II
environ et celle du second de 399 à 387. Dans le premiei groupe, les hectés d'électrum nous offrent d'un côték type d'une ville en relief et de Vautre le type d^une seconde ville en creux ; les associations qu'on y relève sont celles de Mitylène et Samos, Mitylène et Dardanos, Lesbos e1 Cebren, Lesbos et Samos, Dardanos et Chios, Dardano£ et Samos, Samos et Ërythres» Samos et Clazomène, Samos et Cebren, Samos et Abydos, Héraclée d'Ionie et Abydos ( ! ), De petites pièces d'argent, drachmes de 3 gr, 55 et trioboles de 1 gr. 75, correspondent à ce monnayage d'hectés d'électrum et associent aussi deux types de villes, tous les deux en relief, mais celui du revers dans un carré creux ; les associations y sont : Abydos et Cebren, Abydos et Clazomène, Abydos et Chios (2), Cebren et Téos (3), Samos et Cebren, Samos et Methymna, Samos et Clazomène, Samos et Erythres, Samos et Chios (4). Le second groupe présente les caractères que nous définissions tout à l'heure, en parlant du traité entre Phocée et Mitylène. L'unité est complète dans le système, le poids, le titre, l'aspect général et la disposition essentielle des types : au droit une tête de divinité, au revers, dans un carré.indiqué par quatre barres, un type qui est le plus souvent une seconde tête. Mais chaque ville conserve ses types propres, en les arrangeant dans ces données : Phocée, qui possède alors le monnayage le plus étendu, frappe avec des types très-variés et signe les produits de son atelier
(1) Associations de Mitylène x Brandis, p. 412. — Les autres associations : Brandis, p. 416 et s.
(2) Brandis, p. 444.
(3) Brandis, p. 445.
(4) Brandis, p. 468 et s.
par une petite figure de phoque placée dans le champ du revers. Parium (1), Abydos (2) , Biry tîs (3), Cebren(4), Sigée (5), Lesbos (6), Érésos (7), Mitylène (8), Lébédos (9), Phocée (10), Téos (11), Chios (12), Samos (13) et un certain nombre d'autres villes encore indéterminées (14), prennent alors part à cette forme de monnayage d'union.
On peut poser comme règle que les unions monétaires n'existent qu'entre villes très-voisines, ou du moins entre villes de la même région, ayant des rapports naturels et incessants d'entre-cours commercial, où par conséquent le besoin d'une monnaie commune avait dû se faire vivement ressentir. Quand on trouve sur une pièce antique la réunion des types de cités fort éloignées les unes des autres, que la grande navigation mettait seule en rapports, il faut en chercher l'explication dans quelque circonstance politique et historique exceptionnelle, plutôt que dans une union monétaire. Tel est le cas de la pièce d'argent anépigraphe, de fort ancien style, qui unit d'un côté
(1) Brandis, p. 410.
(2) Brandis, p. 411.
(3) ïbid.
(4) Ilnd.]
(5) Ibid,
(6) Brandis, p. 412.
(7) Ibid,
(8) Ibid.
(9) Brandis, p. 413.
(10) Brandis, p. 414.
(11] Brandis, p. 415.
(12) Ibid.
(13) Ibid.
(14) Brandis, p. 418 et s.
les types de Cyrène, plante et graine de silphium, et de Samos, tête de lion, de Tautre, dans un carré creux, celui dialyses, une tête d'aigle tenant un serpent dans son bec (1). Au lieu de supposer une association de monnayage entre ces trois villes, il vaut mieux rapporter cette pièce à l'expédition qui partit de Samos entre 529 et 525 av. J.-C. pour remettre sur son trône, avec une armée de Samiens et de Rhodiens, le roi Arcésilas III, chassé de Cyrène (2). Le style de la monnaie s'accorde admirablement avec la date de cet événement.
Le plus souvent, l'union monétaire entre deux cités ou im plus grand nombre paraît avoir été exclusivement bornée à son objet spécial et n'entraînait aucunement une fédération politique. Rien de semblable ne s'aperçoit dans l'histoire pour les villes de l'Italie méridionale, qui émirent les monnaies d'argent incuses, ni pour les cités grecques de l'Asie Mineure occidentale, groupées commercialement et monétairement dans l'Union des hectés d'électrum. Pourtant, dans quelques cas, il en est autrement. Nous possédons des pièces d'argent du v* siècle avant notre ère 011 le nom de Phères est associé à ceux de plusieurs autres villes de la Thessalie, dans des accouplements qui vont toujours deux par deux (3) , et une, d'une cinquantaine d'années postérieure, où Phères et Larisse sont nommées ensemble, chacune sur une des faces (4). Cette dernière
(1)L. Millier, Num, de l'ane, Afrique, t. I, p. 11.
(i) Yoy. Clavedoni, Osserv. sulle monete délia CirenaicOf p. 20 et s.; L. MQller, Num. de l'anc, Afrique, p. 18.
(3) Duchalais, Rev, num. 1853, p. 255 et 3. , pi. XIV.
(4) Catalogue Huber, p. 29; Leicesler Warren, Greek fédéral coinage, p. 22.
appartient certainement au temps où Jason de Phères (en 374 av. J.-C.) était parvenu à se faire élire par l'assemblée générale des Thessaliens tagos ou chef militaire de tout le pays, au-dessus des familles aristocratiques exerçant le pouvoir dans les diverses cités, office que son successeur médiat Alexandre transforma en une tyrannie complète. L'union des noms des deux villes sur la même monnaie y est donc en rapport avec une communauté de gouvernement. Ceci rend fort probable que les pièces analogues frappées à une époque plus ancienne se rapportent à une hégémonie antérieure exercée momentanément par Phères dans la fédératfon des cités thessaliennes^ fédération dont l'institution du tagos commun était le lien (1), et qui, avec des éclipses fréquentes et malgré la résistance du particularisme auquel poussaient les familles dominantes des différentes villes, comme les Aleuades de Larisse, les Scopades de Crannon, les Créondes de Pharsale, reparaissait dans toutes les circonstances qui menaçaient rindépendance du pays (2) . Aristote, dans son livre des RépubliqueSj consacrait un chapitre à la constitution de cette xoivYi eecjGaXûv TzokiziU (3). Nous avons donc, je crois, dans les monuments numismatiques que je viens de rappeler, un essai de monnayage fédéral, aussi imparfait et aussi irrégulier que Tétait la confédération thessalienne elle-même.
(i) Vœmel, De Thessaliae tnco/ts, Francfort, i829; TiUmann, Darstellung d, griech, Staatsverf. p. 713; Schœmann, Antiq.juris puhl, Graec, p. 401; Hermann, Lehrb. d, griech. StaatsalL § i78.
(2) Freeman, Hisi, of fédéral governmeni^ p. 152 et s.
(3) C. MùUer, Fragm. hislor. graec. t. II, p. 151, fr. 145-148.
3. Les monnayages fédéraux du monde grec, très-diffcrents de la numismatique des simples unions monétaires, ont été groupés et étudiés dans un fort remarquable travail de M. Leicester Warren {]). C'est en grande partie avec ce guide, mais en ajoutant cependant quelques faits à ceux dont il s'est occupé, que nous allons jeter un coup d'œil sur cette partie de notre sujet.
