement le nom du légat (7) . A ce moment de Thistoire romaine, on ne frappait de monnaie de cuivre qu'en Espagne, où les habitudes particulières du pays en réclamaient impérieusement. C'est, en effet, encore à l'Espagne que reportent les types, si caractérisés à ce point de vue (8), des as portant la double légende CAESAR. DlCtalor. TERtium—O CLOy \us. PRAEFec^ii5(9). C. Clovius était sûrement un des préfets de César dans la guerre de Munda,

(1) Cohen, pi. XXVIII, Minatia, nos 1.4.

(2) Cohen, pi. LXUI, Pompeia, n"* 6; Mommsen, M R, t. II, p- ^* et 537.

(3) Ann. deVlns. areh. 1863, p. 73 et s.; M R, t. II, p. S38 et s.

(4) Cohen, M C, pi. XXXIU, Pompeia, not 3 et 4.

(5) Cohen, pi. LXIU, Pompeia, n"* 8.

(6) Cohen, pi. LXUI, Pompeia, n« 7.

(7) Cohen, pi. LIV, Eppia.

(8) Eckhel, D N, t. V. p. 169; t. VI, p. 7 ; Mommsen, Ann. de TW. arch. 1863, p. 75; If /{, t. U, p. 532.

(9) Cohen, pi. UU, Clovia, no 6.

BUt^tre un des préfets de sa flotte, et il est probable qu'il lUt porter le mêmejugementsur Q-OPPIVS- PRae/ec/M5(l), ien que ses monnaies de cuivre ne portent pas le nom du Lctateur, car elles ont une étroite analogie de types, de .brique et de taille monétaire avec celles de Clovius.

A la fin de 45, César, augmentant le nombre des minores agislratus^ transforme les triumvirs monétaires en qualorvirs (voy. plus loin, dans ce livre, chap. m, g 2), dont s premiers entrèrent en fonctions au commencement de innée i/i. Au début de la même année fut rendu le natus-consulte qui ordonnait de mettre Tefifigie de César ir les monnaies (2). Les nouveaux quatuorvirs, L. Flami- [us Chilo^ L. jEmilius Buca, M. Mettius et L. SepuUius 'acer, avaient déjà commencé à monnayer des deniers sans itte eflSgie (3) ; dans le peu de jours qui séparèrent la i nouvelle de la proclamation de César comme dictateur îrpétuel et père de la patrie, M. Mettius, L. iEmilius uca et P. SepuUius Placer firent frapper les pièces où )n voit déjà le portrait du maître, mais avec les seuls très de DlCTator. QVARTwm (4) ou dIMPERa/or (5) ; ifin, vers le courant du mois de février, Tinstitution de

dictature perpétuelle fut saluée par rémission extraorinairement abondante des monnaies d'argent à la tête de

(1) Cohen, pi. LXI, Oppia, nos 2 et 3.

(2) Dio Cass. XLIV, 4 ; Zonar. X, 12. — Uhisloiredes portraits numisitiques de César a été traitée de main de maître par M. von Sallet, U$ehr. f. Num. t. IV, p. 125-141.

(3) Cohen, pi. XVUî, Flaminia, n» 2 ; pi. U, iiEmt/ta, nos 12 et 13 ; . XXVIII, Meltia, nos 1 et 2 ; p|. XXXVU, SepulHa, nos 1-3.

(4) Cohen, pi. XXVUI, Mettia, n» 5.

(5) Coheo, pi. n, jErnilia, n*» 14; pi. XXVIU, Mettia, n- 3 et 4; XXXVU, SepuUia, n« 5.

César DlCTalor. PERPETVO (1), signés de L. Flaminius Chilo (2), L. -âîmilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossu tius Maridianus, substitué à M. I^Iettius (â). Toutes oes pièces sont d'argent ; il n'existe pas de monnaies d'or authentiques avec le portrait de César et un nom de triumvir monétaire (4), et nous verrons même un peu plus loin que légalement il ne peut pas en avoir existé. L'aureus du commencement de 44 est encore tout imperatorial, sans mention de monétaire urbain, et il n'a pas Tefifigie du dictateur ; c'est celui où on lit CAESar. DICtotor. QVAWum — COnSul. QVINQuze* (5) ; il a été frappé à rinauguration du cinquième consulat de César, avant rinauguration de la dictature perpétuelle.

A. Hirtius avait été nommé par César propréteur de la Gaule Belgique pour cette même année 44 , mais il étaût resté à Rome et faisait gouverner sa province par un délégué (6). Aussi est-ce en son nom, A. HIRTIVS, que fut

(4) Cohen, pi. n,i£fîn7ia,n- 15-17; pi. XXX VU, SepuUky n" 6-8; pi. XVI, Cossutia, n«* 3 et 4.

Les deniers, signés de Sepullius Macer et de Cossutius fifaridianus, qui donnent à César le titre de PARENS- PATRIAE (Cohen, pi. XXXVD. Sepullia, n« 9; pi. XVI, Cossutia, n9 2), ont été frappés dans les mois postérieurs à sa mort, sous Tinfluence de Marc-Antoine.

