‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 8 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

plus parfaite, la plus homogène, celle qui sut le mieux concilier la souveraineté que gardaient, chacune chez elle, les cités confédérées, avec l'existence d'un pouvoir fédéral commun vraiment fort, exerçant une autorité effective. La supériorité de la Ligue Achéenne sur tous les autres essais de fédération tentés jusqu'alors chez les Grecs se traduit dans sa numismatique . Elle nous fait pénétrei dans les rouages intimes de cette Confédération si bien constituée^ qui eût pu sauver Tindépendance de la Grèce si elle s'était formée plus tôt et si des jalousies aussi coupables que mesquines ne l'avaient pas contrecarrée, mais qui du moins parvint Ji jeter un dernier éclat sur Tagonie de la nationalité hellénique. Le pacte fédéral des Achéens, remontant aux premiers et modestes débuts de leur Ligue, mais auquel durent adhérer toutes les villes qui s'y agrégèrent par la suite, établissait l'unité de poids, de mesures et de monnaies, comme de législation civile et criminelle, dans tout le territoire de la Confédération, de même qu'en respectant la souveraineté des villes il leur imposait, pour être admises comme confédérées, d'adopter un même type de constitution, avec les mêmes magistrats (1) ; c'était le moyen d'éviter les déchirements que l'antagonisme entre les cités démocratiques et aristocratiques avait produits dans les Confédérations grecques antérieures. Au début, la monnaie fédérale — on ne possède qu'un petit nombre de spécimens de cette époque (2) — se composait de drachmes d'argent et de petites pièces de cuivre, ayant les unes et les autres, d*un côté la tête de

(1) Polyb. n, 37.

(2) Cousinéry, MonnaUi de la Ligue Achietmet !'• part. pi. I, n* 1; Zeiischr. f. Num. 1. 11, p. 138 et 246.

Jupiter, de Tautre, dans une couronne d'olivier, un grand monogramme composé des lettres AX ; il n'y a rien de plus, aucune indication de ville, aucune mention de magistrat; les pièces ont été évidemment frappées dans un atelier unique, servant pour toute la Confédération. Cette forme donnée au numéraire fédéral était la plus convenable à l'époque où la Ligue se bornait aux petites villes de richaïe propre , trop peu importantes pour avoir chacune sa monnaie et qui trouvaient économie à frapper les espèces en commun pour partager les bénéfices comme elles avaient partagé les frais. Mais il fallut adopter une autre combinaison, à partir de l'époque d'Aratos, quand la Ligue s'étendit à la plus grande partie du Péloponnèse et même à quelques territoires au delà de l'isthme, englobant des cités riches et puissantes, qui n'auraient ^as renoncé facilement au droit de monnayage qu* elles exerçaient de longue date.

U importait de ne pas admettre, ce qui avait eu de grands inconvénients dans les anciennes Ligues, la fabrication par les dificrentes cités confédérées de monnaies municipales parallèlement aux monnaies fédérales, y faisant concurrence, encombrant la circulation et y portant souvent le trouble, car l'exactitude du poids et du titre de ces monnaies municipales échappait au contrôle des autorités centrales de la Confédération. On y parvint par une ingénieuse combinaison des deux droits de monnayage loc^l et commun confondus en un seul, que réglait un concordat fédéral sous la surveillance des magistrats présidant à toute la Ligue. La monnaie fut une de poids, de titre, de valeur et de types ; mais chacune des villes en frappa chez elle une certaine quantité, en prenant pour elle les dépenses et les profits, sous la responsabilité de

ses propres magistrats, et comme marque de cette responsabilité, ainsi que comme moyen de contrôle pour les autorités fédérales, elle y plaça, à côté des types communs de la Ligue, sa marque particulière et la signature de son magistrat.

C'est sur ce principe que repose toute Torganisatîon des monnaies de la Ligue Achéenne (1). En argent, ce sont de petites pièces dont le poids flotte de 2 gr, 77, pour les plus anciennes, à 2 gr., pour les plus récentes; elles ont les mêmes types que les pièces de la première époque : au droit la tête de Jupiter, presque toujours sans légende (2), au revers le monogramme de la Ligue, composé des deux lettres AX, de grande dimension, dans une couronne d'olivier ; mais désormais ce monogramme est accompagné du symbole ou des initiales de la ville oii la pièce a été frappée, et des premières lettres du nom d'un ou de plusieurs magistrats urbains responsables, détachées ou groupées en monogramme (3), le tout de plus petite dimension (k). Les monnaies de cuivre, toutes d'une seule

(1) Sur ces monnaies en général, voy. Leicester Warren, Greek fédéral coinage, p. 44 et s.