Dans différentes contrées de la Grèce et des pays grecs, et à diverses époques, les dangers de tout genre qui résultaient du morcellement de la souveraineté jusque dans les plus petites localités, de Tisolement et de la rivalité des cités par rapport les unes aux autres^ amenèrent à mettre en commun les forces militaires et les grands intérêts provinciaux, par la formation de ligues permanentes ayant pour ces choses un gouvernement fédéral et des institutions communes, mais où chacune des cités ou des tribus entrées librement dans la ligue conservait ses lois particulières, avec la plénitude de sa souveraineté pour ses affaires intérieures. Quelques-unes des fractions de la nation grecque se montrèrent plus aptes que les autres à ce régime fédératif, et nous l'y voyons eu vigueur depuis l'époque la plus reculée ; chez d'autres, au contraire, la fédération ne se forma que tard, après une amère expérience du régime de morcellement particulariste. Il importe, d'ailleurs, de distinguer dans l'histoire les fédérations de villes ayant par elles-mêmes une importance et une vie propres, et les fédérations de tribus sans villes saillantes, comme celles des Phocidiens et des Etoliens. Ces dernières eurent, en général, une existence beaucoup plus permanente, un fono-
(1) Essay on greek fédéral coinage, Londres et Cambridge, 1863. — Ce Iravail a été écrit pour former un appendice à ÏHisiory of fédéral goverthment de M. Freeman.
tioimement plus facile des institutions communes» parce que les rivalités municipales ne vinrent pas y apporter un élément de trouble et de déchirement.
Nous rencontrons même des ligues de cités, et trèsfortement constituées au point de vue fédéral, chez des populations non helléniques. Telle était la ligue des villes lyciennes. Grâce à la cohésion de ses membres, à la solidité de ses institutions et à Thabile politique par laquelle, dans les grandes luttes armées entre les Grecs et la Perse, elle sut s'isoler des événements militaires, à la charge de payer un léger tribut alternativement aux uns et aux autres des belligérants, quelquefois à tous les deux en même temps (1), la Ligue Lycienne parvint à se maintenir jusqu'à Alexandre dans une situation de véritable indépendance de fait. £t cette indépendance était assez effective pour qu'au temps où la Syrie appartenait en droit à l'empire des Achéménides, dans lequel elle formait une satrapie k part, avec la Pamphylie et le pays de Milyas (2), elle pût, tout en acceptant les dariques d'or du suzerain, d'après lesquels elle réglait la taille de ses propres monnaies d'argent (3) (voy. livre VI, chap. iv, §2), fermer son territoire aux espèces d'argent d'empire, qu'elle ne recevait qu'en les tarifant à son gré et en y imposant une contremarque (4). Pendant le v"* et le iv" siècle avant Tère chrétienne^ la Ligue Lycienne eut un monnayage fédéral
(i) En 446 av. J.-C, les AOxioi xal (rjvT£).et< figurent sur la liste des tributs de la confédération de Délos (Corp, in^cr. attic. n** 234); mais à la même époque ils n*étaient pas considérés comme rebelles à la cour de Soso.
(2) Àrrian. Anab. 1, 25, 4; m, 6. 6.
(3) Brandis, p. 151 et 345.
(4) Brandis, p. 265 et s., 314.
abondant et parfaitement caractérisé (1), dont tous les produits offrent une parfaite unité de système. Chaque ville y frappe des espèces à son nom et en y plaçant au droit le type qu'elle a choisi ; mais le revers présente toujours le symbole de la Ligue, trois croissants disposés en triquetra et se rattachant par une de leurs extrémités à un anneau qui forme centre commun. Ce symbole bizarre doit faire allusion aux trois peuples, Cauniens, Troyens et Trém'Jes (2), dont la réunion formait la nation lycienne (â). A côté des espèces fédérales frappées par elles, beaucoup de villes ont en même temps un monnayage purement municipal, où n'apparaît plus Kemblème de la Confédération (4). Enfin, quelques pièces, ayant au revers un symbole commun , — qui diffère de celui de la grande ligue en ce que ce sont quatre croissants, au lieu de trois, qui s'y rattachent à un anneau central (5), — semblent indiquer, au moins pendant quelque temps, l'existence d'une petite confédération distincte, comprenant seulement trois ou quatre localités. 11 ne serait pas impossible que ce fût celle des Cauniens (6), que les inscriptions athéniennes des tributs montrent dis-
(1) Fellows, Coins o fondent Lycia, Londres, 1S55 ; Brandis, p. 344 et 488492.
(2) Voy. Fellows, Coins of Lycia, p. 5; et les notes de l'Hérodote anglais de G. Ravvlinson, 2* édit. t. I, p. 247 et s.
(3) Cette explication me parait préférable à celle qui y voit une sorte de harpon à trois crochets, faisant allusion au nom d*Harpagos, le conquérant du pays pour les Perses, dont la dynastie se maintint à la tét€ de la confédération au moins jusqu'au temps d'Artaxerxe Longue-Main (Stewart, dans Fellows, Lycian coins^ p. i4).
(4) Brandis, p. 345 et 486488.
(5) Fellows, pi. I et U; Brandis, p. 488.
(6) C'est aussi l'opinion de M. Fellows.
tinctsdes Lycîens proprement dits, au milieu du ¥• siècle. Quelques villes grecques de la côte occidentale de l'Asie Mineiu*e nous offrent un monnayage fédéral, organisé d'une manière très-analogue, dans une circonstance historique que M. Waddington a admirablement déterminée (1). Après la bataille de Cnide, Samos, Ephèse, Ehodes et Cnide, délivrées desharmostes lacédémoniens parla flotte de Conon et de Pharnabaze, s'unirent en une ligue pour la défense de leur liberté reconquise et frappèrent une monnaie d'argent commune, portant au droit le symbole de la ligue, Hercule enfant étouffant les serpents, avec la légende lYN, qu'il faut entendre soit comme Tabrégé de ÎYNjtayta, soit comme un mot complet à prendre au sens adverbial, ce ensemble ! » ; sur le revers, chacune des villes met son nom et son type particulier. Des cités plus éloignées paraissent avoir adhéré à Talliance politique, à laquelle les événements mirent bientôt fin, mais non àTunion monétaire qui s'y rattachait. C'est ainsi que Cyzîque et Lampsaque ont frappé alors^ mais chacune dans son système particulier de monnaies, la première un statèred'électrum (2), la seconde un statère d'or pur (3), avec le type significatif d'Hercule étouffant les serpents.
Toutes les ligues grecques formées dans un but militaire et politique, avec une caisse commune, n'ont pas cherché à se créer une monnaie fédérale, mais seulement celles qui étaient composées des habitants d'un même pays, dont l'existence correspondait à un sentiment national réel. En ce cas, la règle presque constante est que la monnaie
(1) Rev. num. 1863, p. 223 et 8., pi. X.
(2) Rev. num. 1863, pi. X, n*" 6.
(3) ïbid. n* 5.
fédérale a été frappée dans un atelier commun et porte au génitif d'appartenance le nom du peuple formant la confédération, des Phocidîens, des Béotiens, des Étoliens, etc.
La Fhocide nous offre un des plus anciens exemples de monnayage fédéral dans la Grèce propre (1). Les pièces au type de la tête de bœuf et au nom des Phocîdiens commencent avec le plus ancien style (voy. livre VI, chap. il, au mot Siaières de Phocide). Ce monnayage fédéral est parallèle au monnayage indépendant de Delphes (2), qui depuis les Guerre? Mëdiques prît séance à part des Phocidîens, comme un Etat distinct; dans le conseil amphictyonique. C'est également au vi* siècle avant l'ère chrétienne qu'il faut faire remonter le début des monnaies d'argent fédérales frappées en commun par les cités de la Chersonèse de Thrace (3), qui avaient un même sénat et formaient une ligue très-étroite (4).
