‹ La Monnaie dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 30 sur 54 · C.Vibius Pansa · texte numérisé non relu

C.Vibius Pansa

Apamée, Mionnet, t. II, p. 411, n° 18. — Nicée, Mionnet, t. II, p. 430, n« 210. - Nicomédie, Mionnet, Suppl. t. V, p. 168, n<" 973-975.

(2) Waddington, Fastes des provinces asiatiques de l'empire romain, Asie, n° 17.

(3) Pinder, Ueber die Cistophoren, p. 567. n° 172; la pièce est douteuse.

(4) Pinder, p. 567, n" 173-176 ; pi. I, n" 17 et 18.

à Ephèse, Laodicée et Tralles (1). T. Ampius Balbus proconsul en 57-56.

Lacune d'un an dans la numismatique, comme dans nos connaissances sur la succession des proconsuls d'Asie,

[C] PVLCRI. AP. F. PROCOîiSulis, sur un cistophore frappé à Éplièse (2) ; C- PVLCHER. PROCO?iSu/, sur ceux de Pergame et de Tralles (3). C. Claudius Pulcher, proconsul de 55 à 53.

Lacune d'un nom dans la numismatique et dans la succession des proconsuls (53-52).

On n'a pas encore rencontré de monnaies au nom de Q. Minucius Thermus, proconsul en 51-50.

Quaestor, sans autre nom. Cistophores frappés à Éplièse et à Pergame (4). Ces pièces ont été frappées par les ordres de L. Antonius Pietas, questeur de Minucius Thermus, à qui celui-ci laissa l'administration de la province en partant au printemps de 50 (5). Il la gouverna, en l'absence du proconsul, jusqu'à l'arrivée des chefs Pompéiens C. Fannius et Q. Csecilius Metellus Plus Scipio, auprès de qui il était encore comme proquesteur en septembre 49 (6).

On a des cistophores aux noms de C. Fannius (7) et de

(1) Pinder, p. 568, n"' 177-182 ; pi. I, n" 19 et 20.

(2) Pinder, p. 568, n° 183; pi. 1, n° 21.

(3) Pinder, p. 569, n"' 184-187 ; pi. I, n» 22.

(4) Pinder, p. 571, n- 202 et 203 ; pi. I, n» 30.

(5) Cic. Ep. ad. fam. Il, 18.

(6) Joseph. ^«/. Jud. XIV, 10, 13 et 17; voy. Waddington, Fastes des provinces asiatiques de Vempire romain, Asie, 33 et 34.

(7) Pinder, p. 569 et s., n°^ 188-191 ; pi. I, n"" 23 et 24.

Q. Caecilius Metellus (i), frappés en 49 et 48; mais ces personnages n'avaient pas de titres réguliers comme gouverneurs ; c'est en tant que chefs d'armée qu'ils ont monnayé, et nous rangerons leurs espèces parmi les monnaies militaires.

CiLICIE.

p. LENTVLVS. p. F. IMPERATOR. Cistopliores frappés à Apamée et à Laodicée (2) . P. Lentulus, proconsul de 56 à 53.

AP. PVLCHER. AP- Filius. PROCOnSw/. Cistophore frappé à Laodicée (3). — PVLCHER. IMPerator, Cistopbores frappés à Apamée (4). Appius Claudius Pulcher eut le proconsulat de 53 à 51 et fut salué imperator pendant son gouvernement.

M. CICERO- PROCO/iSm/. Cistophore frappé à Apamée (5). — M- TVLLms. IMPerator. Cistophore frappé à Laodicée (6). Le grand orateur Cicéron fut proconsul de Cilicie en 51-50; tous les lecteurs de ses Lettres se souviennent de la vanité enfantine qu'il mit à se parer du titre à' imperator^ après se l'être fait décerner par les soldats à la suite de la prise de quelques méchants villages de montagnards du Taurus (7) .

(1) Pinder, p. 370, d*^ 192 ; pi. 1, n° 25.

(2) Pinder, p. 570, n" 193-195 ; pi. I, n- 26 et 27.

(3) Pinder, p. 571, n» 199; pi. I, n° 28.

(4) Pinder, p. 570, nos 195-198.

(5) Pinder, p. 571, n° 200.

(6) Pinder, p. 571, n° 201 ; pi. I, n° 29.

(7) Ep. ad fam. Il, 10.

CyRÉNAÏQUE.

AOAAIOY. Dupondii, as et semis à divers types (1). — L. LOLLIVS. Dupondii, as et semis à divers types (2). L. LoUius, un des quinze légats de Pompée dans la guerre des Pirates, fut chargé, en 66 av. J.-C, de réduire la Cyréuaïque en province et y resta jusqu'en Qk comme propréteur (3).

Les types et la légende grecque de L. LoUius paraissent s'être immobilisés pendant 23 ans sur la monnaie provinciale, tandis que les gouverneurs se succédaient (4); on y lit, en effet, des dates qui vont de A à KT.

nOYniOC — POY0OC. TAMIAC, ANTICTPATviyoç. nOYniOC. TAMIAC ou AYAOC. nOYniOC. TAMIAC. ANTI- CTPATTjyo;. Dupondii, as et semis (5). L. Pupius Rufus, questeur revêtu exceptionnellement de l'autorité de propréteur (6), dut être celui qui gouverna la Cyrénaïque à la fin de lili et au commencement de /|.3 (7) , cette province ayant été donnée à la place de la Syrie, sur la proposition d'Antoine, à Cassius (8), qui refusait de l'accepter et

(1; L. Millier, Numism. de fane. Afrique, t. ï, p, 153 et s., n" 383-396.

(2) L. Muller, t. I, p. IbS et s., n- 397-421.

(3) Borghesi, dans Cavedoni, Osserv. ^opra le momie délia Cirenaica, p. 65 et s.; L. Muller, t. I, p. 458.

(4) L. Muller, t. I, p. 160.

(5) L. Muller, t. I, p. 161 et s., n°' 422-428.

(6) Eckhel, D N, t. IV, p. 427 ; Pauly, Real-Encydopœdie, t. VI, 1 ■■'= part. p. 102.

