CHAPITRE VII
Un grand inconvénient de la monnaie bimétallisme résulte de ce que l'on appelle la loi de Greshani. Sir Thomas Greshain, conseiller de la reine d'Angleterre Elisabeth, a montré (1558) que la monnaie qui a le moins de valeur chasse toujours celle qui en a le plus, celle-ci étant exportée. Aristophane fait la même remarque dans les Grenouilles (v. 718), à propos d'Athènes : « Dans notre république, dit-il, les mauvais citoyens sont préférés aux bons, de même que la mauvaise monnaie circule, alors que la bonne se cache. »
Mais Newton a indiqué, dès 4717, le moyen d'obvier aux fâcheux effets de la loi de Gresham : c'est d'établir dans tous les pays le même rapport de valeur enti*e l'or et Targent. « Alors, dit-il, il n'y aura point de motif pour exporter l'un des deux métaux de préférence à l'autre. » Cette loi économique formulée, comme celle de la gravitation, par le grand astronome, devrait servir de base à une union monétaire des États civilisés, qui rendrait plus intimes le» relations et la solidarité des nations associées. C'est un point que M. Cernuschi a parfaitement mis en lumière.
Les pays civilisés devraient s'enteadre pour adopter la frappe libre et le pouvoir payant illimité de l'or et de l'argent avec un rapport de poids identique, décrétant^ par exemple, qu'on peut payer toute dette au moyen soit de
1 ktlogr. d'or, soit de 15 1/2 kilogrammes d'argent monnayé. Chaque État conserverait d'ailleurs ses types monétaires. C'est ce système que Ton appelle le bimétallisme international. C'est aussi celui que réclament les partisans de la monnaie bimétallique.
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