X XVII I
PRÉFACE
suite du monnayage proprement romain sous la rubrique des diverses époques, à titre de monnaies provinciales frappées sous le contrôle et la direction des magistrats du peuple-roi, et raccordées à la monnaie romaine par des tarifs officiels qui exercent une influence décisive sur leurs tailles. Et môme, à dater de EEmpire, faction de la monnaie romaine devient telle et si marquée sur les monnaies des pays qui échappent à la suzeraineté de Rome, qui se maintiennent en état d’antagonisme ouvert avec la romanitê , qu’il devient impossible de séparer le tableau de ces derniers monnayages de celui du monnayage impérial, auquel il forme un appendice naturel.
Ce que j’ai tenté est donc, en même temps qu’une sorte de sommaire des principaux faits d’une des branches spéciales de l’archéologie, un chapitre de l’histoire économique, administrative et commerciale des sociétés antiques. Aussi le présent livre s’adresse-t-il en même temps à deux classes différentes de lecteurs : d’une part, aux amateurs et aux curieux de médailles antiques, qu’il pourra conduire à rattacher, plus qu’ils ne le font d’ordinaire, les objets de leur goût et de leurs études pratiques, à des notions générales, à des considérations d’un intérêtplus large ; de l’autre, aux économistes et à ceux qui, scrutant l’histoire des civilisations passées, éprouveront le désir de se rendre compte de
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ce qu’ont été dans l’antiquité la monnaie et son rôle social. L’économie politique, en particulier, peut trouver dans ces questions de la numismatique autre chose que l’attrait d’une simple curiosité ; il y a pour elle des enseignements à puiser, des arguments à mettre en oeuvre dans 1 expenence des siècles antiques. Car tous les problèmes monétaires des sociétés modernes ont été déjà soulevés dans l’antiquité; on peut y voir à l’œuvre les diverses solutions qui en ont été proposées, et nulle part les conséquences funestes qu’entraînent fatalement certaines erreurs économiques ne sont écrites d’une manière plus éclatante que dans l’histoire numismatique de la Grèce et surtout de Rome.
Je me suis efforcé de faire en sorte de pouvoir être lu et compris par les deux catégories de lecteurs que je viens d’indiquer. Par suite, désirant ne pas écrire pour les seuls numismatistes, ai-je évité, autant qu'il était en mon pouvoir, de déployer dans les notes et dans les citations un trop grand appareil d’érudition. Mes citations, restreintes aux limites les plus étroites et qu’il m’eût été facile de multiplier énormément si je l’eusse voulu, ne sont en réalité que des références, renvoyant le lecteur aux ouvrages principaux dans lesquels ont été traitées avec plus de détail les questions que je ne puis qu’esquisser sommairement, ou bien
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aux descriptions complètes des monnaies qui servent de point de départ et de justification âmes assertions. Autant que je puis, je renvoie dans ce dernier cas aux ouvrages qui sont dans toutes les mains et constituent comme le premier et indispensable fonds de la bibliothèque d’un numismatiste : pour les monnaies romaines de la suite républicaine et de la suite impériale, aux deux livres de M. Cohen, si précieux par l’exactitude et la précision des descriptions, aussi bien que par la rigueur avec laquelle en ont été éliminées toutes les pièces fausses, bien que sous d’autres rapports ils ne tiennent pas tout ce que l’on aurait pu réclamer dans l’état actuel des études ; pour les grecques, au grand ouvrage de Mionnet, qui reste encore si utile, en dépit des lectures incorrectes, des inexactitudes dans l’énoncé des types et des attributions douteuses dont il renferme malheureusement un trop grand nombre, en dépit des lacunes considérables qu’il présente et qui étaient inévitables à sa date. Il reste, d’ailleurs, jusqu’ici notre répertoire le plus étendu, le seul même de ce genre qui existe, car personne n’a eu encore le courage d’entreprendre de le refaire; et une description générale des monnaies antiques des suites grecque et orientale, un corpus donné avec le soin et la critique qui ont été apportés à faire ceux des inscriptions grecques et latines, est actuellement
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le premier desideratum de la science numismatique. Elle ne saurait désormais s’en passer, et si, ce qui est probable, la tâche est désormais au-dessus des forces d’un seul homme, elle aurait de quoi tenter
-les Académies.
Les références à l’ouvrage de Mionnet reviennent si souvent dans les notes de mon livre, que j'ai cru pouvoir me dispenser de le désigner autrement que par le nom de son auteur, de même que je me borne à faire suivre le nom de M. Cohen des lettres MC et MI en citant ses deux ouvrages de Description des monnaies de la République romaine ou médailles consulaires et des monnaies de l’Empire romain. Je cite de même en abrégé trois autres livres auxquels j’ai aussi l’occasion de renvoyer presque à chaque page, la Doctrina numorum veterum d’Eckhel [DN), üas Münz-Mass-und Gewichtswesen in Vorderasien bis auf Alexander den Grossen de J. Brandis (indiqué par le seul nom de l’auteur), enfin Y Histoire de la monnaie romaine de M. Mommsen (MR). Pour ce dernier ouvrage, mes citations se réfèrent à la traduction française par le duc de Blacas; les corrections que l’auteur lui-même y a introduites, les savantes notes jointes par le traducteur et par M. le baron de Witte, font en réalité de cette traduction une édition révisée et améliorée, en progrès sur la
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publication allemande originale. D’ailleurs, quand on écrit en français, on peut espérer trouver avant tout des lecteurs en France, et j’ai dû songer à ceux des amateurs de numismatique de notre pays qui ne sont pas en mesure d’être renvoyés directement à un ouvrage allemand, quand il existe de cet ouvrage une version dans notre langue.
PLAN DE L’OUVRAGE