‹ La monnaie et le bimétallisme internationalChapitre 48 sur 137 · PAR AN · texte numérisé non relu

PAR AN

OR

El il faudrait croire qu^na ehangenient aussi considérable^ aussi iDouî, n'aurait aucune influence mxr la circulation et sir les prix en Europe!

ËxaminoD« maintenant la situation âecbaque pays.' GoDïmeiïçons par rAogleterre. ^

' D'après les tableaux de VEconomist résumés par M* Ba^ebot, VAngleterré a eu pendant la période 1858-1878, urt ext^dent annuel d'importation d'or de 4 432 000 Hv. gteil Bepnis i877, les exportations en moyenne dépassent \eé importations :

ExCÉraNT BU 1IILLI0M8 LIVRXS STeRLlnO DES EXPORTATIONS, DES lUPOtVTA'EipNS.

Total 17,3 11,6

Dans ces huit années, de 487T à 4884, TAngleterre aurait absorbé autrefois 35 millions livres sterling d'or et elle ett a perdu 6 : différence totale, 44 millions livres sterling, soit un milliard de francs. Ajoutez aux 6 millions livres sterling excédent des exportations, les 2 millions livre»

sterling absorbés chaque année par Tindustrie, diaprés Sir Hector Hay, et Ton verra que le stock monétaire, estimé en 1878 par M. Freemantle à i20 000000 livres sterling, a dû se réduire de 22 000000 livres sterling, et est aujourd'hui inférieur à iOOOOOOOO livres sterling.

Autre fait non moins inquiétant et confirmant les précédents :

De 4871 à 1875, l'Angleterre recevait annuellement d'Australie une moyenne de 7 000 000 livres sterling. De 1876 à

1880, cette moyenne tomba à 5000000 livres sterling. En

1881, le chiffre se réduisit à 4 470186 livres sterling; en

1882, à 2996 545 livres sterling; en 1883, à 2256 128 livres sterling; et en 1884, à 709 338 livres sterling.

Chose plus extraordinaire, au commencement de 1884, 920 000 livres sterling furent envoyées de Londres à Melbourne. Là aussi « les fleuves remontent vers leur source ».

Ecoutez Torgane attitré du monométallisme anglais constater lui-même la rareté croissante de Tor. « II y a quelques années, dit YEconomist, la somme à la disposition du Stoch-exchange était estimée par une autorité compétente à 4 000 000 livres sterling; maintenant elle est bien moindre. Quand une demande d'un million de livres sterling d'or emporte complètement cette somme du marché et la détient ailleurs, il y a une pression sensible sur le change. » (Economiste 4 février 1886 *.)

1. « Dans son discours à la Chambre des Communes, à propos de la motion de M. P. Smith en faveur du bimétallisme (19 avril 1890), M. Goschen, chancelier de l'échiquier, s'exprime ainsi : « On a fait allusion au taux de l'escompte eci rapport avec la rareté de For. Mais on confond alors le capital (capital) et la monnaie (cm*rency). Je pense que la quantité d'or employée comme monnaie est trop peu considérable pour la masse énorme d'échanges auquel elle doit suffire. En 1878, j'ai combattu les monométallistes qui veulent exclure l'argent pour ne conserver que l'or. Je considère l'or et l'argent comme deux partenaires qui doivent faire ensemble la besogne du monde. Et j'avoue, en tant qu'intéressé dans le commerce de ce pays, que j'éprouve une sorte de honte quand je vois qu'un ou deux millions sterling pris à Londres et exportés au Brésil ou ailleurs suffisent pour créer ici une alarme momentanée. »

RARETÉ DE l'OR EN EUROPE 115

Ainsi donc le marché monétaire de la capitale financière du monde est à la merci da retrait de 25 millions de francs 1 La France seule, dans le monde entier, a encore assez d'or, parce que, grâce au bimétallisme, elle a monnayé la plus grande partie de For des « placers » de Californie et d'Australie.

Et cependant l'or fait toujours prime à Paris. La banque de France n'en donne qu'avec mesure et elle défend son encaisse en offrant de l'argent.

On sait quels efforts il lui a fallu faire pour reconstituer et maintenir son encaisse tombée à 600 millions en 1881. L'argent reparaît dans la circulation, même pour les gros payements.

En Belgique il ne reste, estime-t-on, que 125 millions francs d'or, qui lui seront complètement enlevés, si elle doit rembourser ses écus de cinq francs restitués par l'étranger, à la dissolution de l'Union latine. Déjà l'argent prend de plus en plus la place de l'or. On s'en aperçoit dans les payements qu'on reçoit et à la vue des gros sacs d'écus qui recommencent d'apparaître sur le dos des encaisseurs. Mais, du reste, il en est une preuve sans réplique.

Naguère, dans les mouvements de^la caisse centrale de la Banque nationale, on voyait figurer autant d'or que d'argent.

Voici pour les trois dernières années les chiffres que je dois à l'obligeance de M. Eugène Anspach, gouverneur de cette banque :

Reçu \ Payé \

Mouvement général d'entrée et de sortie

or 70 000 000 76 000 000 76 176 000

argent . . 240 000 000 260 000 800 274 384140

or 65 000 000 77 000 000 68 433 43S

argent.. 248 000 000 275 OOO 000 272 132 000

L'or intervient donc pour moins du quart et l'argent pour plus des trois quarts, même dans les payements commerciaux.