Le monnayage des Béotiens ne commence pas moins haut. 11 est nombreux et célèbre (5), s'étendant sur le
(1) Eckhel, D N, t. Il, p. 193; Mionnet, t. II, p. 94 et s.; Leicester Warren, p. 12 et s.
(2) Bosset, Essai sur les médailles de Céphalonie et d'Ithaque, p. 7 et 30, pi. y, nos 1 et 2; H. de Longpérier, Hev, num. i869, p. 149 et 8.
(3) Mionnet, Suppl, t. II, p. 524 et s.; Brandis, p. 524.
Voy. L. Millier {Numism, d^ Alexandre, p. 41) pour la démonstration de ce que sont les monnaies fédérales de la réunion des villes chersonésiennes, et non les espèces particulières d*une ville de Chersonésos, qui n'a jamais existé.
(4) Demosth. Pro coron, p. 256, décret rendu en commun par les Chersonésiens, dont les villes sont énumérées en tête.
(5) Eckhel, DiV, t. H, p. 195 et s.; Mionnet, t. n, p. 99 et s.; Leicester Warren, p. 23 et s.
cours de plusieurs siècles. A cette monnaie fédérale de la Ligue Béotienne, Tune des plus anciennes de la Grèce, doivent être rapportées non - seulement les pièces qui ont le nom des Béotiens plus ou moins abrégé, mais toutes celles qui, avec le type du bouclier béotien sur le droit, ne portent pas sur le revers le nom d'une ville spéciale. Le monnayage fédéral des Béotiens se continua jusqu'à la dissolution de la ligue par les Romains en 146. Mais, dans le cours du iir siècle, le type en fut chaugé. C'est alors qu'ont été frappés les tétradrachmes qui ont d'un côté la tête de Jupiter et de l'autre Neptune assis avec la légende BOinTHN (!) et les bronzes correspondants (2). Les drachmes à la tête de Jupiter et au revers de la Victoire (3), imitée des statères d'or d'Alexandre, avec les bronzes au revers de la Pallas (4) , représentent une époque encore postérieure et la fin de l'existence de la Confédération Béotienne.
La Confédération des villes de la Chalcidique sur la côte thraco -macédonienne , appelée souvent dans l'histoire Ligue Olynthienne, d'après le nom de sa capitale, a frappé vers les débuts du iv« siècle, entre la guerre du Péloponnèse et la dissolution de son propre lien fédéral, imposée par Sparte en 379, d'admirables monnaies d'or, d'argent et de cuivre, ayant au droit la tête d'Apollon laurée, au revers une lyre avec le nom XAAKIAEHN (o). Olynthe,
(i) Mionnet, t. U, p. 103, n*" 59.
0) Mioniiet, t. II, p. 104, n<" 66-68.
(3) Mionnet, t. H, p. 103, n** 60-64.
(4) Ibid. n« 65.
(5) Mionnet, Suppl, t. III, p. 60 et s.; Leicester Warren, p. 28 et s.; Brandis^ p. 535 et s.
centre de la ligue et lieu probable de la fabrication des monnaies communes, a mis son nom sur le droit d'une de ces pièces, mais en gardant au revers celui de la confédération (1). Au même temps, la ville de Bottiée nous offre un monnayage municipal de petites pièces de cuivre, avec son nom particulier, mais le type fédéral (2).
C'est dans la série des pièces d'argent d'imitation corinthienne (voy. livre IV, chap. vu), frappées dans l( IV* siècle, que nous rencontrons les premières monnaies portant le nom du peuple des Acarnaniens, soit désigne par les initiales AK (3), qui pourraient aussi s'appliquer i la ville d'Actium, soit par les lettres AKAP groupées ei monogramme (4), à côté d^espèces semblables munies de marques municipales de beaucoup de villes acarnaniennes comme Alyzia (5), Anactorion (6), Argos Amphilochion (7) Leucade (8), Métropolis (9) et Thyrreôn (10). Le mon nayage fédéral de la Ligue Acarnanienne devient plus îm
(1) Cadalvène, Méd, inéd. pi. I, n° 28. — La pièce d'argent conlinuai] le type fédéral, avec une modification dans la tête et la légende OAYN eiNHN (Mionnet, Suppl. t. HI, p. 84, n*" 5i8; Cotai. Northwid n* 579), doit élre postérieure à la dissolution de la ligue.
(2) Mionnet, 1. 1, p. 470, n<» 168; Bompois, Num. chron. n. s. t. Xl\ p. 219.
(3) Cousinéry, Essai sur les monnaies de la Ligue Achéenne, 2« pari pi. U, n« 9; 1" part. pi. II, n» 21.
(4) Ihid. 1" part. pi. II, n*> 24.
(5) Ibid, 2* part. pi. H, n- 20 et 21.
(6) Ibid. 2» part. pi. II, n»' 10-19; l'« part. pi. II, n*» 23.
(7) Ibid. 2« part. pi. III, n- 1-9.
(8) Ibid. r part. pi. m, n- 13-i8; !'• part. pi. II, n° 28.
(9) Ibid. V part. pi. III, n" 19.
(10) Ibid. 2" part. pi. UI, n«« 20 et 21.
portant et beaucoup mieux caractérisé dans la période après Alexandre. C'est alors que sont frappées les pièces à la légende AKARNANflN, avec la tête d'Achélous et de l'antre côté la figure d* Apollon Actien, ou plus rarement celle de Zeus debout (1), et les cuivres qui y correspondent, avec des types difiérents (2).
C'est encore dans la série des imitations d'argent de Corinthe que Ton voit apparaître les premières pièces portant le nomdesLocriens (3) : elles paraissent dues aux Hespériens ou Ozoles et avoir été frappées dans Naupacte, leur seule ville importante. Mais c'est vraiment abuser de Texpression de « monnayage fédéral » que de l'appliquer, comme a fait M. Leicester Warren (4), aux monnaies que les trois tribus des Locriens ont frappées d'une manière entièrement distincte et indépendante (5). Le monnayage particulier d'une petite tribu, telle qu'étaient les Opontiens (6) oulesEpicnémidiens, constitue une autonomie parcellaire aussi bien que celui d'une simple ville. Il importe beaucoup
(l)Eckhel, D iV, t. II, p. 183; Mionnet, t. H, p. 78 el s.; Leicester Warren, p. 14 et s.
(2) Mionnet, Suppl. t. HI, p. 454, n*»' 7-9.
(3) Cousinéry, Monmies de la Ligue Achéenne, ^ part. pi. H, n*' 1-8.
(4) P. 59 et s.
(5) Le seul indice que Ton y rencontre d'une tendance à Tunité est dans ce fait que les Epicnémidiens et les Opontiens ont à un certain moment frappé de petites pièces de cuivre au même type, mais chaque tribu avec son nom ; Mionnet, t. II, p. 90, n° 5, et p. 93, n*» 28.