(2) Cohen, pi. XVIU, Flaminia, n» 3. — La tête de César n'y est accompagnée d*aucun titre, mais ce denier se groupe' évidemment avec ceux des autres monétaires.

(3) Mommsen, M R, t. U, p. S46; Von Sallet, Zeitschr. f. Num. t. ïV, p. 431.

U) Cohen, M C, p. xx et s.; M /, t. Vil, p. 2; Mommsen, if fl, l- ^ p. 541; t. m, p. 2; Von Sallet, ZeiUehr. f. Num. t. IV, p. 132.

(5) Cohen, M C, pi. XX, Julia, n*» 19; voy. Cavedoni, Nuoffiit^^ p. 14.

l6) Cic. Ep. ad AUic. XIV, 9.

alors frappée une petite monnaie de bronze qui se trouve très-habituellement dans les environs de Trêves (1). Les types en reproduisent servilement ceux du denier de César au type de l'éléphant et des insignes du pontificat, monnaie qui avait été particulièrement répandue dans les Gaules pendant la guerre, puisqu'elle était, comme nous l'avons déjà dit, celle que le général faisait frapper pour les besoins de ses troupes. Il en avait même déjà été frappé une copie de bronze au nom de CAESAR, que Ton rencontre également dans le pays de Trêves (2) et qui peut avoir été émise par César lui-même dans le cours de ses campagnes en Belgique. Le délégué d'Hirtius imposa ainsi à plusieurs des chefs gaulois qui monnayaient dans la province, entre autres à un chef des Bèmes, Athedias (3), de placer sur leurs espèces de cuivre le nom du gouverneur, sous la forme A. HlRlius. IfAPerator^ en même temps que le leur propre (4).

(i) A. Senckler, Miinien der allen Triererer, «ians le t. XI des Jahrh. rfe* Vereins der Freunde des Allerlh. ftir die Rheinîande (1847); La Sausiaye, Rev. num, 1848, p. 236 et s.; Saulcy, Rev, num, 1858, p. 445.

(2) A. Senckler, mém. cil.; La Saussaye, /. c.

(3) n y est écrit, en lettres môlées de grecques et de latines, AGI I- 3IAC, et paratt le môme que d'autres pièces nous offrent sous la forme mrement latine ATI SI OS*

(4) Saulcy, Rev. num. 1858, p. 440-445; 1868. p. 409.

Nous verrons de même, un peu plus loin, le nom de Munatius Plancus 'Crit d'un côté d'une pièce gauloise, qui porte de l'autre le nom du chef /LATTV. Ceci pourrait donner lieu de conjecturer, avec M. de Saulcy Syst, monU, de la Républ, rom, à V époque de Céêar, p. 22), que sur les [ninaires des Pictons aux légendes OVRATiV» — IVLIOS (Duchalais, )iéd. gauloises de la Biblioth, royale^ p. 14, n<* 26; Saulcy, mém. cit. A. VI, n» 8) et des Séquanes aux légendes IVLIVS — TOGIRIX Saulcy, mém. cit. pi. VI, n® 9), Julius n'est peut-être pas un gentilitium

6. Notre étude sur les monnaies militaires sous la République romaine nous a conduit à passer en revue tonte la numismatique de César, pour en classer les monuments à leurs dates précises. Deux innovations des plus conâdérables marquent cette numismatique et sont de natnre à justifier ceux qui veulent faire partir de Césîir la snite monétaire des empereurs : c'est Tinauguration d'une fabrication désormais continue de monnaies d'or frappées i Rome même, puis Tintroduction sur les espèces monnayées de l'effigie de Thomme vivant investi du pouvoir suprême. L'une et l'autre ont été empruntées aux latitudes que h législation républicaine laissait au droit de monnayage exercé par suite de Yimperium militaire.

Pour la fabrication d'une monnaie d'or, la question n'est pas douteuse. Comme Ta établi d'une manière décisiye M. Mommsen (1), il n'existe de monnaies d'or del'époqne républicaine que celles frappées par les généraux hors de Rome ; ou du moins la seule qui ait été frappée dans la cité-reine avant César, par un magistrat civil, l'aureus de Cn. Lentulus, ne l'a pas été par un simple triumvir monétaire dans l'exercice de son pouvoir ordinaire, mais par le questeur urbain, revêtu d'une commission extraordinaire, et cela pour les frais d'armements militaires.

Qu'une semblable manière d'agir ait été, comme le vent le savant prussien (2), le résultat d'un profond et sage

romain adopté par les Gaulois Duratius et Togirix en Thonnear dn oodquérant, mais le nom de César, lui-môme, inscrit en verta de son tnipfrium sur le monnayage de ses clients, comme marque de soumission de ceux-ci à l'autorité romaine.