(7) L. Muller, t.I, p. 163.

(8) Appian. Bell. civ. III, 8; IV, 57. Cf. Cic. IlPhilipp. 38; Dio Cass. XLVII, 21.

organisait en Orient la résistance au nom du parti des tyrannicides. Bientôt après, C. Cornuficius, propréteur d'Afrique et partisan des meurtriers de César, occupa militairement la Cyrénaïque et y étendit son autorité.

Afrique.

C. FABIVS. CATVLVS. IIVIR- — P. SEXTILIVS. PRo. Praetore. APricae. VlIVJr. EPulonum. Petit bronze, qui paraît frappé à Hadrumète (1), dont le magistrat municipal serait désigné par le premier nom. P. Sextilius, gouverneur de la province d'Afrique en 94 av. J.-C, fut celui qui intima l'ordre de se retirer à Marins, débarqué à Cartliage(2).

5. Si nous procédons maintenant à une revue analogue des monnaies militaires de la République romaine jusqu'à la mort de César, nous devrons placer en tête deux groupes bien distincts de monnaies frappées sous le régime de l'as sextantaire et du denier de Sk à la livre (livre VII, chap. III, § 3), Tun même au moins après l'introduction de la taille du victoriat dans le système des monnaies d'argent (livre VII, chap. m, § /i), mais tous les deux antérieurs à la loi Flaminia (livre VII, chap. m, § 3). L'un de ces groupes a donc été émis entre 245 environ et 217 av. J.-C, tandis que l'émission de l'autre, celui qui comprend le victoriat, est restreinte entre 228 et 217. Tous deux sont caractérisés par la lettre Q placée dans le champ (3).

(1) L. Millier, Numism. de l'anc. Afrique, t. II, p. 51, n° 25,

(2) Plutarch. Mar. 40; cf. Appian. Bell. civ. I, 62.

(3) Premier groupe : D'Ailly, Recherches sur la monnaie romaine,

Lu fabrique est celle de l'Italie méridionale plutôt que celle de Eome même, tellement que M. Mommsen (1) voit dans le Q la marque d'un des ateliers succursales établis dans les années qui précédèrent immédiatement la seconde guerre punique. Il me semble plus naturel d'y voir l'initiale du mot dnaestor. Cette indication de la fonction de celui qui a émis une monnaie extraordinaire, sans y ajouter son nom, est tout à fait dans l'esprit républicain du temps. D'ailleurs, on revoit encore plus tard des monnaies questoriales anonymes, portant un simple Q, par exemple les cistopbores de L. Antonius Pietas en Asie et certaines des espèces frappées pour Sylla avant sa dictature, dont nous nous occuperons un peu plus loin.

On pourrait être tenté d'expliquer par IMPemior le monogramme qui signe un groupe composé de denier, victoriat et as (2) , lequel parait devoir être classé vers la fin de la guerre d'Hannibal. Pourtant, comme la fabrique est celle des monnaies urbaines, il faut plutôt voir ici seulement les lettres MP, initiales des noms du monétaire, comme on a sur d'autres groupes de la même période les lettres MA, ME, MD, MT, liées également en monogrammes.

Où l'on doit avec certitude reconnaitre des monnaies

pi. CIX, n"' 6-10; il comprend quinaire, sesterce, triens, quadrans et sextans.

Deuxième groupe : D'Ailly, t. II, pi. LXXXVI, n" 4-7 ; il comprend victoriat et quinaire. Nous voyons un Q de forme particulière sur ces pièces, où le baron d'Ailly voudrait reconnaître un ver ou une sangsue servant de symbole du monétaire.

- {i)M R, t. II, p. 236, nM8.

(2) Mommsen, M R, t. II, p. 245, n° 32 ; D'Ailly, t. II, pi. CVUI, n"' 15.

militaires, comme l'a déjà fait M. Mommsen, c'est dans les pièces d'or de 60, /lO et 20 sesterces frai)pées en vertu de la loi Flaminia (l), dans les premières années qui suivirent sa promulgation (livre VII, chap. m, § 3). La valeur très-grande qui leur est attribuée eu égard à leur poids de métal, et qu'elles portent inscrite, leur donne le caractère de monnaies exceptionnelles et de nécessité (voy. plus liant, livre II, chap. i, § 1, 4). Le travail en est grec, du midi de l'Italie. Elles ont donc été frappées par les généraux qui poursuivaient dans cette région la guerre contre Hamiibal. Les pièces de 40 sesterces ont, en général, dans le champ des symboles, que l'on doit considérer comme la marque personnelle de chacun des généraux, une ancre, un fer de lance, un hâton noiieux, un pentagone, ce qui permet d'en rapprocher les pièces d'argent et de cuivre aux types ordinaires qui, présentant les mêmes symboles, doivent être rattachées aux mêmes émissions (2). D'après le système habituel chez les Romains

(1) Mommsen, M R, t. Il, p. 57, M3 et s., et 236, n" 19.

(2) Ancre, pièce d'or, denier : D'Ailly, t. II, pi. LXVIII, n°^ 1 et 2, — L'ancre paraît avoir été le symbole d'une des familles qui ont joué le plus grand rôle dans les affaires au vi^ siècle de Rome ; aussi se trouvet-il sur plusieurs groupes bien distincts de monnaies de cuivre, oià les poids de l'as varient. Celui de ces groupes qui correspondrait le mieux à la pièce d'or, d'après le pied monétaire sur lequel il est traité, joint à l'as l'initiale du mot Quaestor : D'Ailly, t. II, pi. LXVIII, n"' 13-16. 11 y a là réunion du symbole personnel et de l'indication du titre d'un questeur, par l'initiale de son titre.

Fer de lance, pièce d'or, denier, victoriat, quinaire, as, semis, triens, quadrans, sextans, once: D'Ailly, t. II, pi. LXXXII, n»^ 13-20, LXXXIII, n" 1-5.

Bâton noueux, pièce d'or, denier, victoriat et pièces de cuivre depuis l'as : D'Ailly, pi. LXXXVI et LXXXVII, n"^ 1-11.