(6) Les admirables monnaies d'argent des Opontiens au type d'Ajax combattant (voy. Catal. Dupré, n° 217, l'exemplaire avec la légende explicative en petites lettres AIAZ) ont alternativement pour inscription AOKPfîN ou OPONTIflN (Mionnet, t. U, p. 91 et s.; Suppl. t. III, p. 489 et s.}.
de faire disparaître du langage numismatique la désignation barbare et inexacte qui a fait classer sous des rubriques semblables les pièces de la Béotie in génère, ou de TEtolie in génère^ numéraire fédéral de grandes ligues de cités ou de tribus, et celles de TEIide in génère^ monnaies d*une ville ayant un territoire qui dépendait absolument d'elle. Seulement il serait fâcheux de remplacer une expression aussi vague et aussi impropre par une extension inexacte de celle de monnaies fédérales.
k. L'Arcadie nous offre un singulier problème. Il est tout à fait positif historiquement qu'aucun lien politique, aucune confédération, n'existait avant le temps d'Epaminondas entre les différents cantons de TArcadie* Chacun d'eux avait sa vie propre, et les petites villes et les bourgs se groupaient dans quelques-uns d'entre eux sous la dépendance de cités plus importantes. Telle était la situation de Clitor, d'Hérée et de Mantinée, et Tantique importance du monnayage de ces trois villes correspond bien à un semblable état de choses. Pourtant noifs avons une très-nombreuse série de petites monnaies d'argent, dont les plus anciennes appartiennent certainement au vi* siècle et dans la succession desquelles on peut suivre pas à pas tous les progrès de l'art dans le cours du v* (1), monnaies où Ton voit d'un côté Zeus Aphésios, donnant la volée à l'aigle qu'il tient sur sa main, et de l'autre la tête d'Ar-
(1) Mionnet, t. H, p. âtô; Suppl. t. IV, p. 271. — Pour la succession des styles d'art dans ces pièces, voy. surtout Imhoof Blumer, Choix de monnaies grecques, pi. Il et Ilf, n*' 71-81; Zeitschr, f, Numism. t. UI, pi. VU, n- 2-27; VllI, n- 1-8 ; p. 289-302.
témis Hymnia (1), avec la légende ARKADIQON et pins tard APKAAIKON. Il n'y a pas à y voir des monnaies fédérales, puisqu'à répoque où elles furent frappées il n'y avait pas de Ligue Arcadienne ayant une existence politique ; ce ne sont pas non plus les espèces d'une des villes qui exerçaient chacune sur son territoire la souveraineté dans toute sa plénitude. Une seule explication est possible pour ce monnayage qui s'intitule lui-même Arcadien , ApxaSiîcov. sous -entendu vojjLiajjLa ou xo^pia* C'est que c'est un monnayage sacré, émis par le sacerdoce du culte commun de la ville sainte de Lycosura, ce la plus antique cité qu'eût vue le soleil » , suivant sa prétention traditionnelle (2) , et du mont Lycée, culte qui était alors le seul lien national entre les tribus arcadiennes, revendiquant •toutes la même origine (3). L'emploi de l'adjectif possessif au lieu du nom du peuple au pluriel a peut-être ici une signification caractéristique : la monnaie n'est pas celle iies Arcadiens » comme peuple réuni politiquement, mais une « monnaie arcadienne sacrée > .
Sur la monnaie archaïque d'Olympie (4), on lit de même OAYMPIKON, sur le tétradrachme de Delphes AAAOI- K0N(5). Il semblerait donc que Ton pourrait être en droit de tenir semblable forme de légende comme étant dans la Grèce propre indicative des monnaies non plus nationales,
(1) E. Curtius, dans les Beitruge de Pinner et Friedlânder; p. 8">-92. <2) Pausan. VIO, 38, 1.
(3) Cest ropinioQ de M. E. Curlius, du colonel Leake (Numism.hellenic. Europœan Greeee, p. 16-18; Add. p. 156; SuppL p. 114) et de M. Leicester Warren (p. 11).
(4) Zeistehr. f. Numiêtn. t. H, p. 265.
[^)Rev.num. 1869, p. 149.
it. 6*
mais sacrées, frappées avec les richesses métalliques qui affluaient dans les caisses de certains temples; car l'absence de toute vie politique à Olympîe, cité purement religieuse dépendant d'Elis depuis la ruine de Pise (1), ne permet pas d'attribuer un autre caractère à sa monnaie. Les pièces d'argent à la légende 6EZPIK0N (2) au lieu de OEXPIEHN peuvent parfaitement être des monnaies sacrées, frappées par le sacerdoce du fameux sanctuaire d'Éros à Thespies, plutôt que des monnaies émises par les autorités politiques de la ville. N* avons-nous pas encore en Béotie une autre monnaie frappée par un temple, dans une localité qui n'avait pas d'autonomie politique, celle d'Ismène (3), faubourg de Thèbes, ou plus exactement du sanctuaire d'Apollon Isménien?
Il faut faire dans la numismatique grecque une place à ces monnaies sacrées (&) . A côté de la souveraineté des cités et des rois, le droit de monnayage, ce privilège souverain, a été reconnu à un certain nombre de corps religieux et de temples, qui utilisaient pour la fabrication de monnaies une partie de leurs trésors et y trouvaient de
(1) Cette situation est parfaitement exprimée par la belle monnaie d'argent du Musée Britannique, où Ton voit d'un côté la tète de Zeus avec la légende ordinaire des Éléens, FAAEIflN* de l'autre la tète de la nymphe Olympie avec son nom, OATMPIA : Zeitsehr. f, Num, t. H,
(2) Mionnel, t. H. p. HO, n» HO; SuppL t. lU, pi. 17, n» 7. — C'est certainement la tête androgyne d'Êros qui est au revers de ces pièces.
(3) A. Soutzo, Rev. num. 1869, p. 177, pi. VI, n^" 13. M. Imhoof-Blumer conteste cependant l'attribution : Numism, Zeitsehr. de Vienne, 1871 , p. 353.
(4) Voy. surtout E. Curtius, Ueber den religi&sen Charakter der tprie^ ehischen Munzen, dans les Monattherichte de l'Académie de Berlin de juin 1869; Num. ehron. 1870, p. 91 et s.; Zeitsehr. f. Numism. t. I, p. 267 et suiv.
nouveaux revenus. C'est dans cette catégorie qu'il faut ranger les beaux tétradrachmes frappés par les Amphictyons, comme corps sacré bien plus que comme assemblée politique, et où la tête de la Déméter d'Anthéla et Timage de TApoUon Delphien rappellent les sanctuaires où ils tenûent leurs deux assemblées annuelles (1). Nous avons la monnaie d'argent du temple de Didymes, près de Milet, que son inscription appelle sacrée, lEPH (2) (voy. plus haut, livre I, chap. i, § 2, 2). Les monnaies de bronze de Corcyre à la figure et souvent au nom de Zeus Casios, lesquelles datent de Tère de la domination romaine et ont été frappées jusque sous Caracalla, sont d'une fabrique toute différente de celle des autres monnaies corcyréennes de la même époque ; elles doivent être rapportées à un atelier particulier, installé à Cassiopé dans les dépendances du temple du dieu (3). Ainsi s'explique le monnayage de certaines localités, qui quelquefois n'étaient même pas des villes, mais seulement des sanctuaires, qui dans tous les cas n'auraient eu politiquement aucun droit à battre monnaie, car elles ne possédaient pas d'indépendance souveraine, comme Eleusis (4), simple dême de TAttique et le seul où Athènes ait toléré un monnayage de cuivre distinct de la monnaie de TÉtat, Orthia en Elide (5) et peut-être le Caméasion voisin d'Andania en Messénie (6).
(1) Mionnet, t. U, p. 96, no 21 ; Cadalvène, Méd. inéil. pi. H, n^" 18. — La drachme correspondante : Rev. num. 1860, pi. XII, n^ 8.
