‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 21 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

raux revêtus de Yimperiumj avec ou sans la légende de ritalle. C'est ainsi que nous 7 lisons les noms des deux consuls nommés à Corfinium en 90, le Marse Q. Pompsdius Silo et le Samnite C. Papius Mutilus, qui les o&t émises dans cette année même, en tant que consuls commandant les armées, ou plutôt la suivante, comme rev&tiu des pouvoirs de proconsul. Le premier est écrit en latin, Q. SILO (1), le second toujours en osque (2), et la forme la plus complète en est ^IhTVFH . > . ITTNNTT . > G. Poofi- G. JUulil; il commence par mettre son nom seul, sans titre (3), puis il 7 ajoute la qualification de QVTNQfltfQ embralur (4), correspondant au latin imperalor^ dont il avait été salué par ses soldats. On ignore si le Namerins Luculeius ou Lucilius, fils de Mârcus, inconnu à Thistoire, dont quelques deniers offrent le nom sous la forme osqoe am . U2SH . m Ni. Luvkl. Mr (5), était un général on un questeur militaire. Les historiens sont aussi muets snr le compte du Miniusleius fils de Minius, IHH • ^lh3l*IH< Mi. leiis. Mi.^ dont le nom se lit sur la pièce d'or (6) qne Mithridate fit fabriquer à Amisos pour les Italiotes (toj* plus hauty dans ce chapitre, § 3, â); mais il avait évidem-

(1) Friediœnder, pi. X, n» 19.

(2) Môme sur une pièce bilingue, où l'on voit au droit la légeo^ latine ITALIA : Friedlaender, pi. X, n<* 21.

(3) Friedlaender, pi. IX, n" i, 8 et 10. — Sur un denier, on lit w droit le nom du général, Mutily et au revers celui des Samnites, Safifi^ • Friedlaender, pi. IX, n® 3.

(4) Fridlaender, pi. IX, n«» 6 et 9.

(5) Friedlaender, p. 77, pi. IX. n«« 2 et 3.

(6) Friedlaender, p. 73; Pinder et Friedlaender, Beitrmge, I, p. 176; Mommsen, MR, t. II, p. 426, n"" 225.

snt un commandement militaire important et était le ineipal personnage de Tambassade envoyée au roi de mt.

Dans les années qui précédèrent la Guerre Sociale, la ite romaine ne nous offre que trois groupes de pièces qui issent être attribués avec chance sérieuse de certitude des questeurs d'armée. L'un comprend le denier qui rte le nom de C FVNDANItiJ. Quaestor (1) avec un type atif au triomphe de Marins sur les Cimbres et les Teu* 18, en 101 (2), et sur le quinaire correspondant une Jtoire couronnant un trophée, avec auprès d'elle le Tiix ou trompette gauloise (S). D'antres exemples, que is allons rencontrer chemin faisant, sont de nature à re admettre que les pouvoirs monétaires, délégués par ;énéral à son questeur, se continuaient jusqu'à la veille triomphe, et que c'est encore le questeur militaire qui ppait les monnaies destinées & être distribuées en larses aux soldats dans cette occasion. Ce monnayage »mphal était légalement extra-urbain; mais, dans la prale, on devait souvent mettre à la disposition du quesr l'outillage de l'hôtel des monnaies de Rome. jBk Victoire écrivant sur le bouclier d'un trophée rmes gauloises ou germaniques, auprès duquel est le nicDj tel est encore le type du quinaire signé par EGNATVLEIii^. Quaestor (4). Cette pièce appartient

)CoheD,if C, pi. XVIII, Fundania, n« 1 ; Mommsen, M R, t. H, K), n» 196.

) Borghesi, Oss. num. déc. XVII, i, Œuvres complètes, t. II, p. 307 ; Cavedoni, Ann, de Vlnst. arck, t. XI, p. 312.

) Cohen, M C, pi. XIX, Fundania, n» 2.

) Cohen, M C, pi. XVH, Egnatuleia; Mommrien, M R^ t. II, p. 376, Si.

certainement aux environs de Tan 104. Il me paraît donc évident qu'il faut voir encore dans C. Egnatuleius un des questeurs de Marins, et que sa monnaie a dû être frappée pour le service de l'armée en 102, entre la défaite des Teutons et celles des Cimbres.

