DIFFÉRENTES ESPÈCES DE MONNAIE
Des objets de toute sorte ont été employés comme monnaie : des fourrures en Sibérie, des cubes de sel, des coupons de coton bleu ou des coquillages (cauris) en Afrique, du fer à Sparte; jadis, presque partout, des têtes de bétail.
Dans le Rig-Veday dans le Zend-Avestay dans Homère, les objets sont estimés en têtes de bœufs. Les armes de Diomède valent neuf bœufs, et celles de Glaucos cent (Iliade^ VI, 234). Le tripode donné en prix aux lutteurs dans le cbant XXllI de VIliade est estimé douze bœufs, et une esclave, habile ouvrière, quatre (Gladstone, Juventus mundi, p. 534). Les tributs que les Francs vainqueurs imposaient aux Saxons^ étaient comptés en bœufs. Notre mot « pécuniaire >>, de pecunia, vient de pecus^ « bétail », de même que le mot « pécule », petit trésor. « Il n'est pas étrange, dit le commentateur Festus, que ces mots d'usage si fréquent dérivent du bétail. Chez les anciens, c'est en bétail principalement que consistaient les richesses et les patrimoines, de telle façon que nous disons encore pecunia, peculium. »
Le mot anglais fee {feoh^ en saxon) signifie « rétribution », et le mot Scandinave fà, « richesse ». Le mot grec xT^aa signifie « propriété » et « troupeau » ; le mot gothique Skatts, à la fois « trésor » et « troupeau »; ScJmtz, en allemand, « trésor »; Shet, en frison, « bétail ». En hébreu, hassaph signifie « mouton » et « monnaie » ; gamal, « cha-
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