(2) iEgion seule met quelquefois son nom tout au long du côté de la tête de Jupiter, comme pour indiquer que c'est le dieu qui a son sanctuaire dans la ville, en môme temps que c'est la ville qui a frappé la monnaie.

(3) iEgion et Élis sont seules à inscrire tout au long le nom du magistrat responsable auprès du monogramme de la Ligue, sur le revers des pièces d'argent.

(4) Sur ces monnaies, voy. Cousinéry, Essai historique et critique sur les monnaies d argent de la Ligue Achéenne, Vans , 1825. Depuis lors, il n'y a pas eu de travail d'ensemble; on trouve seulement quelques excellentes observations de détail dans les Numismaia hellenica du colonel Leake.

taille (I), ont les images des deux dieux protecteurs de la Confédération, qui avaient leurs temples côte à côte à -Egion (2), d'un côté Zeus Homagyrios debout, avec le nom du magistrat local écrit tout au long, de l'autre DéméterPanachœa assise, avec une légende qui contient le nom du peuple delà ville, précédé de Tépithète d'Achcens, qui caractérise sa soumission aux lois fédérales, par exemple AXAIflN KOPINGIflN (monnaie) des Achéens de Corinihe^ AXAIflN AAEIHN {monnaie) des Achéens d'Elis^ etc. On peut ainsi suivre sur les monnaies achéennes tous les événements qui font successivement entrer des cités nouvelles dans la Ligue, comme aussi les progrès de la politique de Philopémen tendant à diminuer les dangers qui résultaient de rimportance trop grande de certaines villes, en faisant donner par rassemblée de la Confédération les droits de cités souveraines à des localités qui dépendaient d'abord d'elles, séparant par exemple Pagae de Mégare, Aliphira, Asée,Dipée, Gortys, Pallanteion et Thisoa de Mégalopolis, Elisphasia de Mantinée, Coroné de Messène (3).

(1) Les monnaies de cuivre de la Ligue, bien plus faciles et bien plus certaines d'attribution que celles d'argent, ont été l'objet de plus nombreuses études : Sestini, Sopra le medaglie antiche relative alla con fédéra- «<me degli Aehei, Milan, 1817; Leicester Warren, The copper coimige of the Aehœan League, dans le Num. chron. 1861, p. W-9j; Finlay, Num. ckron. 18C6, p. 32 et s.; P. Lambros, Zeitschr. f. Num. t. II, p. 160 et s.

(2) Pausan. VII, 24, 1 et 2.

(3) Voici la liste des 43 villes dont on a pu jusqu'ici relever les marques ou les noms écrits en entier sur les monnaies de la Ligue Âchéenne. Pour chacune j'indique le métal dont on en connaît des pièces.

Achaîe.

iEgire (argent et cuivre). Dymé (argent et cuivre).

JSgion (argent et cuivre). Patrae (argent).

Cérynia (cuivre). Pellène (cuivre).

Les petites pièces d'argent étaient sûrement des drachmes (1); nous rechercherons plus loin l'origine de

ËUs (argent et cuivre).

Hypana (cuivre).

Coroné (cuivre).

Lacédémone (argent).

£lide.

Triphylie.

Messénie.

Messène (argent et cuivre).

Laconie.

Ârcadie.

Lusi (cuivre).

Mégalopolis (argent et cuivre).

Métbydrion (cuivre).

Pallanteion (argent et cuivre).

Phénée (cuivre). Phigalie (cuivre).

Stymphale (cuivre).

Tégée (argent et cuivre).

Teuthis (cuivre).

Ttielpuse (cuivre).

Thisoa (cuivre).

Alée (cuivre).

Aliphire (cuivre).

Antigonia-Mantinée (argent et

cuivre).

Asée (cuivre).

Caphya (argent et cuivre).

Clitor (cuivre). i

Dipée (cuivre).

Elisphasia (cuivre).

Eva (cuivre).

Gortys (cuivre).

Hérée (cuivre).

Argolide.

Argos (argent et cuivre). Epidaure (argent et cuivre).

Asiné (cuivre). Hermione (cuivre).

Qéones (cuivre). Trézène (argent).