Le troisième groupe dont nous voulons parler est signé du questeur Q. Lutatius Cerco ; il comprend denier, qnadrans et once (1). Ce personnage est très-probablement on questeur militaire, mais Thistoire ne le connaît pas. Il a dû monnayer un peu avant 104 (650 de Rome). C'est là tout ce qu'on en peut dire, et on ne saurait rattacher ses espèces à un événement déterminé.

Les guerres de Sylla, depuis son départ pour l'Orient contre Mithridate jusqu*à sa dictature, vont nous offrir pour la première fois une série nombi'euse de monnaies militaires certaines. Cette série est d'autant plus importante qu'elle est illustrée par un témoignage littéraire. Après avoir parlé de l'amitié qui unissait Lucullus à Sylla et raconté comment ce dernier Temmena dans sa gaerre contre Mithridate à titre de questeur, Plutarque ajoute (% > a C'est par ses soins que fut frappée dans le Péloponnèse (( la plus grande partie de la monnaie émise pendant la a guerre de Mithridate, d'où vint le nom de lucullienne à ce cette monnaie qui resta longtemps en circulation, ayant a eu l'occasion de se répandre et de s'échanger rapidement « en soldant les dépenses nécessitées par les besoins de la a guerre, > Jamais, en eflfet, général ne s'était trouvé, autant que Sylla le fut alors, impérieusement obligé par

(1) Coheo, if C, pi. XXV, Lutatia, n« 2; Mommsen, M «, t. Il, p.353i n« 162.

(2) LucuU. 2.

circonstances de créer une monnaie nouvelle pour les joins de son armée avec les ressources métalliques qu'il ût pu se procurer d'une manière quelconque dans les fs où il allait opérer, « Autrefois, a très-bien dit Mommsen (1), le général de Rome débarquait avec sa sse pleine : il tirait de Rome et par mer tous les approionnements lui faisant besoin. Sylla arrivait les mains [es; les sommes levées à grand'peine pour la campagne 88 ayant été dépensées en Italie, il lui fallait vivre de [uisitions. y> C'est ainsi que, dans le cours de sa prebre année de campagne en Grèce, il vida les trésors des aples d'Olympie, de Delphes et d'Epidaure, donnant c dieux^ pour les indemniser, la moitié du territoire de bbes confisqué, a Quand Mithridate, la paix faite, se fut •etîré dans le Pont, raconte encore Plutarque (2), Sylla mposa à la province d'Asie une contribution de guerre le 20,000 talents et chargea Lucullus de la percevoir en nétal, puis de la convertir en monnaie qu'il fit fabriquer. »

jes monnaies lucuUiennes^ frappées en Grèce et en Asie l'ordre de Sylla commandant son armée, sont parve- )3 jusqu'à nous, et La Nauze les a déjà reconnues dans dècle dernier. L'inscription du nom de Sylla avec le e à'imperaior et la fabrique étrangère à Rome, toute cque, mais en même temps, surtout pour l'argent, tant les marques de la hâte, les déterminent en effet ne manière certaine. Ce sont des pièces d'or du poids 1/30 de la livre romaine et des deniers d'argent, ayant x^tement les mêmes types dans les deux métaux, au

) Hist romaine, t. V. p. 288, ) Lucuîl. 4.

droit la tête de Vénus diadémée et devant elle Cupîi^^ tenant une palme, au revers un prœfericulum et un Httf^ entre deux trophées, faisant allusion aux deux salutati^^ à^imperalor reçues par Sylla, la première antérieurem^^ en Italie, lors de la Guerre Sociale, la seconde en Gr^*^ après les succès qui ouvrirent la campagne ; le tout ^^ accompagné de la légende L. SVLLA- WlPerator. ITERVI répartie entre les deux faces (1). La taille de Taureus 80 à la livre est une innovation qui apparaît alors pour première fois dans Téchelle des monnaies romaine (livre VII, chap. m, § 5); nous allons la voir se continn< dans toutes les émissions militaires de Sylla.

