‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 8 sur 26 · L. CENSORINms— p. CREPVSl"s— C. LIMETAm-s — Un · texte numérisé non relu

L. CENSORINms— p. CREPVSl"s— C. LIMETAm-s — Un

peu avant 671 de Rome (83 av. J.-C. ) :

Deniers aux trois noms; Cohen, i/C, pl.xxvi, Marcia. nos jo et 11 » Mommsen, nos 227, a et b.

Denier de L. Censorinus seul : Cohen, pi. xxvi, Marcia, r,o 9; Mommsen, n° 227, c.

Denier de P. Crepusius seul : Cohen, pi. xvr, Crepusia, n"^ 9; Mommsen, n" 2^21, d.

Denier de C. Mamilius Limetanus seul : Çohen, pi. xxv, Manilia ; Mommsen, n** 227, e.

GAR.. . — OCVL . . — VER. ... — Un peu avant 673 de Rome (81 av. J.-C):

Deniers aux trois noms ; Cohen, MC, pi. xi, Carvilia, n°s 1-3; pl.xxx Ogulnia, n°s 1 et 2; pi. xl, Vergilia; Mommsen, no239.

Cuivres aux trois noms : Cohen, MC, pi. li, Carvilia, nos i et 2; pi. lx Ogulnia; pi. lxix, Vergilia: Mommsen, n° 239.

Pourtant, quelquefois les commissions étaient plus nombreuses. « On connaît, dit encore M. Mommsen, cinq monétaires dont les noms se voient sur les monnaies avec ceux de L. Licinius Crassus et deCn. Domitius (1). Il y eut probablement à cette époque une émission importante de monnaies pour laquelle on nomma extraordinairement une commission de sept membres, composée de ces deux personnages (ceux-là mêmes qui furent encore collègues pour la censure en 662) , et de cinq autres personnages plus jeunes et moins importants. La magistrature de L. Licinius et de Cn. Domitius n'est pas indiquée sur les monnaies- ainsi rien ne nous oblige à placer l'émission de leurs pièces pendant leur censure, et diverses considérations ne permettent pas de les classer après celles de Claudius Pulcber -, or, nous le savons, ce dernier exerça la charge de monétaire avant celle d'édile, quil obtint en 655 (99 av. J.-C). Ainsi à l'époque de l'émission de ces monnaies, qui eut lieu en 6^5 ou 650 (de 109 à 104 av. J.-C), le collège des monétaires était choisi, comme toutes les commissions extraordinaires, parmi les plus jeunes sénateurs, et leur élection n'était pas encore annuelle (2). »

« Ce ne fut, continue le même savant, qu'après la Guerre Sociale que le triumvirat monétaire devint une magistra-

(1) Toutes les pièces de ce groupe (Mommsen, n° 170) ont au revers les deux noms L- LlC"««ws. CN- DOMitius;an droit est un seul nom, au génitif, qui varie :

M. AVRELI.SCAVRI : Cohen, MC, pi. vn, Aurélia, n" 5. L. COSCO«»- M. Filii • Cohen, pi. xv, Cosconia, n" 1. C. MALLEo/i. C. Fî/t» : Cohen, pi. xxxiii, Poblicia, n» i, L. POMPONI. CN- FJ/'« : Cohen, pi. XXXIV, Pow;)onio, n» 1. L. PORCI- LICInî : Cohen, pi. xxxiv,Pomc, n° 1.