(2) MilUngen, Sylloge ofancient coins j p. 70.
(3) LambroS, dans Poslolaccas, KaTdXoyoç voiii^iiatcov tûv vr^acov Kepx'jpa;, AtuxaSoç, X. T. ">» p. 51.
(4)Eckhel, DN, t. U, p. 222; Mionnet, t. II, p. 140. (5) E. Curlius, Peloponnesos, t. II, p. 102. (G) R. Rochette, Min, de numism, p. 128.
Il faut rapprocher les faits, sur lesquels nous reviendrons plus tard (livre IV, chap. ii), des villes où la monnaie, comme à Pessinonte (1), à Hiérapolis de Syrie (2), à Alexandria Troas (3), à Ilion (4), à Thasos (5), à Odessos (6), est désignée par sa légende comme celle de la divinité protectrice de la cité, au lieu de celle du peuple, de telle façon qu'il semble que ce soient les autorités sacerdotales, et non les autorités politiques, qui y donnent la garantie légale. La seule Ligue Arcadienne que connaisse Thistoire est celle de Lycomède, fondée sous Tinfluence d'Epaminondas en même temps que Ton créait Mégalopolis pour y servir de capitale (7). Malgré les déchirements presque continuels qui remplissent ses annales^ la confédération politique des Arcadiens a eu un large monnayage fédéral , évidemment battu à Mégalopolis (8). Du moment même de sa première organisation datent les admirables statères d'argent de poids éginétique qui ont pour types la tête de Zeus LycaBos et Pan assis sur un rocher (9) ; ces types
(1) Mionnet, t. IV, p. 391, n» 104.
(2) Mionnet, t. V, p. 139 et s.
(3) Mionnet, t. H, p. 639, ©•• 63-67; Rev, num. 1838, p. J-5J.
(4) Mionnet, t. II, p. 637 et s.
(3) Mionnet, t. l. p. 433, n- 30-39.
(6) Mionnet, t. I, p. 393, n*» 221.
(7) Voy. Texcellent article Arcadeif, par M. Foucarl, dans le Dictionnain des antiquités de MM. Daremberg et Saglio.
(8) Leicester Warren, p. 30 et s.
(9) Mionnet, t. U, p. 244, n- 6 et 7. — Les lettres OATM, qu( quelques exemplaires laissent lire sur le rocher, ne le désignent pa: comme TOlympe arcadien, le Lycée; c'est un simple nom de magistrat ei abrégé, car, sur un autre exemplaire, c'est XAPI qu'on lit à la mêm( place (Zeittehr. f. Num. t. III, pi. VII, n« 1, p. 289).
se continuent ensuite sur les quarts de statères (1), taille au-dessus de laquelle la Ligue ne monnaye plus. Les plus petites pièces d'argent (2) et celles de cuivre (3), avec d'un côté la tête de Pan cornu et de l'autre, en guise de type, un grand monogramme composé des lettres APK, constituent le numéraire divisionnaire de la Confédération, fabriqué jusqu'à l'époque où celle-ci se fondit dans la Ligue Achéenne.
La série fédérale de la Ligue Etolienne, à la légende AITflAnN, est également riche et fort belle comme art (4). Elle appartient à l'époque culminante de la puissance de cette confédération, dans la période historique entre les premiers successeurs d'Alexandre et la conquête romaine. On y distingue deux groupes de pièces : d'abord des statères d'or et des tétradrachmes d'argent de poids attique, que les têtes du droit, dans l'un et l'autre métal, doivent faire ranger parmi les imitations des espèces d'Alexandre le Grand exécutées avec une certaine liberté (voy. livre IV, chap. vu) ; puis des monnaies d'argent qui ont pour étalon une drachme de 5 gr. 35 et des petites pièces de cuivre qui s'y rattachent , toutes ces monnaies ayant des types allusifs à la principale légende héroïque de l' Étoile , la chasse du sanglier de Calydon.
J'ai indiqué plus haut (§ 1, 4 de ce chapitre) les raisons qui m'induisent à croire que les monnaies d'apparence
(1) Mionnet, t. Il, p. 244, n- 8-13.
(2) Mionnet, t. U, p. 244, n"* 4.
(3) Mionnet, t. U, p. 245, n- 1416.
(4) Eckhel, U iV, t. H, p. 188; Mionnet. t. II, p. 86 et 8.; Leicesler Warren, p. 50 et s.
républicaine au nom des Épirotes (1) ont commencé h être frappées aussitôt après Pyrrhus, quand les derniers descendants de la dynastie des Éacides occupaient encore le trône de ce pays, mais n'exerçaient qu'une autorite très-limitée dans son pouvoir. S'il en était ainsi, et l'absence de toute pièce royale de TÉpire postérieure à Pyrrhus est de nature à le faire penser, les Épirotes auraient possédé une monnaie nationale commune, émise au nom du peuple, dès avant la révolution qui abolit chez eux la royauté pour y substituer une république plus unitaire que fédérative, entre 239 et 229 av. J.-C. Ils n'eurent donc qu'à la continuer dans le nouvel état de choses, jusqu'au moment de leur soumission à la puissance romaine. Dans le midi de Tltalie, vers Tépoque de Pyrrhus, nous voyons cesser tout monnayage d'argent des villes du Bruttium ; il est alors remplacé par les abondantes pièces d'or, d'argent et de cuivre portant le nom national des Bruttiens, BPETTIflN (2). Ces monnaies attestent la formation d'une ligue avec monnayage fédéral, qui se maintint jusqu'après la guerre d'Hannibal et sur laquelle les historiens restent muets (3).
S. Dans toutes les confédérations dont nous venons de passer rapidement en revue les monuments numismatîques, les cités, en constituant une autorité commune pour les choses de la guerre et pour T administration de
(1) Eckhel, D iV, t. II, p. 100 et s.; Mionnet, 1. 1, p. 47 et s.; Leicesler Warren, p. 16 et s.
(2) Eckhel, D N, 1. 1, p. 166 et s.; Mionnet, 1. 1, p. 179-186.
(3) Mommsen, U R, t. T, p. 127-132.
certains intérêts généraux, se réservaient la plénitude de leur souveraineté politique et législative dans tout ce qui était de leurs affaires intérieures. De même, en créant une monnaie fédérale commune, elles n'abdiquaient pas leur droit antérieur de monnayage particulier, où elles trouvaient une source de bénéfices (1). Aussi presque partout, à coté des produits des émissions fédérales, trouvons-nous ceux d'un monnayage municipal contemporain, et quelquefois très-développé. Toutes les cités de la Ligue Béotienne ont eu leurs monnaies particulières à leur propre nom, en même temps que se frappaient les pièces fédérales de Tâge antérieur à Alexandre, monnaies taillées sur le même pied et présentant de même toujours au droit Temblème commun de la nation, le bouclier béotien (2). Dans la Ligue Arcadienne organisée par Lycomède, l'existence du monnayage distinct des villes à côté du monnayage commun au nom de la confédération est aussi la règle générale. La création de la Ligue et la fondation de Mégalopolis marquent même, comme Ta très-bien mis en lumière M. Leicester Warren (3), une date capitale pour l'histoire de l'art monétaire dans le Péloponnèse (voy. livre IV, chap.i) ; c'est un moment d'expansion et de progrès qui se traduit par la fabrication dans beaucoup de villes arcadiennes de statères d'argent, de poids éginétique comme ceux qui portent le nom des Arcadiens confédérés, statères offrant avec ceux-ci la plus étroite analogie de style (livre VI,
(1) Voy. Leicester Warren, p. 9.