En effet, celles-ci ne s'arrêtent pas en Orient, mais continuent pendant toute la guerre civile qui l'amène en«^ suite à la possession du pouvoir suprême. Le débarque-^ ment du vainqueur de Mithridate à Brundisium, au commencement de 83, est marqué par le denier à la légende L. SVLA. IMPerator (2) et au type retraçant cet événe-^ ment (3), copié de celui que les débris des révoltés italiotes^ avaient adopté six ans auparavant, pour célébrer le dé —

(1) Cohen, M C, pi. XV, Comelia, n« 17 ; Mommsen, M R, t. II, p.4»0, n»232c.

(2) c II ne faudrait pas regarder, dit M. Mommsen (M A, t. II, p. 440), les monnaies de Sylla sur lesquelles on lit IMP comme plus ancieiuMS que celles sur lesquelles on trouve IMP- ITERVM ; car nous sa?oii8t par les inscriptions, que Tusage d'ajouter iterum commença seulement k s introduire vers cette époque, et qu*il n*était pas encore devena nue règle fixe ou exactement suivie. >

(3) Morell, Thes.i. II, Cornelia, pi. V;Borghesi,0««. num. décad.YUI. 1, et XVI, 9; Cavedoni, Bullet. de Vlntt. arch. 1844. p. 24. — Bien que cette pièce n*ait pas été revue en original depuis Murell, il n'y a pat de raison déci&ive de douter de son authenticité plus que n'ont fait Borgliesi et Cuvedoni.

irquement de Marius revenant d'Afrique (1), lorsque le irti démocratique de Rome avait joint sa cause à la leur, lacampagne de 83, où Sylla avait sa base d'opérations IDS ritalie méridionale, correspond rémission des as du "pe ordinaire, à la légende L. SVLA. IMPErator (2), qui 5 se trouvent que dans les provinces napolitaines (3) et ont sûrement été frappées, ainsi que des pièces d'or du ids de 1/30 et de i /36 de la livre (4) et des deniers d'arnt, qui ont d'un côté la tête de Vénus, comme les monies luculliennes d'Orient, et de l'autre une double corne ibondance avec la seule initiale Quaestar (5). Que ces miëres pièces appartiennent à la série des monnaies de Ua, comme Cavedoni Ta montré le premier (6), il n'y a 5 moyen d'en douter, d'après leur poids et leur type du >it ; celui du revers est celui des monnaies de Valentia os le Bruttium (7) , ce qui paraît déterminer le lieu où

1) Friediaender, 0»kische Miinzen, p. 83, pi. X, n» 13. — L*explica- I du type par le débarquement de Marius, proposée par Cavedoni lut. de Vlntt. arch. 1843, p. 144), s'accorde bien mieux avec les dé- B de la représentation que celle de M. Friediaender, qui y voit le déquement en Orient de l'ambassade envoyée par les Ualiotes à bridate.

2) Cohen, M C, pi. LUI, Comelia, n» 13; Mommsen, M R. t. U. 140, no 232 b.

3) Ricclo, CatalogOj p. 76.

4) Voy. Mommsen, M A, t. II, p. 117.

5) Cohen, M C, pi. XV, Comelia, n^" 18; Mommsen, M R, t. II. 457, n** 246; D'Ailly, Recherchée sur la monnaie ronMtne^ t. U. LXXVU, n- 5 et 6.

6) Ragguaglio itoricO'archeoloijico de precipui ripoitigli di medaglie coniri (Modène, 1854), p. 147.