Corinthie.

Corinthe (argent et cuivre). Sicyone (argent et cuivre).

Phlionte (cuivre).

Hégaride.

Mi^gare (argent et cuivre). Pâgae (cuivre).

Iles.

Égine (argent).

(1) Yoy. Mommsen, M R, t. I, p. 85.

leur taille si faible (livre VI, chap. iv, § 1 , et chap. Y, § 7) . Quant à celles de cuivre, quelques-unes portent la marque de valeur XI, qu'il faut expliquer par ^^yxol Jexa (1); elles avaient donc cours pour dix chalques, c'est-à-dire, avec le nombre de chalques que comprenait ordinairement la drachme h partir du temps d'Alexandre (voy. plus haut, livre II , chap. i , § 1 et 2) , un sixième de la pièce d'argent.

1 3. — Monnayage des provinces sous la République

ROMAINE

1. L'établissement de la domination romaine apporta naturellement de grandes modifications dans les principes et dans l'organisation du droit monétaire dans le monde grec. Mais il n'y supprima pas le monnayage local. En général, les Romains, surtout dansTOrient, laissèrent aux provinces qu'ils acquéraient par la force des armes, ou qui se donnaient spontanément à eux, une grande latitude d'autonomie municipale. Elle fut presque partout accompagnée de la permission de battre monnaie pour l'usage local, permission soumise, du reste, à une réglementation et à des restrictions assez nombreuses.

Nous étudions ici spécialement les vicissitudes du droit de monnayage dans le monde grec et oriental ; c*est donc surtout des monnaies grecques battues sous la suprématie de la République romaine, que nous avons à parler. Pourri il est impossible de ne pas dire aussi un mot de TOc-

(i) P. Lambros, ZeUsekr. f. Num. t. U, p. 167.

cident, car nous ne saurions, sans un sérieux inconvénient, scinder d'une manière artificielle cette partie de notre sujet, et ne pas jeter un coup d'œil d'ensemble sur les principes adoptés par le gouvernement républicain en matière de monnayage local des contrées alliées ou sujettes. Les faits seront exposés en détail, province par province, dans le livre VII, chap. m, g 6 ; ici, nous voulons seulement résumer les règles qui ressortent de leur étude.

Si Ton constate, du reste, à l'époque de la République, de nombreux faits de fabrication de monnaies locales en Occident, aussi bien qu'en Orient, on est tout d'abord frappé d'une différence profonde dans la manière dont Rome en entendit l'organisation en Orient et en Occident, non pas tant au point de vue des limites du droit laissé aux provinces et aux villes qu'au point de vue du système monétaire (1).

En Italie, en Sicile, en Sardaîgne, dans la province de Carthage, en Numidieet en Mauritanie, dans toute l'Espagne, dans les Gaules et en Dalmatie, les Romain», au fur et à mesure de l'établissement de leur domination, ne tolérèrent que la circulation exclusive de leurs deniers ou la fabrication d'espèces locales taillées siir le type du denier et de ses divisions. Tout l'ancien numéraire qui ne rentrait pas dans ce type fut démonétisé. Pour le nouveau, ou bien les ateliers municipaux ne purent plus émettre de pièces d'argent, mais seulement des monnaies divisionnaires de cuivre ramenées au système de l'as, comme en Sardaigne, en Afrique et même en Sicile ; ou bien Ton imposa, même aux rois alliés et aux cités qui continuaient de rester légalement libres et autonomes, de calquer désormais leur

(i) Voy. Mommsen. MR, t. HI, p. 433.

numéraire d'argent sur les étalons romains. C'est ainsi que les monnaies de ce métal des rois de Mauritanie, des villes deTEspagne entre 206 et 113 av. J.-C, ainsi que d'Apollonie d*Illyrie après 2î29(l), sont des deniers; celles de Dyrrhachion à partir de la même époque et celles de Massalieàdater delà seconde guerre punique (voy. livre VI, chap. vil, §2), des victoriats (voy. livre VII, chap, m, § 4); enfin celles des chefs gaulois depuis César jusqu'à Torganisation des trois provinces par Auguste,desquinaires. Dans toute cette partie des domaines de Rome, il n'y avait donc qu'une seule forme de monnaie d'argent en circulation. Les monnaies locales n'avaient pas pour cela cours légal en dehors du territoire pour lequel elles avaient été fabriquées, mais elles purent continuer à y circuler, comme deniers et divisions du denier, longtemps après que la permission de les fabriquer eut été retirée (2) .