Pentagone, pièce d'or et denier : D'Ailly, pi. XCII, n"' 10-16. II. 19

(nous y reviendrons au livre lY, chap. i et m) de prendre, toutes les fois que le cognomen était le nom d'un objet matériel, la figure de cet objet pour emblème monétaire, le bâton noueux, scipio, qui se reproduit sur les deniers d'un assez grand nombre d'émissions diverses, serait l'emblème naturel des Cornélius Scipio, et les monnaies d'or qui le présentent pourraient, avec une assez grande vraisemblance, être considérées comme frappées par le grand Scipion, en vertu de ses pouvoirs militaires, tandis qu'il préparait en Sicile et dans le midi de Tltalie son expédition d'Afrique (204 av. J.-C).

La seconde guerre de Macédoine (200-197) est marquée parle statère d'or de T. Quinctius Flamininus (1). La légende latine T- QVINCTI montre clairement que cette pièce a été frappée par l'autorité de Flamininus lui-même, et non par les Grecs en son honneur. La pièce est de poids grec (2)^ reproduisant celui des statères d'Alexandre dont elle copie aussi le type de revers. C'est la seule fois que nous verrons un général romain faire fabriquer ainsi à son nom une monnaie d'or de système grec ; mais les circonstances historiques expliquent une telle anomalie. 11 fallait bien que Flamininus taillât sa monnaie sur un pied en usage dans le pays où elle devait circuler (3). Or, à ce moment, le système monétaire romain était encore inconnu

(1) Mionnet, Suppl. t. III, p. 260, n'^ 706 ; Reo. num. 1852, pi. VII. H" 1 ; Postolaccas, KaxâXoyoçTwv àpxaîwv vo[J.i(j[AdtTwv tou 'AOr^vriaiv 'E6vixov; Mouaeîou, n° 1669.

(2) Mommsen, M R, t. H, p. 116. — Le poids de l'exemplaire de Paris est 8 gr. 50, celui de l'exemplaire d'Athènes 8 gr. 532.

(3) Ces pièces se raccordaient, du reste, assez facilement avec le poids romains ; il en fallait 37 1/2 pour faire avec une exactitude presque rigoureuse une livre romaine, 73 pour faire deux livres.

les Grecs. Plus tard, au contraire, Sylla put donner une )artie aliquote de la livre romaine comme poids aux aurei [u'il fit frapper en Grèce, parce que depuis plusieurs généations les Orientaux étaient habitués au système pondéal et monétaire de Rome.

Le nom de T. Quinctius, sur son statère, n'est suivi l'aucun titre ; c'était alors l'usage dans le monnayage ronain. Tant qu'il reste en vigueur, nous n'avons aucun noyen de distinguer, parmi les deniers de la suite rouaine, les monnaies militaires des monnaies urbaines. On •élève à cette époque, sur les espèces d'argent de la Répu- )lique, les noms d\m certain nombre de personnages Msloriques, qui ont pu parfaitement être appelés à monlayer comme généraux d'armées ; mais on ne saurait dire ;i c'est à ce titre, ou simplement comme magistrats moné- ;aires urbains, qu'ils ont signé des deniers. Ce qui est seuement certain, c'est que l'usage du monnayage militaire existait pendant cette période. Nous en avons la preuve )ar la numismatique des Italiotes révoltés dans la Guerre 50ciale. Ils imitaient en tout les magistratures, les lois et es usages de la constitution romaine, de même qu'ils calj[uaient leurs espèces sur les deniers de Rome. Or les Itaiotes ont emprunté alors aux Romains la double fabricaion parallèle de la monnaie urbaine, que chez eux il faut ippeler monnaie civile, et de la monnaie militaire. Leur nonnaie civile porte seulement pour légende d'État le lom de l'Italie, ITALIA sur les pièces latines (1), VN3Th3 Viteliu sur les pièces osques (2), sans nom de monétaire. Leurs monnaies militaires ont les noms des géné-

(1) Friediaender, Oskische Miinzen, pi. X, ii*"* 14-18-

(2) Friedlœnder, pi. IX, n°' 1 et 7.

ir.

raux revêtus de Vimperium, avec ou sans la légende de l'Italie. C'est ainsi que nous y lisons les noms des deux consuls nommés à Corfinium en 90, le Marse Q. Pompsedius Silo et le Samnite C. Papius Mutilus, qui les ont émises dans cette année même, en tant que consuls commandant les armées, ou plutôt la suivante, comme revêtus des pouvoirs de proconsul. Le premier est écrit en latin, Q. SILO (1), le second toujours en osque (2), et la forme la plus complète en est 'JI-TVHH . > . ITTNNTT . > G. Paapi. G. Mulil; il commence par mettre son nom seul, sans titre (3), puis il j ajoute la qualification de QVTRQama embratur (4), correspondant au latin imperalor, dont il avait été salué par ses soldats. On ignore si le Numerius Luculeius ou Lucilius,fils deMarcus, inconnu à l'histoire, dont quelques deniers ofî'rent le nom sous la forme osque am . >I>I3V^ . Il/| Ni. Luvkl. Mr (5), était un général ou un questeur militaire. Les historiens sont aussi muets sur le compte duMinius leius fils de Minius, im • $lh3l • IHH Mi. leiis. Mi., dont le nom se lit sur la pièce d'or (6) que Mithridate fit fabriquer à Amisos pour les Italiotes (voy. plus haut, dans ce chapitre, § 3, 3); mais il avait évidem-

(1) Friedlaender, pi. X, n° 19.

(2) Môme sur une pièce bilingue, où Ton voit au droit la légende latine ITALIA : Friedlaender, pi. X, n° 21.

(3) Friedlaender, pi. IX, n"^ 4, 8 et 10. — Sur un denier, on lit au droit le nom du général, Mutil, et au revers celui des Samnites, Safinim : Friedlaender, pi. IX, u° 3.

(4) Fridlaender, pi. IX, n°» 6 et 9.

(5) Friedlaender, p. 77, pi. IX. W' 2 et 3.