7) Un quadrans s^smoncial, c*es^à•di^e de cette époque, à la simple l'Ode ROM A, porte la môme double corne d'abondance en symbole

Sylla, pendant cette période de la guerre civile, avait fixé l'atelier monétaire de son questeur (!}• Conformément à sa politique de se montrer alors uniquement comme l'agent du rétablissement de Tautorité du Sénat, le chef du parti aristocratique dissimule son nom sur Ter et sur l'argent qu'il fait frapper ; il ne Tinscrit que sur le métal le plus vil, sur le cuivre. Aussi, à ce groupe de pièces frappées pour les besoins militaires pendant la lutte, fait naturellement suite celui qu'il faut placer en 80, aussitôt après la reprise de Some. Dans ce nouveau groupe, le denier a presque exactement les mêmes types que dans le précédent, la tête de Venus et la corne d'abondance, simple cette fois (2) , avec une légende qui ne mentionne que le Sénat, sans nom de monétaire, EX Senattu Consulte (3). Sur l'as correspondant, avec la même légende, le symbole retracé au-dessus de la proue de navire est le légionnaire de l'armée victorieuse, appuyé sur sa lance (4) . Mais en

dans le champ (D'Ailly, t. U,pl. LXXVII, n« 7); on pourrait peul-éire le rattacher à ceite émission.

(1) Pendant ce iempa, à Rome, le Sénat, dominé par les partisans de Cinna, faisait, dans les premiers mois de 82, enlever tous les trésors métalliques des temples pour en battre monnaie, afin de payer les troupes opposées à Sylla (Val. Max. VU, 6, i). Ce fut le préteur urbain, Q. AnUh nius Balbus, qui fut chargé de cette émission (Cavedoni, Saggio di on»' vdifont, p. 32), et nous avons ses monnaies, avec la légende SeiM^ CoiuuUo — a ANTOn'W. BALBtff. PRaelor (Ck)hen, M C, pi. ^i AnUmia, n» 1; Mommsen, M R, t. II, p. 448, n« 236).

(%) Eckhel (D N, t. VI, p. 192) a conjecturé que la corne d'abondance pouvait être quelquefois un emblème du Sénat.

(3) Cohen. M C, pi. XX, Julia, n« 8; Mommsen, M A, t. 0, p. ^' n« 247; D'Ailly, t. U, pi. LXXVU. n<» 3.

(4) Cohen, MC. pi. LVl,/fi/ki. n'» 1; D*Ailly, t. H, pi. XCIU, n- 1*. — Un as, avec la même légende et le môme symbole, porte en outre le nom

ime temps, lors de son triomphe en février 81^ Sylla, ant une dernière fois de son droit à^imperalory faitfabrier une monnaie triomphale, destinée à être donnée en gesses aux soldats, par son proquesteur militaire Manlius, le même qui est désigné comme ayant comttu à ses côtés à la bataille de la Forte Colline (i ) et i fut ensuite gouverneur de la Narbonnaise vers 77 (2). tte monnaie triomphale comprend deux espèces, aureus 80 à la livre et denier, frappés avec les mêmes coins ; ype du revers retrace le triomphe lui-même (3), et la ible légende est L. MANLIt^^. PRO- Quaestore{i) — SVLLA. mPeralor (5).

Jn quatrième aureus du poids de 1/30 de livre est signé le droit de A- MANLIu^. A. Filim. Qtme5/or (6). U a été

C. LIC]INIi«. L. FUius, MACER (DAilly, t. H, pi. XCUÏ, n*> 5), Qéme qui, vir prattorius^ subit une condamnation en 66. Ceci, du 9, n'apporte aucun obstacle au rapprochement des as avec les des d'argent qui ont également EX. S* C*, non plus qu'à notre attrion de date pour les uns et les autres.

) Plat. Syll. 29.

:) Gros. V, 23; T. Liv. Epit. XC. César {Bell. civ. Uï, 20) l'appelle [allius, et Plutarque (Sertor. 12] L. Lollius.

) Eckhel, D N, t. V, p. 190 ; Cavedoni, Nuovi studi sopra le monete o/an (Modène, 1861), p. 17.

•) Je laisse de côté le T qui se voit, en dehors de la légende, sur le t d'une partie des exemplaires ; l'explication en e^t encore très-doue. M. Mommsen {M R, t. U, p. 442) y voit le chiffre 1 retourné et lication de l'âge de Sylla lors de son triomphe, 50 ans; M. Cavedoni ovi studi, p. 17), l'initiale du mot Triumphalis.

) Cuhen. M C, pi. XXV, Manlia, n««2 et 3 ; Mommsen, M R, t. U, 40, n^" 232 a.

