L ORIGINE DE LA MONNAIE
Isidore de Séville {Orig.t XVI, 17) résume la doctrine de l'antiquité concernant la monnaie avec une admirable pré* cision : « n y a, dit-il, trois choses essentielles dans la monnaie : la matière, la loi et la forme. En Tabsence de Tune d'elles il n'y a plus de monnaie. »
Par la vente et Tachât on arrive toujours, en définitive, à troquer marchandise contre marchandise ou contre service. J'ai besoin de nourriture, de vêtements et des services du docteur, de l'avocat, du juge ou du professeur. En échange, j*ai à offrir les objets que je prodais ouïes services que je puis rendre. Le troc a lieu, et des deux parts les besoins sont satisfaits.
Au fond, la circulation de la richesse, qui s'accomplit par la monnaie ou par les « remplaçants » de la monnaie, aboutit à une série de trocs que le droit romain déûnit ainsi :
1<* Do ut deSy « je donne pour que tu donnes » ; exemple : du blé pour du vin.
2<» Do ut fadas, « je donne pour que tu fasses » : voilà de l'argent, instruis mon fils.
3® Fado ut des, « je fais pour que tu me donnes » : je travaille pour toi, mais tu me nourriras.
4° Fado ut fadas, « je tais pour que tu fasses » : je plaiderai pour toi, mais tu me feras mes habits.
ac rerum, utilibus inutilia permutabat, quando plerumque evenit ut quod alteri superest, alteri desit. Sed quia non semper nec facile concurrebat, ut, quum tu baberes quod ego desiderarem, invicem baberem quod tu accipere velles, electa materia est, cujus publica ac perpétua estimatio difflcultatibus permulationum, aequalitate quantitatis subveniret : eaque materia forma publica percussa, usum dominiumque, non tam ex substantia prœbet, quam ex quantitate. Nec ultra merx utrumque, sed alterum pretium vocatur. » {Digeste y xvra, 1.)