En Orient , au contraire , Rome ne voulut, pas faire violence à des habitudes établies depuis des siècles, en imposant l'adoption de l'étalon du denier. Elle se borna à assurera sa propre monnaie d'or et d'argent cours légal, etdans des conditions avantageuses, parmi toutes les provinces sujettes et les pays alliés. Un des premiers soins de l'administration romaine fut donc, dans les diverses contrées de l'Orient, d'établir pour la région un tarif fixant la valeur réciproque des anciennes monnaies indigènes et du denier, tarif d'après lequel les transactions devaient se régler et qui avait toujours un caractère léonin en faveur du numéraire de la République souveraine. C'est

(OMommsen, M R, t. II, p. 92.

(2)Pour les faits qui le prouvent par rapport aux deniers espagnols, voy. Mommsen, M R, i. III, p. 245.

ainsi qu'en Grèce la drachme attique fut assimilée au denier (1) ; dans la province d'Asie Mineure, tous les anciens tétradrachmes grecs, quel qu'en fût le poids, furent tarifés à 3 deniers (2); dans la Syrie, au contraire, Pompée en fixa la valeur h 4 deniers (3). De cette manière s'établirent un certain nombre de circonscriptions monétaires, dont les limites ne coïncidaient pas toujours avec celles des provinces, circonscriptions dans chacune desquelles un tarif particulier déterminait le rapport légal entre la monnaie indigène et le denier romain (4). Ceci établi, on laissait les anciennes monnaies existant dans la circulation y demeurer avec la nouvelle valeur qu'on y avait imposée, en se fiant à la force des choses pour que celles à qui le tarif était par trop désavantageux prissent rapidement le chemin du creuset et fussent remplacées par la monnaie romaine. Quant aux nouvelles monnaies dont on permettait la fabrication, elles continuèrent à être taillées d'après les systèmes grecs ; mais on n'y admit plus que la drachme conforme au tarif régional, c'est-à-dire celle des diverses unités grecques qui se trouvait dans un rapport déterminé avec le denier romain. Ainsi, dans la province d'Asie, on interrompit toute fabrication de tétradrachmes de poids attique, pour ne plus laisser faire que des cistophores (voy. livre VI, chap, iv, à ce mot), dont le poids se rapprochait en efiet de celui de 3 deniers romains, valeur pour laquelle ils étaient tarifés. En Syrie, Pompée

(1) Mommsen, M R, 1. 1, p. 96 et s.

(2) Mommsen, M R, 1. 1, p. 64 et 8., 98 et s.

(3) Mommsen, 1/ /{, t. I, p. 46 et s., 97 et s.

(4) Sur les textes qui nous font connaître les principaux de ces tarifs et leur explication, voy. Mommsen, M R, 1. 1, p. 35 et 9.

fit cesser rémission des tétradrachmes de pied phénicien à Sidonet à Arados (1), parce que ces monnaies, avec une valeur de 4 deniers, auraient eu un poids plus faible, que leur tarif de circulation eût été désavantageux à la monnaie romaine ; en même temps, sous les auspices des gouverneurs romains, on se mit à fabriquer à Tripolis et à Arados des pièces de poids attique (2), combinées de telle façon que leur drachme fût un peu plus pesante que le denier romain, qui légalement lui était équivalent (voy. livre VI, chap. v,§ 5). Le principe adopté parles Romains en pareil cas, afin d'assurer un avantage à leurs espèces, était d'imposer de tenir la monnaie locale un peu au-dessus de la monnaie romaine comme valeur intrinsèque et de recevoir au même cours le denier, réellement inférieur. C'était, du reste, pour sa valeur en drachmes grecques, déterminée par ces tarifs léonins, que la monnaie romaine circulait dans les provinces orientales ; car nous savons par des témoignages positifs que, jusqu'à l'Empire, les comptes officiels eux-mêmes s'y faisaient en drachmes et deniers (3).

(1) EckheU D N, t. HI, p. 393. — On ignore par quelle raison et en Tenu de quel privilège Tyr fut, au contraire, admise à continuer la fabrication de ses tétradrachmes sur l'ancien pied, laquelle se maintint jusqu'en 1B3 de 1 ère lyrienne, 57 ap. J.-C. Il est probable que les tétradrachmes municipaux de Tyr ne furent pas reçuà au droit de circulation libre dans la province de Syrie d'après les données du tarif de 4 deniers, mais qu'ils furent traités en monnaie étrangère, soumise au change, en dehors du territoire même de la ville.