(2) Une liste, non tout à fait complète, des villes dont on a de ces monnaies, a été donnée par M. Leicester Warren, p. 27; cf. Imboof-Blumer, Zur Miin%kundt und Paléographie Buo/reiw, Vienne, 1873.
chap. IV, § 1). Il n'est pas jusqu'à la ville fédérale, sîége de l'atelier monétaire commun, Mégalopolis, qui n'ait en même temps sa monnaie municipale. Elle frappe des quarts de statères d*argent ou trioboles exactement semblables à ceux de la Confédération, sauf qu'ils ont en légende MEf au lieu du monogramme des lettres APK (1); beaucoup d'exemplaires unissent, du reste, le monogramme consacré de la Ligue à la légende propre de la ville, et cette association est presque constante sur les cuivres au nom de Mégalopolis (2), soit sur ceux qui ont au revers Pan assis (3), soit sur ceux qui y ont un aigle sur un foudre (*) .
Thyrréôn était le siège du conseil de la Ligue Acamanienne (5) ; c'est là qu'elle devait avoir son hôtel des monnaies. Mais de cet hôtel, comme à Mégalopolis, en même temps que les espèces fédérales, sortaient des monnaies municipales d^argent, exactement semblables comme types et comme poids à celles de la Ligue, sauf que c'est le nom de la ville qui y est inscrit en légende (6). L'abondante série de bronze de la ville des Œniades (7) a vu le jour au temps où cette cité appartenait à la Ligue Âcamanienne et n'avait pas encore passé à celle des Étoliens. En effet, comme marque d'adhésion à la confédération natio-
(1) Mionnet, t. H, p. 249 et s., n- 37-42.
(2) Leake, Numism, hellen.^ European Greece, Suppl. p. 133.
(3) Mionnet, t. II, p. 230, n« 44; SuppL t. IV, p. 281, n» 35.
(4) Mionnet, Suppl. t. IV, p. 281, n« 36.
(5) Polyb. IX, 3, 4.
(6) Mionnet, t. II, p. 83 et s.
(7) Mionnet, t. n, p. 84 et 8.; Suppl. t. lU, p. 470 et 8.
nale, toutes les pièces en question portent nn monogramme, composé soit des lettres AKAP, soit simplement de AK, ou bien un A, au-dessous de la tête de taureau à face humaine du fleuve Achéloos (1). Cette tête elle-même doit être considérée comme un type fédéral, car nous la Yoyons apparaître sur certaines pièces de cuivre frappées à Leucade (2) , lesquelles marquent la période de temps assez courte où cette ville appartint à la Confédération Acarnanienne ; elle y est encore accompagnée des lettres AK en monogramme (3). Dans la riche suite des monnaies d'argent de Leucade, dont la fabrication avait commencé plus anciennement, cette période d'adhésion à la Ligue est indiquée, non par un changement des types qui restent immobilisés, mais par Tinscription du monogramme des lettres AK dans le champ du révère (4) .
A part ApoUonie (5), qui, d'après sa situation, devait être plutôt à l'origine une ville des Locrieus Ozolcs et qui n'a dû appartenir à TEtolie qu'assez tard (6), aucune ville de TEtolie propre ne nous ofire de monnayage municipal parallèle au monnayage fédéral, ce qui s'accorde bien avec le Cîiractère de la constitution de ce pays, ligue de tribus plutôt que de cités. Mais au moment de la puissance cul- Ci) Leicester Warren, p. 16.
(2) Mionnet, Suppl. t. lU, p. 466, n'' 86.
(3) Ce type aurait encore été celui des monnaies d'argent de Strates avant que cette ville passât aux Étoliens, si la pièce dans Mionnef, Sëppl, t. ni, p. 472, est authentique et bien décrite.
(4) Leicester Warren, p. 16.
(5) Mionnet, t. H, p. 88, n^" 20.
(6) Au temps où Tite-Live (XXVIU, 8) la mentionne, cette ville était étolienne.
m LA MONNAIE DANS L'ANTIQUITÉ
minante de la Confédération des Etoliens, vers T époque de leur guerre contre la Ligue Achéenne, les habitants d'un certain nombre de localités étrangères à l'Étolit propre, ceux d'Amphissa (\) et de Thronion en Lo* cride (2), ainsi que les Œtéens (3) et les JEnianes (4) dam le midi de la Thessalie, proclament leur adhésion au pacfe fédéral en frappant des bronzes à leurs propres noms, mai au type de ceux de la Confédération. C'est de la mêmi façon que nous avons vu tout à l'heure Bottiée de Chalci dique indiquer son inscription dans la Ligue Olynthienm ou Chalcidienne.
Au temps de la guerre entre les Achéens et les Etolieni et de celle des Romains, dont les Etoliens étaient alor alliés, contre Philippe V de Macédoine, les Achéens de 1; Phthiotide formaient une petite confédération, cliente d celle des Etoliens et souvent confondue avec elle, mai pourtant en droit distincte. Elle ne paraît pas avoir eu d monnaie fédérale commune; mais nous possédons de pièces de bronze frappées à cette époque dans les villes d Thèbes (5) et de Larisse en Phthiotide (6). Les types ; sont divers et purement urbains, les légendes celles de villes; mais toutes ces pièces ont en commun la présenc dans le champ du revers d'un monogramme formé de lettres AX, initiales du nom des Achéens (7). C'est li
(l)Mionnet, t. Il, p.90, n° j.
(2) Mionnet, t. U, p. 93, n« 29.
(3) Mionnet, t. H, p. 19, n- UO et 141.
(4) Mionnet, Suppl. t. Hï, p. 278, n» 12] .
(5) Mionnet, Suppl. t. UI, p. 528, n" 150.152w
(6) Friediaender, Archœol. Zeit. 1869, p. 100. <7) R. Weil, Zeitschr. f. Numim. t. I, p. 175.
Résignation de la ligue par un monogramme qui tient sur la monnaie une place secondaire, comme nous Tavons vu sur les pièces de Mégalopolis d'Arcadie et sur celles de plusieurs des villes comprises dans la Confédération Acarnanienne. De la même façon, Démétrias, chef-lieu de la Ligue des Magnètes (1), formée sous les auspices des Romains, quand elle frappe, à côté des monnaies fédérales dont nous reparlerons dans le § suivant, des espèces d'argent municipales portant le nom de ses habitants, AHMH- TPIEÛN (2), y inscrit en même temps un monogramme dont la décomposition peut fournir les lettres MA.
6. Il semble que, dans certains cas, les villes faisant partie d'une confédération nationale ne se soient pas bornées à maintenir leur droit à la fabrication d'un monnayage particulier, parallèlement au monnayage fédéral. Poussant à Fextrême le principe de la conservation de leur souveraineté propre dans sa plénitude, elles prétendaient quelquefois avoir le droit de former entre elles des unions séparées et plus intimes, dans le sein même de la confédération. C'est le droit de Sonderbund^ que certains des cantons souverains de la Confédération Suisse revendiquaient encore en 1846 et 1847. Quelques faits numismatiques paraissent se rapporter à des ligues temporaires de ce genre, entre cités normalement comprises dans une plus grande confédération. Dans les environs de 300 avant Jésus-Christ (d'après les indications du style), nous rencontrons en Béotie au moins six villes, Haliartos, Léba-
(l)Tit.Liv.XXXV, 31.