(2) Voy. Mommsen, Ann. de Vlnst. arch. 1863, p. 56; MR, t. II, n. 362 et s.

tiire ordinaire, à laquelle on ne pouvait régulièrement aspirer qu'à Tâge de vingt-sept ans (i). Nous voudrions pouvoir établir qu'elle était exercée pendant une année, comme toutes les autres ; mais, d'après les monnaies, on ne retrouve qu'environ soixante monétaires ordinaires entre la Guerre Sociale et la Guerre Civile, et il devrait y en avoir plus du double si le renouvellement avait été annuel. Il y a donc dans l'organisation de cette magistrature quelque chose que nous ne connaissons pas encore exactement ^ peut-être sa durée était-elle de deux années^ ou bien n'était-elle conférée que tous les deux ans. » Il serait possible aussi que la magistrature ait été annuelle, mais qu'il n'y ait pas eu tous les ans d'émission monétaire, ce qui

(1) a Suivant toute apparence, dit encore M. Mommsen, il n'existait pas, à proprement parler, d'âge légal pour exercer les fonctions de monétaire pas plus que pour les autres magistratures non curules; mais cet âge peut être déterminé par les circonstances accessoires et les règlements généraux. Ainsi, nous savons d'abord qu'il était interdit d'exercer aucune magistrature civile avant d'avoir servi dix ans dans l'armée (voy. Becker, Handbuch, II, 2, p. 21 ; Borghesi, cité par Cavedoni, Ripostigli, p. 21), puis il y avait un règlement pour l'ordre dans lequel les magistratures pouvaient être conférées; ainsi l'on ne pouvait obtenir la questure qu'après le vigintivirat depuis que ces fonctions avaient été formellement élevées au rang de magistrature (Tacit. Ann. III, 29) ; enfln on pourrait citer la défense d'exercer deux magistratures sans intervalle. Les Gracques ont parfaitement pu être questeurs à l'âge de vingt-sept ans, parce que de leur temps le vingintivirat n'était pas encore organisé comme il l'a été depuis; mais, par la suite, l'âge auquel on pouvait l'obtenir a été retardé de trois ou quatre années. Sous les empereurs, on arrivait à la questure à l'âge de vingt-cinq ans (Dio Cass. lu, 20; Marquardt, Handbuch, II, 3, p. 218) et au vigintivirat à vingt ans, mais pas avani, comme Eckhel {DN, t. V, p. G3) l'a très-bien établi d'après les Annales de Tacite (III, 29), L'inscription funéraire d'un triumvir, mort à l'âge de dix-huit ans {Inscr. regn. Neap., n° 450) ne nous paraît pas d'une authenticité inattaquable. Cf. Plin. Epist.ad Trajan. 79, elnos Stadtrechle, p. 418. »

ferait qu'un certain nombre de collèges de triumvirs, tout en ayant été régulièrement constitués, n'auraient pas eu l'occasion de signer des espèces, ou bien que, sur tel ou tel collège de trois^ un seul magistrat aurait eu dans certaines années à présider à une émission. Ce qui serait de nature à faire admettre cette dernière hypothèse, c'est que, dans un passage des lettres de Cicéron (1) dont nous allons nous occuper, nous trouvons un personnage désigné formellement comme triumvir monétaire en 703 ou 704 de Rome, et que sa signature ne se lit cependant sur aucune monnaie.

Quoi qu'il en soit, le triumvirat monétaire, une fois constitué d'une manière permanente et régulière, fit partie des magistratures mineures qui formaient sous la République le collège des viginti sex viri et sous l'Empire celui des viginti viri ('£). Au printemps de lOli de Rome (50 av. J.-C), Cicéron, revenant de son gouvernement de Cilicie, eut une discussion d'affaires avec Yectenus, qui était triumvir monétaire en charge ou sortait de l'être. Il avait acheté à ce personnage une petite maison et fut choqué de ce qu'au lieu d'avoir la déférence de le consulter sur l'époque où il lui conviendrait le mieux de payer, il avait fixé une date de sa propre autorité ; il l'avait été peut-être encore plus de ce que, dans la suscription de sa lettre, Yectenus ne lui avait donné que le titre de proconsul, au lieu de cette qualification à'imperator h laquelle tenait tant sa vatdtè. Cicéron répondit donc avec une mauvaise humeur, qu'il avoue lui-même, et, tout en prenant

(1) Ep. adAttic. X, il.