\) Cohen, If C, pU XXYI, Manlia, nM; Mommsen, M R, t.U, p. 440.

nd.

certainement frappé en Orient, d'après son style et sa fabrique ; sa date ne peut être antérieure à 81 , puisqu'il représente au revers la statue équestre élevée près des Rostres à Sylla pendant sa dictature (1),L. SYLLoe. FEUa. DlCtatori^ comme dit la légende qui accompagne ce type. A. Manlius a dû, par conséquent, être le questeur de Moréna, et cette monnaie est une de celles qui furent frappées en Asie après le départ de Sylla, avec le produit de h contribution de guerre. De la fin de 82 ou du commencejuent de 81 est une autre monnaie militaire, frappée dans la Gaule, le denier de C VALenu*. FLACrai. IMPERA- Tor (2). Valerius Flaccus était gouverneur de la province gauloise et y avait gagné le titre d'tmperator dans Tété de 83 (3); rallié à la cause de Sylla après la victoire de celuici, il vint triompher à Bome en 81 (4). Son denier est une lies rares monnaies militaires qui portent la note EX- Senor tus. ConsuhOf ce qui prouve qu'il ne le fit frapper qu'après avoir adhéré au parti sénatorial.

La guerre contre Sertorius fournit plusieurs monnaies de la classe qui nous occupe, toutes frappées en Espagne (5) :

EX. Senatus Consulto — L. et C MEMIES. L. Ft/ft. GAU-

(i) Appian. Bell. civ. I, 97; cf. Cic. IX Philipp. 6, 13; Vell. PalercU. 61 ; Sueion. Caes. 75 ; Dio Cass. XLII. 18, et XLUI, 49.

(2) Cohen, M C, pi. XL, Valeria, n<> 4 ; Mommâen, M A, t. U, p. ^^ !!• 237.

(3) Cic. Pro Quinct. 7, 28; cf. 6, 24.

(4) Gran. Licinian. p. 39, éd. de Bonn.

(5) La guerre de Sertorius a dû être également l'occasion du monnayss^ à légendes latinei» d'un bon nombre de peuples de l'Espagne, et aussi de l'émission des dernières pièces de cuivre à l^endes ibériennes.

ria, denier de fabrique très-barbare (1). Ces deux frères Memmius sont connus comme ayant été assez longtemps questeurs et proquesteurs dans les armées opposées à Sertorius. M, Moromsen a montré, par Tétude des enfouissements des monnaies de la République^ que leur denier n'avait pas pu être frappé plus tard qu'en 82 ; Sylla avait donc envoyé ces deux personnages en Espagne aussitôt qu'il avait été maître de Rome.

EX. Senatus ConsuUo. C ANNIu5. T* Filius. T- Hepos. PROCOnSw/ — L. FABtu^. L- Filius. HlSPaniensis. dnaestor, deniers (2) .

EX. Senaius> ConsuUo. C. ANNIYS* T. FiliiÂS. T. Hepos. PROCOnSul — C TARQVITIus. P. Filius. Qiuiestor^ denier (3). L'expédition d'Annius contre Sertorius est de L^anSl. Les deux questeurs qui l'assistaient passèrent ftprès son rappel dans le parti de Sertorius, où Thistoire les fait retrouver quelques années plus tard (4).

Q. CxiecilixÂS. Metellus. Pius. Imjoera/or, denier (5).

IM Perator, denier dont le type du droit (la tête de la Piété, faisant allusion au surnom Piiis) est le même que

(1) Cohen, M C, pi. XXVH, Mtmmia, n"» 3; Mommsen.lf B, t. U, p. 427, n» 226.

(2) Cohen, MC, pi. U, Annia, n*^ 1-4; Mommsen, M R, t. U, p. 449» n» 238 a.

(3) Cohen, Jlf C, pi. XXXVHI, Tarquitia; Mommsen, if i{, t.U, p. 449, Q' 238 6.

(4) L. Fabius Uispaniensis : Sallust. Hist. lU, 4, éd. Dietsch. — C. Tarqoitiua Priscus : Frontin. Stratag.U, S, 31.