(6) Friedlaender, p. 73; Pinder et Friedlaender, Beitrœge, I, p. 176 ; Momiusen, M R, t. II, p. 426, n° 223.

ment un commandement militaire important et était le principal personnage de T ambassade envoyée au roi de Pont.

Dans les années qui précédèrent la Guerre Sociale, la suite romaine ne nous offre que trois groupes de pièces qui puissent être attribués avec chance sérieuse de certitude à des questeurs d'armée. L'un comprend le denier qui porte le nom de C FVNDANIws. Quaestor (1) avec un type relatif au triomphe de Marins sur les Cimbres et les Teutons, en 101 (2), et sur le quinaire correspondant une Victoire couronnant un trophée, avec auprès d'elle le carnix ou trompette gauloise (3). D'autres exemples, que nous allons rencontrer chemin faisant, sont de nature à faire admettre que les pouvoirs monétaires, délégués par le général à son questeur, se continuaient jusqu'à la veille du triomphe, et que c'est encore le questeur militaire qui frappait les monnaies destinées à être distribuées en largesses aux soldats dans cette occasion. Ce monnayage triomphal était légalement extra-urbain-, mais, dans la pratique, on devait souvent mettre à la disposition du questeur l'outillage de l'hôtel des monnaies de Rome.

La Victoire écrivant sur le bouclier d'un trophée d'armes gauloises ou germaniques, auprès duquel est le carnix^ tel est encore le type du quinaire signé par C EGNATVLE!w5. Quaestor (4). Cette pièce appartient

(1) Cohen, J/ C, pi. XVIII, Fundania, n° 1 ; Mommsen, M R, t. Il, p. 390, n° 196.

(2) Borghesi, Oss. num. déc. XVII, 4, Œuvres complètes, t. II, p. 307 et 3.; Cavedoni, Ann. de Vlnst. arch. t. XI, p. 312.

(3) Cohen, M C, pi. XIX, Fundania, n» 2.

(4) Cohen, M C, pi. XVII, Egnatuleia; Mommsen, M R, t. II, p. 376, n° 18-i.

certainement aux environs de l'an lO/i. Il me paraît donc évident qu'il faut voir encore dans C. Egnatuleius un des questeurs de Marius, et que sa monnaie a dû être frappée pour le service de l'armée en 102, entre la défaite des Teutons et celles des Cimbres.

Le troisième groupe dont nous voulons parler est signé du questeur Q. Lutatius Cerco ; il comprend denier, quadrans et once (1). Ce personnage est très-probablement un questeur militaire, mais l'histoire ne le connaît pas. Il a dû monnayer un peu avant 104 (650 de Rome). C'est là tout ce qu'on en peut dire, et on ne saurait rattacher ses espèces à un événement déterminé.

Les guerres de Sylla, depuis son départ pour l'Orient contre Mithridate jusqu'à sa dictature, vont nous offrir pour la première fois une série nombreuse de monnaies militaires certaines. Cette série est d'autant plus importante qu'elle est illustrée par un témoignage littéraire. Après avoir parlé de l'amitié qui unissait Lucullus à Sylla et raconté comment ce dernier l'emmena dans sa guerre contre Mithridate à titre de questeur, Plutarque ajoute (2) : (( C'est par ses soins que fut frappée dans le Péloponnèse « la plus grande partie de la monnaie émise pendant la « guerre de Mithridate, d'où vint le nom de lucullienne à « cette monnaie qui resta longtemps en circulation, ayant (( eu l'occasion de se répandre et de s'échanger rapidement « en soldant les dépenses nécessitées par les besoins de la « guerre. » Jamais, en effet, général ne s'était trouvé, autant que Sylla le fut alors, impérieusement obligé par

(1) Cohen, M C, pi. XXV, Lutatia, n° 2; Mommsen, M R, t. II, p. 353, n° 162.

(2) Lucull. 2.

les circonstances de créer une monnaie nouvelle pour les besoins de son armée avec les ressources métalliques qu'il avait pu se procurer d'une manière quelconque dans les pays où il allait opérer. « Autrefois, a très-bien dit M. Mommsen (1), le général de Rome débarquait avec sa caisse pleine : il tirait de Rome et par mer tous les approvisionnements lui faisant besoin. Sylla arrivait les mains vides; les sommes levées à grand'peine pour la campagne de 88 ayant été dépensées en Italie, il lui fallait vivre de réquisitions. » C'est ainsi que, dans le cours de sa première année de campagne en Grèce, il vida les trésors des temples d'Olyrapie, de Delphes et d'Epidaure, donnant aux dieux, pour les indemniser, la moitié du territoire de Tlièbes confisqué. « Quand Mithridate, la paix faite, se fut « retiré dans le Pont, raconte encore Plutarque (2), Sylla « imposa à la province d'Asie une contribution de guerre (( de 20,000 talents et chargea LucuUus de la percevoir en « métal, puis de la convertir en monnaie qu'il fit fabri- « quer. »

Ces monnaies lucuUiennes, frappées en Grèce et en Asie par l'ordre de Sylla commandant son armée, sont parvenues jusqu'à nous, et La Nauze les a déjà reconnues dans le siècle dernier. L'inscription du nom de Sylla avec le titre à.'imperator et la fabrique étrangère à Rome, toute grecque^ mais en même temps, surtout pour l'argent^, portant les marques de la hâte, les déterminent en effet d'une manière certaine. Ce sont des pièces d'or du poids de 1 /30 de la livre romaine et des deniers d'argent, ayant exactement les mêmes types dans les deux métaux, au

(\) Hist romaine, t. V, p. 288.

(2) Lucull. 4.

droit la tête de Vénus diadémée et devant elle Cupidon tenant une palme, au revers un prsefericulum et un lituus entre deux trophées, faisant allusion aux deux salutations à'imperalor reçues par Sylla, la première antérieurement en Italie, lors de la Guerre Sociale, la seconde en Grèce après les succès qui ouvrirent la campagne; le tout est accompagné de la légende L- SVLLA- MPerator. ITERVM, répartie entre les deux faces (1). La taille de l'aureus de 30 à la livre est une innovation qui apparaît alors pour la première fois dans l'échelle des monnaies romaines (livre VII, chap. iii^ § 5); nous allons la voir se continuer dans toutes les émissions militaires de Sylla.