(2) De là l'expression de XXvir monetalis dans une inscription de Tibur, de la seconde moitié du ii* siècle de notre ère : Orelli, n" 2761.

le ton de la plaisanterie, chercha à rendre celle-ci le plus mordante qu'il put : Rescripsî ei stomachosius , cum joco tamen familiari; et dans une autre lettre : Cum eo, quod à-o~6iJMç, ad me scripserat de nummis curandis, ôuaixwxepov eram jocatus. La principale malice du grand orateur fut de qualifier Vectenus de monetalis dans la suscription de sa réponse : Monetali autem adscripsi, quod ille ad me, Proconsuli. C'était le traiter déjeune homme encore sans conséquence; l'omission du titre de triumvir faisait que la qualification eût pu s'appliquer à un simple ouvrier monnoyer aussi bien qu'à un magistrat monétaire; enfin, comme Font remarqué les commentateurs, il y avait là une allusion transparente à l'âpreté montrée dans une question d'argent. Vectenus prit mal la plaisanterie et se fâcha tout à fait. Il fallut que Cicéron exprimât quelque regret de s'être montré si mordant et chargeât Atticus d'arranger la querelle (1).

J'ai déjà exposé plus haut (dans ce livre, chap. i, § 6,' 3 et h) comment la signature des magistrats monétaires, absente des plus anciennes monnaies deKome, y avait fait sa première apparition, par quels progrès graduels elle y avait toujours pris plus de développements, jusqu'à en venir à bannir l'antique légende ROMA, et aussi comment, dans la décadence de l'esprit public et des institutions républicaines, on avait laissé les mêmes magistrats substituer sur les espèces monnayées des types à eux personnels, se rapportant aux cultes particuliers de leurs familles ou à leurs souvenirs historiques, aux types d'État, qui avaient d'abord été invariables. A dater de 650 de Rome (lO/i av. J.-C), quoique le triumvirat monétaire ne fût

(1) Cic. Ep. ad Atlic. X, 5 et il.

pa? encore institué d'une manière permanente comme magistrature régulière, les émissions étaient dès lors assez fréquentes et assez habituellement confiées à des commissions des triumvirs pour que l'on jugeât nécessaire de distinguer la monnaie ordinaire, frappée dans ces conditions, de la monnaie extraordinaire, émise par d'autres magistrats pour subvenir, en dehors des émissions normales, à un besoin exceptionnel et temporaire de numéraire. Ains que nous l'avons montré (dans ce livre, chap. i, § 6, 5), on ne manqua plus dès lors de faire suivre de leur titre, ou tout au moins de la mention du sénatus-consuite qui leur avait confié cette commission extraordinaire, les noms des magistrats, tels que questeurs ou édiles, qui étaient chargés, en dehors des conditions normales, de diriger une fabrication de monnaies. Aussi, comme l'a trèsjustement remarqué M. MonMusen (1), « il faut ranger au nombre des monétaires ordinaires les magistrats dont les noms se trouvent à dater de cette époque sur les monnaies frappées à Eome, sans que leurs fonctions j soient indiquées. On trouvait cette dernière mention inutile, puisque, régulièrement, les triumvirs seuls émettaient des monnaies marquées à leur nom. » Jusqu'en 10k de Eome (50 av. J.-C.) inclusivement, nous ne trouvons dans la série romaine que huit personnages qui prennent en termes formels le titre de triumvir, et aucun d'entre eux n'a exercé cette magistrature avant l'année 680 ou peut-être même 700 de Rome '2) :

M. ACILIVS. lilVIR 3:. — Vers l'an 700.

(1) MR, t. II, p. 33.

(2) Mommsen, MB, t. II, p. 17o.

(3) Cohen, MC, pi. i, Acilia, n" 3 ; Mommsen, n° 279.

M. AQ.y \Llius. M- Filins. M- Hepos: IIIVIR (l). — Entre 700 et 704.

L0NGINW5. IIIVzV (2). — Entre 700 et 704.

CALDVS. IIIVIR (3). —Probablement un peu avant 700.

p. FONTEIVS. P.Fî7m5. CAPITO- IIIVIR {h). — Entre 700 et 704.

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