(2) Mommsen, J//{, 1. 1, p. 47.

(3) L'an 711 de Rome, on comptait encore en Syrie par tétradrachmes : Cic. Ep. ad fam. XII, 13, 4.

% Au point de vue du droit monétaire, comme du dro public, il importe de distinguer dans le système romai les alliés des sujets. Sans doute, dans le fait, les privilég de la qualité d'alliés n'étaient que nominaux ; si ceux qi Ton avait admis à ce titre dans la clientèle de la Ville été nelle étaient libres de droit et nominalement souveraii chez eux, cette souveraineté était rendue dans la pratiqi tout à fait illusoire, réduite à une simple autonomie mi nicipale, et les alliés se trouvaient, eux aussi, des sujet Pourtant, au point de vue monétaire, ils paraissent avo bien eu le droit général de frapper la monnaie d'argen en vertu de leur position légale plutôt encore que d'ui autorisation particulière. C'était pour leur enlever ( droit, toujours soumis, du reste, à une surveillance et une réglementation, non pour le leur donner, qu'il falla une décision spéciale.

La plupart des villes grecques, d'Occident ou d'Orien que nous savons avoir joui du titre de libres et autonome tout en étant enclavées dans des provinces romaines, uoi offrent, pendant cette période de leur histoire, un moi nayage d'argent, d'apparence pleinement autonome, qi pour quelques-unes se continue jusqu'à l'établissement c TEmpire. On peut citer entre autres, dans ce genre, h séries de Massalie^ d'ApoUonie et de Dyrrhachion en Uh rie, d'Athènes (1), d'Alexandria Troas, de Chios, de Rh(

(1) L'époque où cessa la fabrication des tétradracbmes d'Athènes e encore fort difficile à déterminer. M. Mommsen (M R, t. III, p. 28 pense que la ville perdit le privilège du monnayage de l'argent lors < sa prise par Sylla; Beulé (Monnaies d Athènes, p. 100 et s.)» que ce drc a dû se maintenir jusqu'à Auguste. C'est l'opinion à laquelle nous incl nerions le plus volontiers, car nous croyons y retrouver, parmi les m gistrats monétaires, des personnages postérieurs à Sylla, entre autres Thémislocle, qui fut daduque d'Eleusis vers 55 av. J.-C.

des, de Tyr, de Trîpolis de Syrie et d'Arados. Il faut y joindre celle de Sidé de Pamphylie, ville dont aucun texte littéraire ne détermine la position légale, ressortant seulement de la numismatique. La fabrication des tétradrachmes de Sidé, à la tête de Minerve avec une Victoire au revers (1), s'est prolongée jusqu'à l'époque du second triumvirat (2), puisque, lorsque Marc-Antoine eut donné la Pamphylie à Amyntas, roi de Galatie, celui-ci la continua encore sans autre changement que Tinscription de son nom royal (3). La circulation de ces tétradrachmes de Sidé comme monnaie provinciale paraît avoir été tolérée dans toute l'étendue de la Pamphylie (4), dont la situation resta fort indécise et flottante jusqu'en 25 avant Jésus- Christ, où elle forma définitivement une province avec la Galatie. Mais ils n'étaient reçus dans la province d'Asie qu'après avoir été poinçonnés d'une contremarque qui les assimilait au cistophore (5), bien inférieur de poids, qui en faisait dans cette province l'équivalent de 3 deniers romains, tandis qu'en Pamphylie ils en valaient quatre.

A plus forte raison que lorsqu'il s'agit des simples cités déclarées libres et autonomes, le droit de monnayage de l'argent et du cuivre appartenait librement aux pays que les Romains, en attendant de les réduire plus tard en prêtées, organisent en Confédérations nominalement libres, sous leurs auspices et leur protectorat. T. Quinctius Fiait) Brandis, p. 496.

(2)Bargon, iVum. chron, t. VHI) p. 82 et 8.; Momms^n, M R, t. I, p. 99.

(3; Borrell et Burgon, Num, chron. t. YIU, p. 62 et s.

(4) Mommsen, M R, t. m, p. 310.