(5) Cohen, M C, pi. VIH, Caecilia, n» 10; Mommsen, If H, t. H, p. 459, Q" 248 a.

sur le précédent (1). Si Ton en croyait Plutarque(2),U Ivgsalutation de Metéllus Fins comme imperalor en Espagne \'^t3X n'aurait eu lieu qu'en 79 ; pourtant les monnaies qui 1^^ 1 1 1 donnent ce titre paraissent un peu plus ancienne^! 1^^^ M. Mommsen croit à une erreur de Thistorien (3). ^\a

On sait Timmense crédit de 18 millions de deniers €^ fut accordé sur le trésor public, en 74, pour les armemec:^^ contre Mithridate et les Pirates, en particulier pour ^* construction d'une flotte (A). Il paraît bien établi aujoi d'hui (5) que ce ne furent pas les généraux et leurs qa< teurs, mais par exception le questeur urbain^ que le Séa — *** chargea alors de monnayer les lingots tirés de rœrarîuiiC^^* Nous avons des monuments de cette émission extraor^^^' naire dans les deniers, dont un fort commun, qui, av^^^ la formule EX. Senatus. Consulta^ portent la signature de C^^ questeur urbain, tantôt avec son titre ordinaire, Cl LEHtulus. Qiuiestor (6), tantôt avec une qualificatio: exceptionnelle, LENTw/w. CVRator. X (denariis). Flan dis (7). C'est alors que nous paraît devoir se placer naturellement, bien plutôt qu'à la magistrature monétwrp^-^^

(i) Cohon. If C, pi. VIII, Caeeilia, n*» il ; Mommsen, Jf R, t. II, p. 459. ^^^' n« 248 b,

(2) Serlor. 22.

(3) En tout ca^, Sylla était déjà mort quand furent frappés les de Métellus; on s'éloignait du moment culminant delà réaction aristocn* tique ; ce général ne h'est donc plus cru obligé de mentionner sur lamoB— ^ naie militaire Tautorilé du Sénat, comme on le faisait du vivant du tateur.

(4) Plut. LucuU. 13.

^5) Mommsen, M H, t. II, p. 475.

(6) Cohen, M C, pi. XIV, Comelia, no 10; Mommsen, /. c. n» 259 «.

(7) Cohen, M C, pi. XIV, Cnrnelia, n*» 11 ; Mommsen, /. c. n«» 259 b.

LA LOI DANS LES MONNAIES ANTIQUES 30i

égulière du même personnage (l), quelques années aupa- ■avant, la fabrication de Taureus du poids de 1 /42 de livre ïortent le nom de CN. LENTVLu* (2).

U existe un aureus, de la taille de 36 à la livre (3), qui i été certainement frappé hors de Rome et offre la légende WAGNVS — PROCOnSul , avec pour types d*un côté la tête de l'Afrique coiffée d'une peau d'éléphant, de Tautre le triomphateur dans son char (4). M. Mommsen (5) le rapporte au premier triomphe de Pompée, en 81 , après sa guerre d'Afrique, Cavedoni (6) au second, en 71, après la soumission de l'Espagne, Eckhei (7) au troisième, en >1, triomphe sur Mithridate et les Pirates célébré avec un ^at tout exceptionnel. Sans doute, il y a quelque chose le singulier à voir à cette dernière époque placée sur la monnaie de Pompée la tête de TAfrique, théâtre de ses crémiers exploits, au lieu d'un type relatif à l'Asie ; mais ' n'avait triomphé de l'Afrique qu'à titre de propréteur ^ t ce n'est que dans la guerre des Pirates et dans celle de Kthridate qu'il pouvait se qualifier de proconsul. De plus, ^ voit un fils du triomphateur, encore enfant, monté, lîvant l'usage, sur un des chevaux du char, et cette cir-

(1 ) Magistrature marquée par denier, as et semis : Cohen, M C. pi. XIV, ^melia, n»» 7 et 8; pi. LUI, Cornelia, n" 9 et 10; Mommsen, M R, t. II, 435, no 229.

