‹ La monnaie et le bimétallisme internationalChapitre 46 sur 137 · DIMINUTION DE LA FRAPPE MONÉTAIRE EN EUROPE · texte numérisé non relu

DIMINUTION DE LA FRAPPE MONÉTAIRE EN EUROPE

La frappe entièrement suspendue pendant quatre années, en 1879, 1881, 1882 et 1886, à Londres! qui aurait jamais cra cela possible, alors que le monnayage se fait grataitement.

D'autre part, le monnayage se développe prodig^ieusement aax États-Unis, en Australie et en Rus^ief c'est àdire que les pays produisant l'or le convertissent euxmêmes en monnaie nationale.

Frappe aux États-Unis en millions de livres ^lerling, d'après Sir Hector Hay :

1876 -,fi

1880 ., iî 2

L'Australie, avec ses trois millions d'hahîtanls. Trappe deux fois plus que l'Angleterre avec ses trente- cinq millions d'habitants.

Frappe en millions de livres sterling, d'après Sir Hector Hay, pour l'Australie :

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Russie, en millions de Uvres sterling, d*après Sir Hector Hay :

L'or de la Russie passe en grande partie en Allemagne, pour payer Tintérêt des emprunts russes.

Ce qui ressort nettement de tous ces chiffres, c'est que le stock monétaire de l'Occident s'appauvrit, puisqu'il n'est presque plus alimenté et que Tindustrie y puise l'or dont elle a besoin ; car il se produit ici un fait que les économistes n'ont pas noté jusqu'à présent. Pour toute marchandise, le prix s'élève en raison de sa rareté. Pour le numéraire, il n'en est pas de même, à cause du prix fixe que lui impose la Monnaie et la frappe libre. Quelle que soit la rareté de For, un industriel peut toujours s'en procurer un kilog. à 9/iO fin au prix de 3 100 francs, en faisant fondre des napoléons d'or. C'est ce qui explique que la consommation industrielle de l'or augmente, malgré sa rareté croissante.

Il n'en resterait qu'un kilogramme dans la circulation, qu'un orfèvre pourrait s'en emparer au prix immuable de 3 fr. 10 le gramme.

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CHAPITRÉ lia

L^ËÎtMJI^l tlES'IiI«STIËVIIBN<rS DE ClUiOlT ACCSlOS A-T-IL TENU LIEV DU NUMÉRAIRE RARÉFIÉ?

* Mlàis, dit 'M. P'.' Leroy- Beattliea , les inàlruments de ct^ait de i!>liis'en( piîkis ettiplolyés ont prig la plaôè des agents riiêtaffîques de la 'èl^fcfulation/'eh admettant que ceux-ci soient devètitié plus i'âreà. Cette opinion du saVant éconohibte" eôl'en' opposition' âVéc tous les témoignage^ recueillis par la (î<)M and Bilver Cimmission.

A.amois détteptetabrè i«Sl, M. J. Biddulph Martin, Fun

des principaux bani^uiét^s de Lotidj^es, remettait au Barê--

hr's Institute un mémoire dans lequel il prouvait :

1® La diminution de l'emploi des chèques à Tintérieur;

i^ L*état statiôïinaïrë des opérations du Clearing house,

qui avanjt 1^73 apgmpntaiept régulièrement;

.3^ L'usage: moins, grand des banknotes (voir note 12 du mémoire de M. A* AUard, Déprédation des richesses),

M. Pierson, président de la banque néerlandaise, professeur d'économie politique et l'un de ceux qui ont le plus approfondi la question monétaire, estime^ dans sa réponse à la Md and Siiver Commission (II, p. 254-235), que, depuis jainze ans, Femploi du crédit n*a amené aucune économie dans celui du numéraire, et il rappelle les chiffres suivants empruntés à M. Neumann-Spallaert (Weltwirthschaft, 1883- 1884, p. 452) :

Montant des billets de banque non couverts par du Duméraire dans les six principaux pays :

Ë. DE LavELEYE. — La monnaie. 7

1873 7 914 000 000 marks.

En moins 3 766 000 000 marks.

Chèques passés au Glearing-house :

Donc, diminution dans l'emploi des instruments de crédit, et pour les billets de banque seuls, de plus de quatre milliards de francs ^.

Quant aux effets de commerce, ils suivent la marche des transactions et celles-ci n'ont guère augmenté dans ces dernières années. Concluons. La production de Tor a diminué, Targent proscrit ne lui sert plus d'auxiliaire pour alimenter le stock monétaire : le monnayage est devenu insignifiant dans nos pays occidentaux; remploi des instruments de crédit a également diminué ; le total des marchandises à échanger a augmenté en même temps que les moyens d'échange se rarélîaient; les prix ont donc diminué, en vertu de la même loi qui les faisait monter de 1850 à 1873.

1. Dans Fenquête de la Gold and Silver Commission deux des témoins les mieux renseignés affirment qu'il n*y a pas eu dans les dernières années un plus grand emploi. Voir, pour M. Giffen, question 556, 1, p. 26; pour M. H. Gibbs, question 3746, 1, p. 192 : « as to economy ofcurrency there has been hardly any jince 1873 ».

« It is suggested, dit ailleurs M. R. Giffen, that the increase in banking facilities and other économies in the use of gold may bave compensated the scarcity. But the answer clearly is that in the period between 1850 and 1863 down to 1873, the increase of banking facilities and similar économies was as great relatively to the arrangement existing just before as any thing that has taken place since. » (Trade dépression and low prices, — Contemporary RevieWj june 1885.)

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