‹ La Monnaie dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 7 sur 54 · II · texte numérisé non relu

II

Sidon (1), à Tyr (2) et dans quelques autres villes phéniciennes (3) à partir du règne d'Antiochus IV. Elles portent une double légende, qui met simultanément au génitif d'appartenance le nom du roi, par exemple BA2I AEHI ANTIOXOY, et le nom du peuple de la ville, lIAfiNinN, TYPinN ; ce sont donc à la fois des monnaies du roi et des monnaies des Sidoniens ou des Tyriens. Il est à remarquer que lorsque, à partir d'Alexandre Bala, gendre dePtolémée Philométor (4), les Séleucides se mettent à frapper à Sidon et à Tyr des tétradrachmes particuliers, imités de ceux des Lagides et que continuent plus tard les tétradrachmes autonomes de ces villes, les tétradrachmes en question, comme monnaies d'argent, restent exclusivement royaux ; on n'y voit pas de trace du partage que nous constatons pour la petite monnaie de cuivre. Ce qui le prouve, c'est que la ville n'y est indiquée que par un monogramme ou par une brève désignation en abrégé, telles que sont d'ordinaire les marques d'ateliers ; et même, si quelquefois son nom est écrit tout au long avec ses titres et au génitif (par exemple BAIlAEnZ AHMHTPIOT TTPOT lEPAI KAl AITAOT sur un tétradraclime de Démétrius II), ce n'est jamais que le nom

(1) EcLhel, D N, t. Ill, p. 364 et s.

(2) Eckhel, D N, t. III, p. 379 et s.

(3) Entre autres à a Laodicée, métropole en Chanaan », comme dit l'inscription phénicienne qui accompagne la légende royale, conçue en grec : Barthélémy, Mém. de l'Acad. des Insc. anc. sér. t. XXX, p. 427; Gesenius, Mon. phœnic. p. 271.

(4) Sur le rapport entre cette alliance et le commencement de la fabrication des tétradrachmes aux types ptoléméens par les rois de Syrie, voy. Fr. Lenormant, Monnaies des Lagides, p. 86 et s.; Saulcy, Bullet. archéol. de l'Athénœum, 18S5, p. 28 et s.

même de la ville, qui peut s'entendre comme une indication d'origine, non celui de son peuple, qui impliquerait nécessairement une part dans la garantie et l'émission de la monnaie. Les tétradrachmes dont nous parlons avaient nécessairement cours légal dans l'étendue complète de la monarchie séleucide, comme toute monnaie royale dans la totalité des Etats du prince au nom de qui elle est frappée. Il est, au contraire, probable que, malgré l'intervention du pouvoir suprême dans leur fabrication et dans leur garantie, les petites pièces de cuivre offrant à la fois l'inscription royale et l'inscription municipale devaient avoir leur circulation restreinte et localisée.

Les plus anciens exemples de combinaisons de ce genre nous sont fournis par les monnaies que quelques rois barbares des contrées au nord de la Grèce ont fait frapper dans des villes grecques où ils possédaient effectivement la souveraineté, résidant dans ces cités ou à leurs portes, mais qu'ils traitaient avec de grands ménagements dans la forme extérieure, leur laissant toutes les apparences de l'autonomie dans leur régime municipal (IJ. Ces monnaies se présentent avec la forme d'un numéraire d'association entre le roi et la cité républicaine.

Tel est le cas des pièces de cuivre frappées à Maronée pour les rois des Odryses Amadocos T"" (2) et Té-

(1) L'histoire du roi scythe Scylès et de ses rapports avec Olbia, telle qu'elle est racontée par Hérodote (IV, 78-80), est particulièrement instructive pour montrer quelle était la nature des relations entre les rois barbares à demi conquis par la civilisation hellénique et les villes grecques dans le voisinage desquelles ils habitaient, les tenant en réahté dans leur main.

(2) Neumann, Pop. eturb. num. vet. t. II, pi. IV, n° 16; Nouv. Ann, de l'Inst. arch. t. I, pi. B, n° 7 ; Von Sallet, Zeilschr, f. num. t. V, p. 97.

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