(^) Rev. mm. 1836, pi. X, n° 7; Cohen, if C, pi. XIV, Cornelia, n°9; otnmsen, M R, t. H, p. 436.

C3) Mommsen, M R, t. II, p. 118.

(4) Cohen, M C, pi. XXXIII, Pompeia, n° 2; Mommsen, M R, t. U, . 455, n» 245.

(6) Appendice R al saggio di osservazioni, p. 149. (7)DJV, t. V, p. 281.

constance reporte encore impérieusement à l'époque ia guerres asiatiques du général, alors parvenu au faite de k popularité. Il me semble donc qu'il faut en reYemrà Topinion d'Eckhel, ou du moins admettre que nousaTO» là une monnaie militaire frappée par Tordre de Pompfc pendant ses campagnes en Orient, monnaie dans le type èe laquelle il escomptait par avance son triomphe futur, es rappelant les précédents.

César ne fut pas, au début de sa carrière, revêtu de li fonction de triumvir monétaire. Le denier si abondant qm porte son nom, CAESAR^ avec les types de l'éléphant et des insignes du souverain pontificat (1), est la monnûe qu'il a fait frapper dans sa province, soit en Cisalpine, swl en Narbonnaise, en vertu de son imperium et pour les besoins militaires, pendant la durée de ses guerres dans les Gaules, de 58 à 50.

La guerre civile, qui éclata immédiatement après et rendit César maître du monde, a donné naissance à une trèsgrande quantité de monnaies militaires, qui méritait d*être groupées ici, en les classant à leurs dates. Il yaco de ces monnaies frappées dans toutes les parties du monde romain parles deux partis, car successivement la lutte s'y transporta et y poursuivit ses péripéties.

Et d'abord, la retraite de Pompée en Orient avec le Sénat et tous les magistrats réguliers de la ville de Kome, quand César eut passé leRubicon et pris Ariminum, produit en 49 un étrange phénomène. C*est alors dans les provinces orientales que les magistrats urbains transfèrent leur monnayage ; ce sont eux qui émettent et signent

(1) Cohen, M C, pi. XX, Julia, n» 10; Mommsen, M R, l. 0, p. 496, n« 278.

ins cette année la plupart des monnaies militaires du irti pompéien. Cicéron (1) parie de la monnaie d'argent le Ton battit à Âpollonia pendant cette année 49, tandis le le quartier général de Pompée et de ses partisans était ns cette ville. Borghesi (2) a établi, en effet, que c'est que furent fabriqués les deniers, quinaires et sesterces triumvir monétaire régulier C. CONSIDI VS. PAETVS (3) . après le style des pièces qu'il a signées, un de ses col- [oes, W. CORDIVS. RVFVS. IIIVIR (4), avait organisé atelier du côté du Pont ; il marque ses monnaies de formule Senatus Consulta^ pour marquer T origine du rit en vertu duquel il monniaye ainsi hors des condiiis normales de sa charge, tandis que Considius Pœtus, érant dans la ville où le Sénat s* est transporté, n*a pas soin d'inscrire sur ses espèces une semblable mention, lant au troisième membre du collège monétaire normal l'année, Q. Sicinius, il s* était rendu à bord de la flotte Ehodes, que commandait le préteur C. Coponius; c'est qu'il fit fabriquer le denier où son nom est seul (5) et ui qui porte la double légende C COPONIVS PRaetor SICINIYS. IIIVIR (6). C'est Tunique monnaie qui assoun triumvir urbain à un commandant d'armée, revêtu -même d'une magistrature urbaine ; il* fallait des cir-

UEp. adfam. XIII, 29.

l) Oss, num. déc. XIV, 4, Œuvres complètes, t. H, p. 152.

)) Cohen, M C, pi. XIU, Considia, n« 4-iO; Mommsen, M H, t. II,

4) Cohen, M C, pi. XIV, Cordiay n*^ 1-6; Mommsen, /. c.