(5) Pinder, Ueber die CUtophoren, p. 552, pi. I, n<^ 31.

mininus, que sa politique phîlhellénîqiie ait été de bonne foi ou n'ait caché qu'un piège, fut le plus grand créateur de Confédérations de ce genre, après sa victoire sur Philippe V de Macédoine. Nous avons des monnaies d'argent de toutes celles qu'il établit au nord de la Grèce (1), des Thessaliens (2), desPerrhèbes (3), des Magnètes (4), des Eubéens (5) . Ce sont des espèces fédérales émises en commun au nom du peuple; mais, chez les Magnètes, la capitale, Démétrias, produit en même temps un monnayage d'argent (6). Toutes ces Confédérations, de même que celles qui avaient une existence plus ancienne dans la Grèce propre et dont le monnayage fédéral nous a occupés au § précédent, furent dissoutes par les Romains lors de la prise de Corinthe et de la formation de la province d'Achaïe; h fabrication de leurs monnaies ne dura donc que cinquante-

(1) Til. Liv. XXXm, 32; Polyb. XVHI, 29, 5.

(2) Caveioni, Spicilegio numismalico^ p. 56; F. Lenormant, Rev. num i852, p. 211 et 8.; Leicester Warren, Greek fédéral coinage, p. 20 et s. R. Weil. ZeUschr. f. Numism. t. I, p. 176 et s.

(3) Leake, Namism, hellen,, European Greece, p. 8S; ZeiUehr. f. Num t. I, p. 181.

(4) Leake, Numism. heUen,^ European Greece, p. 67.

(5) Mionnet, t. H, p. 301, ii°» 9 et 10.

C'est entre la mort de leur roi Amynandre et Tannée li6, date de 1 réduction de tous ces pays en province romaine, que les Atbamanes on frappé les monnaies républicaines portant leur nom de peuple (Mionnel t. 11, p. 89, n"" 21; Su//)/, t. lU, p. iSl et s.). Quant aux pièces de jËnianes, imitées de celles de la Ligue Thessalienne (Eckhel, D iV, t. 1 p. 135; Mionnet, t. H, p. 8 et s., n""* 66-69; Suppl. t. III, p. 277 et s n<*'1151â0), il faut en placer la fabrication entre 168 et 146, la pn mière date étant celle où les Romains les Grent sortir de la ConfédéraUc Ëlolienne.

(6) Mionnet, t. H, p. 10, n* 78.

neuf ans. Quand les Romains, un peu plus tard (1), rétablirent nominalement les Ligues grecques, dont Texistence ne leur parut plus offrir de danger politique, on ne leur rendit pas le droit de monnaie commune ; elles n'étaient plus alliées, mais tributaires et sujettes. La Ligue des Thessaliens le reçut seule de nouveau, vers le temps de César(2), et le garda pendant TEmpire (ft), mais pour le cuivre seulement, non pour l'argent.

Après la défaite de Persée, la Macédoine ne fut pas tout d*abord réduite en province ; pour briser sa puissante unité nationale, on la divisa en quatre (Confédérations, nominalement indépendantes. Nous avons de belles monnaies d'argent qui portent les noms de la première et de la seconde de ces Confédérations, MAKEAONflN nPflTHZ et MAKEAONflN AEYTEPAZ (4), des pièces de cuivre de la quatrième (5); mais jusqu'à présent on ne connaît aucune monnaie de la troisième, celle dont Pella était la capitale. Exactement contemporaines se montrent, par leurs caractères de style et de fabrication, les pièces d'argent aux mêmes types qui ont pour légende MAKEAONHN

(1) Pâusan. VU, 16, 10.

(2) Le premier nom de stratège que Ton trouve sur ce nouveau mon- ^yage tbessalien est celui de Fetra^os, qui fournil un corps d'auxiliaires ^Gésar dans la campagne de Pbarsale : voy. Leake, Transact. of the R. ^. of Literature, 2« ser. t. IV, p. 75; F. Lenormaut, Rev, num. 1852, p. 213 et s.

(3) Josqu'à Gallien : Mionnet, t. H, p. 6-8; Suppl. t. Ul, p. 268-277.

(4)Mionnet, t. I, p. 456 et s., no> 47*62; Bompois, Examen des mon- **ûi de la Communauté des Macédoniens, pi. UI, 3* catégorie et 4*,

(5) Mionnet, t. I, p. 457, n"" 65; Bompois, pi. III, 4« catégorie, a* 5 et 6.

Page 1