(1) Jf «, t. U, p. il7.

calcul de politique économique, afin de laisser le grand commerce administrer librement, et sans intervention de r£tat, ses ressources métalliques, laissées sous la forme de lingots, ou bien qu'elle ait tenu seulement à un principe somptuaire, analogue à celui qui fit que le Sénat se refusa si longtemps à créer une monnaie d'argent à Rome même ; dans tous les cas, il est certain que jusqu'à César on ne fabriqua pas d'espèces d'or à Kome, que ce métal fut exclu de l'échelle normale des monnaies urbaines. L'or était pourtant abondant depuis bien longtemps dans la Ville étemelle ; toutes les grandes affaires de négoce se réglaient en or; mais c'est sous forme de lingots ou de monnaies étrangères traitées comme marchandises (les philippes ou statères grecs du poids établi par Philippe de Macédoine) , que ce métal était employé dans les échanges (voy. plus haut, livre II, chap. i, § 2, 3).

Dès 357 avant J.-C, on frappa sur les afiranchissenents d'esclaves un impôt de 5 0/0, qui se payait en or it, à cause de cela, s'appelait aurum vicesi^naiHum (1 ) . Le >roduit de cet impôt fut déposé dans les caisses de l'Etat ît s'accumula au point que, lorsqu'en 209 avant J.-C. on îut recours à cette dernière ressource pour faire face aux besoins pressants de la Képublique, il s'en trouva quatre nille livres pesant. Ce n'était pas là, d'ailleurs, la seule source qui fît amener de l'or dans le Trésor public. Sans ioute le gouvernement républicain avait l'habitude d'exiger des vaincus le payement des contributions en argent (2), c'est-à-dire dans le métal dont il formait sa propre monnaie, et ce n'est qu'exceptionnellement qu'il leur accordait

(1) T. Liv. XXVU, 10; cf. VU, 16.

(2)Plin. FiV, XXXm, 3, 51.

la faculté de payer en or d'après un certain tarif, comme nous avons vu plus haut (livre 11, chap. i, g 1^ 2 et 4] qu'on l'avait permis aux Étoliens (1 ) ; mais des masses d'or énormes étaient rapportées comme butin après chaque guerre heureuse. L'or en vint donc à former la principale portion de la réserve que l'on conservait dans rœrarium. Suivant Pline (2), en 157 avant J.-C, c'était pour les 4/5 que l'or entrait dans cette réserve, et quand César, en 49, mit la main sur l'aerarium, plus de la moitié de la valeur en caisse était constituée par des lingots de ce métal (S). C'était, en effet, en lingots que l'or se conservait dans le Trésor depuis une époque déjà très- ancienne (4). Ces lingots étaient coulés d'an poids exact sous la surveillance des triumvirs monétaires (5) , et une loi de Sylla défeudfdt d'y introduire aucun alliage (6). Quand on parle, à une époque élevée, de payements en or faits par le Trésor (7), c'est en lingots de ce genre qu'ils avaient été faits. Cert également sous cette forme que les particuliers possédaient des sommes du même métal. A la suite d'un vol commis àLarinum en 69 avant J.-C, on constata la disparition d'une forte somme d'argent monnayé et de cinq livres d'or

(i) Polyb. XXII, 15, 8; T. Liv. XXXVUI, il.

(2) H N, XXXIII, 3, 53; voy. Mommsen, M iî. t. H, p. 109.

(3) Plin. H N, XXXm, 3, 56.

(4) Varr. ap. Non. Marcell. p. 520.

(5) Mommsen, M R, t. H, p. 46. — Cest pour cela que l'or est compt* dans les attributions des triumvirs à une époque où ils ne frappaient p>^ encore de monnaies de ce métal (entre autres, Cic. De leg, Ul, 3, fi).

(6) Digest, XLVUI, 10, 9.

(7) Lucil. ap. Non. Marcell. v. Puhlicitiu, p. 513; cf. v. Bogm^ p. 382.

a lingots (1). Dans le célèbre dépôt de Cadrîano, enfoui 1 moment où éclatait la guerre civile entre César et ompée. Ton a trouvé plusieurs milliers de deniers d'argent t un certain nombre de lingots d'or (2) . Naturellement, les généraux, quand ils adressaient de iur armée des appels de fonds au Sénat pour subvenir !ix frais de leurs campagnes, demandaient qu'on leur ivoyât de Tor plutôt que de Targent; ils pouvaient iMi recevoir de plus grandes valeurs sous une forme loins encombrante et plus facilement transportable. On lur envoyait en lingots pesés à la livre, mais dont d tenait compte sur les registres publics en sesterces 'argent, d'après un certain tarif de proportion entre ts deux métaux (3). C'est ainsi que L. Scipion, ayant îçu 6,000 livres d'argent et 480 livres d'or, on accusa de ne pouvoir rendre compte que de 2 milons de sesterces de dépenses, tandis qu'on lui en avait Qvoyé A millions (4). Dans un autre passage de Titelive (5), on voit un général qui avait demandé 100 livres 'or n'obtenir que 80,000 sesterces, c'est-à-dire 20 livres lu précieux métal (6). Dans les préparatifs de la prelière guerre contre Mithridate, on vendit des terres

(1) Gc. Pro Chent. 64, 179.

(â) Schiassi, Ritrovamento di medaglieeonsolari fatto a CadrianOy p. 24.

(3) Mommsen, M R, t. H, p. ili.

(4) T. y V. xxxvm, 55.

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