5) Cohen, If C, pi. XXX VUI, Sicinia; Mommsen, M 71, t. II,

6) Cohen, M C. pi. XIV, Coponia, n- 1 et 2; Mommsen, /. c.

constances aussi extraordinaires pour produire un semblable phénomène, et ces deux personnages ont cru nécessaire de mentionner Tautorisation du Sénat sur les pièces qu'ils ont fabriquées en commun. Les monuments numismatiques de cette époque nous offrent encore les noms des différents membres d'un collège de trois monétaires, C. Antius Bestio (1), T. Carisius (2) et A. Lidnios Nerva (â), qui paraissent bien avoir appartenu au parti pompéien et avoir monnayé dans les provinces. Gaiedoni (4) a vu en eux les triumvirs monétaires désignés eo Orient par le Sénat pour Tannée &8, et, sans être certaine, cette opinion a pour elle de grandes vraisemblances.

A côté de ces espèces signées des magistrats monétaires normaux de la République, qui auraient dû diriger le monnayage urbain si les circonstances ne les en avaient pas empêchés, nous avons les monnaies que, dans la même année 49 et dans la suivante jusqu'à la bataille de Fharsale, les généraux des diverses armées du parti sénatorial frappent d'après leur imperium militaire, et quelquefois dans des conditions fort irrégulières au point de vue 1^ Les pièces de Tarmée d*Épire, deniers fabriqués à ApoDonia en même temps que ceux du triumvir Considius P«tus, sont signées des deux consuls, assistés d'un questeur urbain, comme officier de finances chargé de diriger l'émission, L. LENTu/u5. C. tAARCellus. COnSules — NERto.

(4) Ck)hen, If C, pi. III, ArUia, n°» i-À ; MommseB. M fl, t. n, p. ^

(2) Cohen, If C, pi. X, CarUia, nos 8 et 9 ; Mommsen, /. c.

(3) Cohen, M C, pi. XXIV, Licinia, n" 3-7 ; Mommsen, Jf iî, t. H, p. 544.

(4) Ragguaglio de'ripoBtigli, p. 218.

\uaestor. y/RBanus (i). Dans la province d'Asie, deux lommes représentent le parti pompéien et exercent panJ- Uement le pouvoir en son nom ; c*est le préteur urbain \ Fannius et Q. Cœcilius Metellus Fins Scipio, qui alla msuite, après Pharsale, organiser la résistance en Afrique. Is s'emparent, à la place d*un gouverneur régulier, de la kbrication des tétradrachmes cistophores de la province itles signent de leurs noms, C FAHniits. POHTifeœ. PRaetat m des pièces frappées à Apamée« à Éphèse et à Traites (2) , 1. METELLVS. PIVS. SCIPIO. IMPcrator sur une pièce rappée à Pergame (3). Dans toutes les monnaies des arlées d^Orient, le nom de Pompée n'est pas mentionné ; udgré sa vanité sans bornes, le souci des formes extéienres de la légalité Tamène à s'effacer derrière le Sénat tles consuls. Mais il n'en est plus de même en Espagne, arce que là, au contraire, il est en possession du titre ffidel et régulier de proconsul. Les deux proquesteurs de Espagne citérieure ou ultérieure, en 49, tandis qu'Afraius et Petreius se préparent à recevoir les premiers Tatiqae de César, frappent au nom du proconsul absent, en » signant comme monétaires responsables, les deniers (4) à on lit MAOHus. PROCOnSul — CN. PISO. PRO.

(1) Cohen, M C, pi. XXIX, Neria ; Mommsen, If R, t. U, p. 537.

(2) Pinder, Ueher die Cistaphoren, p. 569 et s., n« 188-191, pi. I, n« 23 t24.

(3) Knder, p. 570, n» 192, pi. I, no 25.

(4) M. Mommsen {Ann. de Vlnst. arch. 1863, p. 73 ; Jf R, t. II, p. 534 1 8.) me parait avoir eu raison d*attribuer à cette date les monnaies ont nous parlons, rapportées par Eckhel (D N, t. V, p. 281), Borghesi ' Cavedoni (Saggio di osserv, p. 113 ; Ragg. de' ripostigli, p. 210) à la ^rre des Pirates, où M. Terentios Varro fat aussi un des légats de ^mpée, mais non Cn. Piso.

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