(2) Mionnel, t. H, p. 10, n» 78.
dée, Orchomène, Platées, Tanagra et Thespîes, qjiî frappent des monnaies de bronze absolument identiques, ayant au droit le bouclier béotien, au revers le nom de lau ville en abrégé, au milieu du champ sans aucun type^ Toutes ces pièces sont si semblables entre elles, qu'il est difficile de ne pas y reconnaître les monuments d'un^ union monétaire parfaitement caractérisée et même de n<^ pas les croire fabriquées dans un atelier commun (1). Ompeut comparer à ce fait celui qui se produisit dans Ijw Suisse en 1825, lorsque les sept cantons de Berne, Lucerne, Fribourg, Soleure, Bâle, Argovîe et Vaud s' unirent par un Concordat, en dehors de toute participation de» autorités fédérales, pour la fabrication d'une monnaie commune. Celle-ci portait d'un côté, avec le millésime et la marque de la valeur, les armes et le nom d'un des cantons concordataires, de l'autre la croix fédérale avec un C au centre et autour, en légende, LES CANTONS CONCORDANTS DE LA SUISSE sur les pièces des cantons de langue française, DIE CONCORDIER CANTONE DER SCHWEIZ sur celles des cantons de langue allemande. Quel que fût le canton dont elles portassent le nom, ces espèces avaient cours légal dans tout le territoire corcordataire, et elles furent frappées dans deux hôtels de monnaies seulement, Berne et Lausanne, d'après une proportion réglée à Tavance pour chaque canton (2). Il est vrai d'ajouter qu'à cette époque la Suisse ne possédait pas encore de monnaie fédérale, mais seulement les monnaies distinctes des cantons, taillées sur des pieds fort divergents.
Du reste, la ligue séparée des villes béotiennes, au
(i) Leicester Warren, p. 10 et 35 et s. (2) E. Lehr, Rev. mm. 1874, p. 29 i et s.
nombre de six au moins, dont Texistence est révélée par les monnaies dont nous venons de parler, se produisit dans des conditions historiques toutes particulières. Quatre des villes qui la composaient, Platées, Thespies, Tanagra et Orchomèiie, avaient été détruites par Thèbes au moment de sa plus grande puissance et relevées de leurs ruines par Philippe de Macédoine. C'est bien évidemment soos les auspices des rois de Macédoine que leur union particulière se forma pour tenir tête à l'ancien parti thébain, soit pendant le temps où Thèbes, ruinée à son tour par Alexandre, n'existait plus, soit quand Cassandre la rebâtit, en 314.
On a cru pouvoir rapporter aux derniers temps de l'existence de la Confédération Béotienne une autre pièce de bronze, qui aurait uni les deux noms de Délion et de Tanagra (1); mais cette monnaie n'appartient pas à la Béotie, elle est en réalité de Teranos d'Éolie, et sa légende doit être lue AHjx.ou TAp/wv. Au reste, tout monnayage de Délion, de quelque date qu'il soit, est plus que douteux (2).
Nous parlerons dans le § suivant des monnaies fédérales de la Ligue Lycienne, qui appartiennent, en effets à l'époque de la prédominance exclusive des Romains. Mais il me paraît utile d'indiquer dès à présent, pour grouper tous les exemples d*un fait rare et réellement singulier, que dans le monnayage de cette Confédération, vers la fin de son existence, nous constatons des unions séparées de villes soumises au pacte fédéral. Toutes celles de ces
(1) Mionnet, t. U, p. 104, n» 73.
(2) Imhoof-Blumer, Numimat. Zeitschr. de Vienne 1871 , p. 326-
unions dont on relève aujourd'hui la mention numis matique convergent autour de la ville de Cragos , qu marque sa ligne particulière avec Tlos , Xanthos , Telmessos et Myra sur des pièces d'argent ou plus souven de cuivre (1), où est mentionné en même temps le non de la Confédération Lycienne (2). Les inscriptions de h Ljcie paraissent mentionner aussi des unions séparées di même genre sous le nom de aru[JL7co^iT£uo[JLevoi $^p.oi (3). Ai reste, comme Ta remarqué M. Waddington (4), « les méc( dailles lyciennes, qui portent l'indication d'une allianci <c entre deux villes, paraissent appartenir au siècle d'Au- (( guste (5), époque à laquelle Tancienne Confédératioi (i Lycienne commençait à tomber en décadence^ pai a suite de discordes intestines, qui lui firent finalemeni (( enlever son autonomie par l'empereur Claude, et doni c( ces alliances partielles de ville à ville furent peut-êtr< (( le germe. »
7. Quelques-unes des confédérations grecques les plui fameuses dans l'histoire n'ont pas eu de monnaie fédérale. Ç*a été généralement le cas des simples symmachieSy
(1) Waddington, Rev, nwn. 1853, p. 93; Leicester Warren, p. 41.
(2) La pièce d'argent unissant les noms de Cragos et de Tlos ne porte pas toujours la mention des Lyciens : Rtv. num. 1843, pi. XVU, n"" 14.
(3) Le Bas- Waddington, Voyage en Grèce^ Inscriptions de lAsie Mineure, n«* 1290 et 1292.
(4) Rev. num. 1853, p. 93.
(5) La pièce d'argent qui réunit les noms de Cragos et de Tlos doit être pourtant un peu antérieure à Auguste, sous qui la Ligue Lycienn( abandonna l'ancienne taille rhodicnne de ses monnaies d'argent, poui Hdopter celle du denier.
formées par des cités réparties sur une vaste étendue de territoire en vue de se défendre contre les entreprises d'an ennemi ambitieux. Il j avait alors alliance d'États qui n'abdiquaient et ne mettaient en commun aucune partie de leurs prérogatives de souveraineté , se promettant seulement assistance mutuelle ; il n*y avait pas à proprement parler une confédération ayant pour lien un pouvoir fédéral réel. On n'allait pas plus loin dans cette voie que la création d'un ouve^piov des alliés^ destiné à servir de conseil de guerre pour des opérations communes et dans certains cas de tribunal arbitral dans les différends entre les cités alliées. Le pacte constitutif de la deuxième Ligue Athénienne , dont le texte nous a été conservé par une inscription (1), montre avec une grande netteté quelles étaient les conditions des symmachies de ce genre, et l'on y voit comment elles ne pouvaient pas donner lieu à la création d'une monnaie commune. Aussi ne connaissonsnous qu*un groupe de monnaies que Ton puisse qualifier proprement de symmachiques^ en les distinguant des monnaies fédérales. Ce sont les pièces d'argent frappées par plusieurs villes d'Asie Mineure alliées après la bataille de Cnide, dont il a été question plus haut (sous le chiffre 3 dans ce §). Encore y avons-nous vu, au sein de la symmachie générale, une union monétaire spéciale, restreinte à plusieurs villes, tandis que les autres cités alliées monnayent leurs espèces diaprés leur système particulier, en se bornant à adopter toutes le type symbolique de l'Hercule étouffant les serpents.