En effet, celles-ci ne s'arrêtent pas en Orient, mais se continuent pendant toute la guerre civile qui l'amène eusuite à la possession du pouvoir suprême. Le débarquement du vainqueur de Mithridate à Brundisium, au commencement de 83, est marqué par le denier à la légende L- SVLA- IMPera^or(2) et au type retraçant cet événement (3), copié de celui que les débris des révoltés italiotes avaient adopté six ans auparavant, pour célébrer le dé-

(1) Cohen, M C, pi. XV, Cornelia, n" 17 ; Mommsen, M R, t. II, p.440, n° 232 c.

(2) a II ne faudrait pas regarder, dit M. Momm>:en (M R,l. II, p. 440), les monnaies de Sylla sur lesquelles on lit IMP comme plus anciennes que celles sur lesquelles on trouve IMP- ITERVM; ca. nous savons, par les inscriptions, que l'usage d'ajouter iterum commença seulement à s introduire vers cette époque, et qu'il n'était pas encore devenu une règle fixe ou exactement suivie. »

(3) Morell, Thés. t. II, Cornelia, pi. V; Borghpsi,0«s. Jium. décad. VIII, 1, et XVI, 9; Cavedoni, Bullet. de l'Inst. arch. 1844. p. 24. — Bien que cette pièce n'ait pas été revue en original depuis Morell, il n'y a pas de raison décisive de douter de son authenticité plus que n'ont fait Borghesi et Cavedoni.

barquement de Marins revenant d'Afriqne (1), lorsque le parti démocratique de Rome avait joint sa cause à la leur. A la campagne de 83, où Sylla avait sa base d'opérations dans ritalie méridionale, correspond l'émission des as du type ordinaire, à la légende L. SVLA- \MPErator (2), qui ne se trouvent que dans les provinces napolitaines (3) et j ont sûrement été frappées, ainsi que des pièces d'or du poids de 1/30 et de 1/36 de la livre (4) et des deniers d'argent, qui ont d'un côté la tête de Vénus, comme les monnaies luculliennes d'Orient, et de l'autre une double corne d'abondance avec la seule initiale Quaestor (5). Que ces dernières pièces appartiennent à la série des monnaies de Sylla, comme Cavedoni l'a montré le premier (6), il n'y a pas moyen d'en douter, d'après leur poids et leur type du droit ; celui du revers est celui des monnaies de Valentia dans le Bruttium (7) , ce qui paraît déterminer le lieu où

(1) Friedieender, Oikische Miinzen, p. 83, pi, X, n" 13. — L'explication du type par le débarquement de Marius, proposée par Cavedoni [Bullet. de rimt. arch. 1843, p. 144), s'accorde bien miteux avec les détails de la représentation que celle de M. Friedlœnder, qui y voit le débarquement en Orient de l'ambassade envoyée par les Italiotes à Mithridate.

(2) Cohen, M C, pi. LUI, Cornelia, no 13; Mommseu, M R, t. II. p. 440, n° 232 b.

(3) Riccio, Catalogo, p. 76.

(4) Voy. Mommsen, M R, t. Il, p. 117.

(5) Cohen, M C, pi. XV, Comelia, n° 18; Mommsen, M R, t. II. p. 437, n° 246; D'Ailly, Recherches sur la monnaie romaine, t. IL pi. LXXVII, n" 5 et 6.

(6) Ragguaglio storico-archeologico de precipui ripostigli di medaglie consolari (Modène, 18S4), p. 147.

(7) Un quadrans semoncial, c'est-à-dire de cette époque, à la simple légende ROM A, porte la même double corne d'abondance en symbole

Sylla, pendant cette période de la guerre civile, avait fixé l'atelier monétaire de son questeur (1). Conformément à sa politique de se montrer alors uniquement comme l'agent du rétablissement de Tautorité du Sénat, le chef du parti aristocratique dissimule son nom sur l'or et sur l'argent qu'il fait frapper ; il ne l'inscrit que sur le métal le plus vil, sur le cuivre. Aussi, à ce groupe de pièces frappées pour les besoins militaires pendant la lutte, fait naturellement suite celui qu'il faut placer en 80, aussitôt après la reprise de Rome. Dans ce nouveau groupe, le denier a presque exactement les mêmes types que dans le précédent, la tête de Vénus et la corne d'abondance, simple cette fois (2) , avec une légende qui ne mentionne que le Sénat, sans nom de monétaire, EX Senatus Consulta (3). Sur Tas correspondant, avec la même légende, le symbole retracé au-dessus de la proue de navire est le légionnaire de l'armée victorieuse, appuyé sur sa lance (4) . Mais en

dans le champ (D'Ailly, t. II, pi. LXXVII, n" 7); on pourrait peut-être le rattacher à celte émission,

(1) Pendant ce temps, à Rome, le Sénat, dominé par les partisans de Cinna, faisait, dans les premiers mois de 82, enlever tous les trésors métalliques des temples pour en battre monnaie, afm de payer les troupes opposées à Sylla (Val. Max. VU, 6, 4). Ce fut le préteur urbain, Q. Antonius Balbus, qui fut chargé de cette émission (Cavedoni, Sagyio di osservàzioni, p. 32), et nous avons ses monnaies, avec la légende Senatus Consulta — Q. ANTOft't/s. BALBus. PRaetor (Cohen, M C, pi. III, Antonia, n° I; Mommsen, M R, t. Il, p. 448, n» 236).

(2) Eckhel (D N, t. VI, p. 192) a conjecturé que la corne d'abondance pouvait être quelquefois un emblème du Sénat.

(3) Cohen, M C, pi. XX, Julia, n° 8; Mommsen, M R, t. II, p. 458. n° 247; D'Ailly, t. Il, pi. LXXVII, n° 3.

(4) Cohen, M C, pi. LVl, Julia. n° 1; D'Ailly, t. II, pi. XCIII, n- 1-4. — Un as, avec la même légende et le même symbole, porte en outre le nom

même temps, lors de son triomphe en février 81, Sylla, usant une dernière fois de son droit à^imperalor, fait fabriquer une monnaie triomphale, destinée à être donnée en largesses aux soldats, par son proquesteur militaire L. j\lanlius, le même qui est désigné comme ayant combattu à ses côtés à la bataille de la Porte Colline (1 ) et qui fut ensuite gouverneur de la Narbonnaise vers 77 (2). Cette monnaie triomphale comprend deux espèces, aureus de 30 à la livre et denier, frappés avec les mêmes coins ; le type du revers retrace le triomphe lui-même (3), et la double légende est L. MANLIw*. PRO- Quaestore (4) — L. SVLLA. mPeralor (5).

Un quatrième aureus du poids de 1 /30 de livre est signé «ur le droit de A- MANLIws. A- ^ilius. Q.uaestor (6). Il a été

de C. LIC]INIm5. L. ?ilius. MACER (D'Ailly, t. Il, pi. XCIII, n« 5), le même qui, vir praetorius, subit une condamnation en 66. Ceci, du reste, n'apporte aucun obstacle au rapprochement des as avec les deniers d'argent qui ont également EX. S- C-, non plus qu'à notre attribution de date pour les uns et les autres.

{l)Plat. %//.29.

(2) Oros. V, 23; T. Liv. Epit. XC. César (Bell. civ. III, 20) l'appelle L. Mallius, et Plutarque {Scrtor. 12) L. Lollius.

(3) Eckhel, DN, t. V, p. 190; Cavedoni, iVî/oti studi sopra le monete comolari (Modène, 1861), p. 17.

(4) Je laisse de côté le T qui se voit, en dehors de la légende, sur le droit d'une partie des exemplaires ; l'explication en ev^t encore très-douteuse. M. Mommsen (M R, t. II, p. 442) y voit le chiffre 1 retourné et l'indication de l'âge de Sylla lors de son triomphe, 50 ans; M. Cavedoni {Nuovi studi, p. 17), l'initiale du mot T riumphalis .

(5) Cohen, M C, pi. XXV, Manlia, n"' 2 et 3 ; Mommsen, M R, t. II, p. 440, n" 232 a.

(6) Cohen, M C, pi. XXVI, Manlia, nM; Mommsen, M R, t. II, p. 440, no 232 d.

certaineraent frappé en Orient, d'après son style et sa fabrique ; sa date ne peut être antérieure à 81 , puisqu'il représente au revers la statue équestre élevée près des Rostres à Sylla pendant sa dictature (1),L. SVLLae. FELIce. DlCtatori, comme dit la légende qui accompagne ce type. A. Manlius a dû, par conséquent, être le questeur de Muréna, et cette monnaie est une de celles qui furent frappées en Asie après le départ de Sylla, avec le produit de la contribution de guerre. De la fin de 82 ou du commencement de 81 est une autre monnaie militaire, frappée dans la Gaule, le denier de C VALerm^. FLACcus. IMPERA- Tor (2). Valerius Flaccus était gouverneur de la province gauloise et y avait gagné le titre à'imperalor dans l'été de 83 (3); rallié à la cause de Sylla après la victoire de celuici, il vint triomphera Rome en 81 {II). Son denier est une des rares monnaies militaires qui portent la note EX- Senatus. ConsuUo, ce qui prouve qu'il ne le fit frapper qu'après avoir adhéré au parti sénatorial.

La guerre contre Sertorius fournit plusieurs monnaies de la classe qui nous occupe, toutes frappées en Espagne (5) :

EX. Senatus Consulto — L- et C- MEMIES- L- FUii. GALe-

(1) Appian. Bell. civ. l, 97; cf. Cic. IX Philipp. 6,13; Vell. Paterc.ll, 61; Sueion. Caes. 7o ; Dio Cass. XLII, 18. etXLIII, 49.

(2) Cohen, M C, pi. XL, Valeria, n° 4 ; Mommsen, M R, t. II, p. 4i8, 11» 237.

(3) Cic. Pro Quinct. 7, 28; cf.. 6, 24.

(4) Gran. Licinian. p. 39, éd. de Bonn.

(5) La guerre de Sertorius a dû être également roccasion du monnayage à légendes laiines d'un bon nombre de peuples de l'Espagne, et aussi de l'émission des dernières pièces de cuivre à légendes ibériennes.

ria, denier de fabrique très-barbare (1). Ces deux frères Memmius sont connus comme ayant été assez longtemps questeurs et proquesteurs dans les armées opposées à Sertorius. M. Mommsen a montré, par l'étude des enfouissements des monnaies de la République, que leur denier n'avait pas pu être frappé plus tard qu'en 82 ; Sjlla avait donc envoyé ces deux personnages en Espagne aussitôt qu'il avait été maître de Rome.

EX. Se7iatus ConsuUo. C- ANNIw5. T- Filius. T. Hepos. PROCOnSul — L. FABrn^. L- Filius. H\SFaniensis. Oxiaestor, deniers (2).

EX- Senalus- ConsuUo. C- ANNIVS- T- Filius. J- t^epos. FROCOnSul — C- TARQVITIi^x. P. Filius. Clmestor, denier (3). L'expédition d'Annius contre Sertorius est de l'an 81. Les deux questeurs qui l'assistaient passèrent après son rappel dans le parti de Sertorius, où l'Mstoire les fait retrouver quelques années plus tard (-4).

Q. Caecilius. Metellus. Fins, \mperator, denier (5).

\lAPerator, denier dont le type du droit (la tête de la Piété, faisant allusion au surnom Pius) est le même que

(1) Cohen, M C, pi. XXVII, Memmia, n» 3; Mommsen, M R, t. II, p. 427, n° 226.

(2) Cohen, MC, pi. II, Amia, n"' 1-4; Mommsen, M R, t. II, p. 449, n° 238 0.

(3) Cohen, M C, pi. XXXVIII, Tarquitia ; Mommsen, il/ B, t. II, p. 449, n° 238 b.