Dans d'autres cas, lorsque la confédération n'a été en réalité que la domination effective et fort lourde d'une cite
(1) Corp. ifwcr, attk. t. H, n** 17.
prépondérante, jalouse du pouvoir, avide des bénéfices financiers que lui assurait la direction de la ligue, transformant en tributaires et en sujettes les autres cités, nominalement ses alliées, la ville dominatrice s'est bien gardée de créer une monnaie fédérale dont les profits auraient dû être mis en commun. Au lieu de créer ainsi une concurrence à sa propre monnaie, c'est celle-ci que, dans un intérêt égoïste, elle a tenu à développer, en imposant à tous ses sujets de la recevoir. C'est ce qui s'est passé dans la première Ligue Athénienne^ dans la Confédération de Délos^ dont le régime oppressif souleva, lors de la guerre du Péloponnèse, tant d'ennemis contre Athènes parmi ceux qui auraient dû être ses alliés naturels. Non-seulement cette Confédération n*eut jamais de monnaie commune, mais nous constaterons d'une manière positive, lorsque nous étudierons en détail le monnayage des villes grecques de TAsie Mineure entre les Guerres médiques et le temps d'Alexandre (livre VI, chap. iv, § 3), que Tépoque de la suprématie athénienne est précisément dans cette contrée celle de la plus grande divergence de ville à ville dans les tailles monétaires. Ainsi que nous l'avons dit tout à rheure, cette diversité des monnaies produisait d'un marché sur l'autre de telles complications de change, que le commerce avait été conduit à adopter les tétradrachmes d'Athènes comme une monnaie internationale, à valeur fixe , partout recherchée. Les Athéniens n'auraient eu garde de pousser les villes de leur empire dans les voies de l'unité monétaire, de faire cesser un état de choses qui assurait à leur propre monnaie un succès exceptionnel et une large exportation, leur procurant ainsi de si beaux bénéfices dans l'exploitation des mines du Laurion et dans la fabrication des espèces monnayées. Ils favorisé-
rent donc la variété des étalons des monnaies locales et entravèrent toutes les tentatives pour s'y soustraire, tant que dura leur suprématie. C'est seulement après Técroulement de leur empire que nous voyons se former entre les villes qu^ils avaient dominées des unions monétaires dans le genre de celle des hectés d'électrum ; c'est même seulement après la paix d*Ântalcidas, et sous les auspices du gouvernement perse, que se produit dans un grand nombre de villes de l'Asie Mineure un mouvementtrès-sensible vers l'unification de l'étalon monétaire, mouvement qui se traduit par l'adoption du pied de l'argent rhodien (1).
Aureste, une des grandes préoccupations de la politique financière d'Athènes a été de développer l'exportation de la monnaie d'argent, où elle trouvait une de ses meilleures 80urcesderevenus(voy.liv.Vl, chap. IV, § 1). C'est ti ce point de vue qu'elle régla la situation de ses colonies sous le rapport monétaire, au moins de celles qu'elle établit pendant la période de sa plus grande puissance. A d'autres époques de l'histoire grecque, nous voyons certaines cités en possession d'une domination extérieure étendue, comme Rhodes, qui permettent et favorisent le monnayage de l'argent chez leurs sujets. Ainsi, pendant le temps où Rhodes eut la souveraineté de la Lycie, entre 188 et 168 av. J.-C, la plupart des villes lyciennes furent admises à frapper de petites pièces d'argent aux types rhodiens, où elles inscrivaient leurs noms au lieu de celui de Rhodes, et même quelquefois deux de ces noms en union monétaire (2) . Il est probable que la ville souveraine devait percevoir un droitsurled bénéfices de ce monnayage de ses sujets. Au
(1) Yoy. Brandis, p. 223 et s.
(2) LoDgpérier, Rev. num. 1810, p. i05et s.; Leicester Warren, p. 37.
contraire, lorsque Ton étudie les suites des monndes d'Ëgine, deNaxos et de Mélos, il est facile de constater que la fabrication des pièces d'argent, abondante jusque-là, cesse brusquement avec rétablissement des cléruques athéniens entre lesquels on partage le sol enlevé aux anciens habitants. La nouvelle population des colons athéniens n'émet que des pièces de cuivre (1). Ces faits sont si bien caractérisés, qu*ils me paraissent révéler un principe suivi par Athènes à T égard des territoires qu'à cette époque elle réduisit à Tétat de colonies : interdiction de tout monnayage d'argent pour ne se servir que des espèces de la mère patrie dans ce métal, permission de frapper seulement de petites monnaies d'appoint en cuivre (2).
(1) Sur les monnaies de bronze des cléruques athéniens d*Égine, qui marquent une date importante dans Thisloire du monnayage de la Grèce, voy. livre VI, chap. iv, § 6.
(2) La question de la limite dans laquelle, chez les Grecs, le droit monétaire était laissé à une ville dépendant politiquement d'une autre, est encore fort obscure et réclamerait une étude spéciale. Il ne paraU pas, du reste, y avoir eu de principes fixes à ce sujet, et les faits ont varié suivant re>prit de la politique des cités. Quelquefois la ville souveraine supprime tout monnayage de la part de la ville dépendante; d'autres fois elle la restreint à ne frapper que des espèces de cuivre. Il y a des cas où elle se réserve la fabrication exclusive des pièces d'argent les plus fortes, ne laissant à la ville soumise à son autorité que l'émission de très-petites pièces divisionnaires de ce métal ; c'est ce que nous observons à Héraclée de Lucanie, dans les temps assez anciens où elle dépendait politiquement de Tarente, et plus tard chez les Pitanates, colonie des Tarentins dans le Sdmnium, toujours subordonnée poliiiquement à la mère patrie (Mommsen, i/ /?, t. I, p. 145 et 169). Enfin il est des cas où la ville dé* pendante jouit de la plénitude du droit monétaire et frappe des monnaies de môme valeur que celles de la ville dominante, en moins grand nombre seulement. Citons Âstyra, dont les pièces d'argent égalent celles de Rhodes, sa métropole, dans le commencement du iv* siècle (Brandis, p. 486), et Crénides, dépendance de Thasos, qui pendant sa courte existence a frappé, avec l'or de ses mines, des monnaies désignées par leur
A l'époque où la prépondérance de Thèbes, sous l'impulsion du génie militaire et politique d'Epaminondas et de Pélopidas, absorba presque complètement la Confédération Béotienne, transformant en véritable domination Thégémonie qui avait presque toujours appartenu à cette ville, nous Yoyons la proportion du monnayage fédéral diminuer très-notablement et la masse du monnayage municipal de Thèbes s'augmenter de façon à en dépasser de beaucoup l'importance (1). La numismatique exprime ainsi sous une forme sensible la position nouvelle prise par la ville de Cadmus. De même qu'à ce moment, dans le langage des historiens, TAéftam devient le synonyme de Béorten et l'expression la plus souvent employée (2), Thèbes, désormais maîtresse du pays jusqu'à sou abaissement par Philippe et sa ruine par Alexandre, développe la fabrication de sa propre monnaie, dont elle a seule les profits, aux dépens de la monnaie fédérale, dont il eût fallu les partager avec les autres confédérés. C'est à ce moment qu'elle se met à frapper des espèces d'or à son propre nom (3), tandis çu'aucune n'a jamais été fabriquée au nom de la Ligue.
8. J'ai réservé le groupe nombreux des monnaies de la Ligue Achéenne pour en parler séparément. C'est le monnayage fédéral le plus important de la Grèce et le mieux organisé, de même que la Confédération qui l'a émis fut la
légende comnae celles des Thasiens du continent, GAZIHN HP El PO (ïionnet, t. I, p. 433, no 12).
(1) Leicester Warren, p. 8 et 24.
(t) Yoy. Freeman, History of fédéral govemment^ p. 160 et s.
(3) MioDoet, SuppL t. UI, p. 523 et s., n^ 117 et 118; Catal. Th, Tho- Ml, n- 1419 et 1420.