(4) L. Fabius Hispaniensis : Sallust. Hist. III, 4, éd. Dietsch. — C. Tarquitius Priscus : Frontin. Straiag.ll-, S, 31.

(5) Cohen, M C, pi. VIII, Caecilia, n° 10; Mommsen, M R, t. II, p. 459, n" 248 a.

sur le précédent (1). Si l'on en croyait Plutarque P), la salutation de Metellus Pius comme imperator en Espagne n'aurait eu lieu qu'en 79 ; pourtant les monnaies qui lui donnent ce titre paraissent un peu plus anciennes ; M. Mommsen croit à une erreur de l'historien (3).

On sait l'immense crédit de 18 millions de deniers qui fut accordé sur le trésor public, en lli, pour les armements contre Mithridate et les Pirates, en particulier pour la constructiond'une flotte (4). Il paraît bien établi aujourd'hui (5) que ce ne furent pas les généraux et leurs questeurs, mais par exception le questeur urbain^ que le Sénat chargea alors de monnayer les lingots tirés de l'eerarium. Nous avons des monuments de cette émission extraordinaire dans les deniers, dont un fort commun, qui, avec la formule EX- Senatus. Consulta, portent la signature de ce questeur urbain, tantôt avec son titre ordinaire, CN. LEN^w/w5. Quaestor (6), tantôt avec une qualification exceptionnelle, LEl^Tulus. CVRator, ^ (Jenariis). FLandis (7). C'est alors que nous paraît devoir se placer naturellement, bien plutôt qu'à la magistrature monétaire

(1) Cohen, M C, pi. VIII, Caecilia, n° 11 ; Mommsen, M R, t. II, p. 459, n" 248 b.

(2) Sertor. 22.

(3) En tout cas, Sylla était déjà mort quand furent frappés les deniers de Metellus; on s'éloignait du moment culminant de )a réaction aristocratique ;ce général ne s'est donc plus cru obligé de mentionner sur la monnaie militaire l'autorité du Sénat, comme on le faisait du vivant du dictateur.

(4) Plut. Lucull. 13.

(.5) Mommsen, AI H, t. II, p. 475.

(6) Cohen, M C, pi. XIV, Cornelia, n» 10; Mommsen, /. c. n° 2o9 o,

(7) Cohen, MC, pi. XIV, Cnrnelia, n° 11 ; Mommsen, /. c. n° 2o9 b.

régulière du même personnage (l), quelques années auparavant, la fabrication de l'aureus du poids de 1/42 de livre portant le nom de CN- LENTVLms (2).

11 existe un aureus, de la taille de 36 à la livre (3), qui a été certainement frappé hors de Rome et offre la légende MAGNVS — FROCOnSul , avec pour types d'un côté la tête de l'Afrique coiffée d'une peau d'éléphant, de l'autre le triomphateur dans son char (-4). M. Mommsen (5) le rapporte au premier triomphe de Pompée, en 81 , après sa guerre d'Afrique, Cavedoni (6) au second^ en 71, après la soumission de l'Espagne, Eclihel (7) au troisième, en 61, triomphe sur Mithridate et les Pirates célébré avec un éclat tout exceptionnel. Sans doute, il y a quelque chose de singulier à voir à cette dernière époque placée sur la monnaie de Pompée la tête de l'Afrique, théâtre de ses premiers exploits, au lieu d'un type relatif à l'Asie; mais il n'avait triomphé de l'Afrique qu'à titre de propréteur, et ce n'est que dans la guerre des Pirates et dans celle de Mithridate qu'il pouvait se qualifier de proconsul. De plus, on voit un fils du triomphateur, encore enfant, monté, suivant l'usage, sur un des chevaux du char, et cette cir-

(1) Magistrature marquée par denier, as et semià : Cohen, M C, pi. XIV, Cornelia, n°^ 7 et 8 ; pi. LUI, Cornelia, n»s 9 et 10 ; Mommsen, M R, t. II, p. 43o, no 2-29.

(2) Rev. îium. 1856, pi. X, n° 7; Cohen, M C, pi. XIV, Cornelia, n° 9; Mommsen, M R, t. II, p. 436.

(3) Mommsen, M R, t. II, p. 118.

(4) Cohen, M C, pi. XXXIII, Pompeia, n° 2; Mommsen, M R, t. II, p. 4SS, n° 24f5.

(5) M R, t. II, p. 456.

(6) Appendice R al saggio di osservazioni, p. 149, il) DN, t. V, p. 281.

constance reporte encore impérieusement à l'époque des guerres asiatiques du général, alors parvenu au faîte de la popularité. Il me semble donc qu'il faut en revenir à l'opinion d'Eckhel, ou du moins admettre que nous avons là une monnaie militaire frappée par l'ordre de Pompée pendant ses campagnes en Orient, monnaie dans le type de laquelle il escomptait par avance son triomphe futur, en rappelant les précédents.

César ne fut pas, au début de sa carrière, revêtu de la fonction de triumvir monétaire. Le denier si abondant qui porte son nom, CAESAR, avec les types de l'éléphant et des insignes du souverain pontificat (1), est la monnaie qu'il a fait frapper dans sa province, soit en Cisalpine, soit en Narbonnaise, en vertu de son imperium et pour les besoins militaires, pendant la durée de ses guerres dans les Gaules, de 58 à 50.

La guerre civile, qui éclata immédiatement après et rendit César maître du monde, a donné naissance à une trèsgrande quantité de monnaies militaires, qui méritent d'être groupées ici, en les classant à leurs dates. Il y a eu de ces monnaies frappées dans toutes les parties du monde romain par les deux partis, car successivement la lutte s'y transporta et y poursuivit ses péripéties.

Et d'abord, la retraite de Pompée eu Orient avec le Sénat et tous les magistrats réguliers de la ville de Rome, quand César eut passé le Rubicon et pris Ariminum, produit en 49 un étrange phénomène. C'est alors dans les provinces orientales que les magistrats urbains transfèrent leur monnayage ; ce sont eux qui émettent et signent

(1) Cohen, M C, pi. XX, Julia, n° 10; Mommsen, M R, i. II, p. 496,

dans cette année la plupart des monnaies militaires du parti pompéien. Cicéron (i) parle de la monnaie d'argent que l'on battit à Apollonia pendant cette année 49, tandis que le quartier général de Pompée et de' ses partisans était dans cette ville. Borgliesi (2) a établi, en effet, que c'est là que furent fabriqués les deniers, quinaires et sesterces du triumvir monétaire régulier C. CONSIDIVS- PAETVS (3) . D'après le style des pièces qu'il a signées, un de ses collègues, M/. CORDIVS. RVFVS. IIIVIR (4), avait organisé un atelier du côté du Pont ; il marque ses monnaies de la formule Senaius Consulta, pour marquer l'origine du droit en vertu duquel il monnaye ainsi hors des conditions normales de sa charge, tandis que Considius Pœtus, opérant dans la ville où le Sénat s'est transporté, n'a pas besoin d'inscrire sur ses espèces une semblable mention. Quant au troisième membre du collège monétaire normal de l'année, Q. Sicinius, il s'était rendu à bord de la flotte de Rhodes, que commandait le préteur C. Coponius ; c'est là qu'il fit fabriquer le denier où son nom est seul (5) et celui qui porte la double légende C COPONIVS PRaetor — SICINIVS- IIIVIR (6). C'est l'unique monnaie qui associe un triumvir urbain à un commandant d'armée, revêtu lui-même d'une magistrature urbaine; il fallait des cir-

(1) Ep. adfam. XIII, 29.

(2) Oss. num. déc. XIV, 4, Œuvres complètes^ t. II, p. 152.

(3) Cohen, M C, pi. XIII, Considia, n°' 4-10; Mommsen, M H, t. II, p. S43.

(4) Cohen, M C, pi. XIV, Cordia, n"' 1-6; Mommsen, /. c.

(5) Cohen, M C, pi. XXXVIII, Sicinia; Mommsen, M R, t. Il, p. S39.

(6) Cohen, M C, pi. XIV, Coponia, n"^ 1 et 2; Mommsen, /. c.

306 Lk MONNAIE DANS L'ANTIQUITE

constances aussi extraordinaires pour produire un semblable phénomène, et ces deux personnages ont cru nécessaire de mentionner l'autorisation du Sénat sur les pièces qu'ils ont fabriquées en commun. Les monuments numismatiques de cette époque nous ofifrent encore les noms des différents membres d'un collège de trois monétaires, C. Antius Kestio (i), T. Carisius (2) et A. Licinius Nerva (S), qui paraissent bien avoir appartenu au parti pompéien et avoir monnayé dans les provinces. Cavedoni (4) a vu en eux les triumvirs monétaires désignés en Orient par le Sénat pour l'année 48, et, sans être certaine, cette opinion a pour elle de grandes vraisemblances.

A côté de ces espèces signées des magistrats monétaires normaux de la République, qui auraient dû diriger le monnayage urbain si les circonstances ne les en avaient pas empêchés, nous avons les monnaies que, dans la même année 49 et dans la suivante jusqu'à la bataille de Pharsale, les généraux des diverses armées du parti sénatorial frappent d'après leur im'perium militaire, et quelquefois dans des conditions fort irrégulières au point de vue légal. Les pièces de l'armée d'Epire, deniers fabriqués à Apollonia en même temps que ceux du triumvir Considius Fœtus, sont signées des deux consuls, assistés d'un questeur urbain, comme officier de finances chargé de diriger l'émission, L. L£Hlulus. C. MARCe//î/5. COnSules — HEKhis.

(1) Cohen, M C, pi, III, Anlia, n°s 1-4; MommseD, .1/ R, t. Il, p. oi3. (:2) Cohen, M C, pi. X, Carisia, nos 8 et 9 ; Mommsen, /. c.

(3) Cohen, M C. pi. XXIV, Licinia, n"' 3-7; Mommsen, M R, t. II, p. 544.

(4) Ragguaglio deripostigli, p. 218.

Quaestor. yRBanus (Ij. Dans la province d'Asie, deux hommes représentent le parti pompéien et exercent parallèlement le pouvoir en son nom ; c'est le préteur urbain C. Fannius et Q. Caecilius Metellus Plus Scipio, qui alla ensuite, après Pharsale, organiser la résistance en Afrique. Ils s'emparent, à la place d'un gouverneur régulier, de la fabrication des tétradracbmes cistophores de la province etles signent de leurs noms, C- FAUnius. POHJifeûo. PRaetot sur des pièces frappées à Apamée, à Ephèse et à Tralles (2) , Q. METELLVS- PiVS- SCIPIO- mPerator sur une pièce frappée à Pergame (3). Dans toutes les monnaies des armées d'Orient, le nom de Pompée n'est pas mentionné ; malgré sa vanité sans bornes, le souci des formes extérieures de la légalité l'amène à s'effacer derrière le Sénat et les consuls. Mais il n'en est plus de même en Espagne, parce que là, au contraire, il est en possession du titre officiel et régulier de proconsul. Les deux proquesteurs de l'Espagne citérieure ou ultérieure, en 49, tandis qu'Afranius et Petreius se préparent à recevoir les premiers l'attaque de César, frappent au nom du proconsul absent, en les signant comme monétaires responsables, les deniers (-4) où on lit MAGNW5. PROCOnSul — CN- PISO- PRO-

(1) Cohen, M C, pi. XXIX, Neria ; Momrasen, M R, t. II, p. 337.

(2) Pinder, Ueher die Cistophoren,p. o69ets., n"* 188-19J, pi. I, n"' 23 et 24. -

(3) Pinder, p. 570, n° 192, pi. I, n" 25.

(4) M. Momrasen {Ann. de rinst. arch. 1863, p. 73 ; M R, t. II, p. 534 et s.) me paraît avoir eu raison d'attribuer à cette date les monnaies dont nous parlons, rapportées par Eckhel {D N, t. V, p. 281), Borghesi et Cavedoni [Saggio di osserv. p. 113; Ragg. de ripostigli, p. 210) à la guerre des Pirates, oîi M. Terentius Varro fut aussi un des légats de Pompée, mais non Cn. Piso.

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