L'Italie, malgré son emprunt de 4882 pour se procurer

de For, n'a plus guère, estime-t-'On, que ^77 luîlUoos à'pr, dont 215 niiilioDs dans la caisse de l'État, et 299 miUip^S) dans celles des banques d'émission; d'après. M. Sina^neUi, 1^ particuliers n'en détiennent que 63 millions* Autant» dire que Tor ne circule plps. Aussi par^-t-on de rétabiUr: le cours forcé. L*agio flotte entre 5 et 10 pour 1000. /, j> En ^pagne^^ ^itu«^tion ,est encore pif e, V^gipsor Vqr, à (Madrid, est 90uvept,à 20 pour j 000. L'État cherche à epi^t? penser la pénurie d*or en frappant de l'argent* Mais cpmnaa ce. n'est p^ u/^^ iQoppaie^re^ue à Tétranger, cellei-ci ne sert qu!îL ftir« fl^P«,ter. la prime, sur J'pr. U s'ensuit que toutes .les ,eijtrçprj^s qi,ii doivent paj.er d^es intérêts oa des dividendes au dehors subissent de ce chef ^es.pert^ im»welle5pqï^?iiéraJ?J^s,. ,..,,-.. ..,.,. r

.,JE^ Hpmftde^ on. njç,,voi|i gftère ,d'p^ dapal^ pyroulatioa* L'instr^jifteqt. d'^ang^estconjposé,,4e bolets etd'argeot,.

, En AilQRia^gnefcl'Étfit s'çf^rç^,df>^jm^ii\tenir.^t d'acqroîlre^ son ^toçl^ d'pr, rajsds ^Jle^ç'y i;fussi^t pc^^ co^Jiplètement. fl dpit restcf ei^viroR un ^ill^d^et dejnijde mç^rfc^ en ofi. ÇQ, qui, est jugé io^ufûsan^^pouf.id^ipqn^tisçp l^tMws qui ont cpnferyé puissaijçe li)>éra^toir£ ppupc mi .demi-n?^|* liard de.Riarks^J^algTé des dépits ^prpte^te^pç, sau3 cesse a^ilgme^téSld'apî:•^^^^s taj?|eaux 4eSQetJ)per(4fo^rM]j/ei^etc4 p. 60), les excédents d'exportation d'or ont été en :

18^2 105830i0ft ,

I884i*....*../....j/.,...ii.i..*.» 144 659' 000

Les royaumes Scandinaves n'ont presque pas d'or. Ayant à faire peu de remises à l'étranger, leurs billets de ba|;^ue, parfaitement gagés, suffisent à la circulation.

En Russie^ papier-monnaie, ni or ni argent; .agio siîï^ l'or, à Saint-Pétersbourg, 30 à 40 pour 100.

f En,Autriche!!Hpngçie,.,pî^pier;-,mpni;^ai^> ni pr ni, {argent; agio sur ^'pr,^PPur,ApO. ,, . , .;. ., ..,. ,

A Buenos-Ayres, agio sur l'or, do 120 à 130 pour 100» . -4ux îndfjs^iftg^surroç, 3^jpur.l00v - . i ,

- BARÉTÉ DE L^OR EN KUROI»E fil

En Grèce, papier-monnaie; agio sur l'or, 10 à 15 pour 100. Même aux États-Unis, où Ton frappe pour 150 millions de francs d'or chaque année, les banques associées doivent à chaque instant élever ie taux de l'escompte, pour maintenir le niveau de leur encaisse.

Au commencement de cette année (1890), on évaluait le sko^ métallique de la manière suivante :

Or au trésor 313 000 000 dollars.

— dans l€s banques 83 000 000 —

— en circulation 300 000 000 —

... ,■ Total en or. . 696 000 000 dollars.

Soit 3,500 millions de francs.

Argent au trésor 299 000 000 dollars.

— dans- le» banques 7 000 000 —

— en circulation.,. 46 000 000 —

Total en argent. 352 000 000 dollars. Sçit 1,75p.. millions de francs.

, Les États-Unis, avec «ne population de 65 millions d'habitants, qui augmente chaque année de plus d'un million et deaij^ possède 1500 000000 firancs d'or de moins que la Er^ee.quin*a que 38 millions d'habitants. Aussi est-ce la CQnvijCtion que l'instrument d'é<^ange est insuffisant pour faire face au développei^ent si prodigieusement rapide du p^ys qui a déterminé le Congrès^ à voter, en juillet 1890, le nouveau Silver BilL Encore au moment où j'écris ces Iigne$ la. conviction demeure générale dans l'Union que le numé* raire est trop rare, comme on le voit ps^r l'extrait suivant d'^pecorrei^ppndan^ financière de New-York (20 nov. 1890) ; , M La crise de NewrYork est passée. Mais, comme celle qui l'a précédée, elle a révélé qv'il y a insuffisance de monnaie aux État&^Unis. Si le loyer de l'argent est redescendu au taux normal de 4 i/% pour 100 au Stock-Exehange, c'est qu'on se retrouve dans une période de calme et que les demandes du marché n'ont rien de grave ni de pressant. Mais que le cours du temps ramène une vraie saison d'aifaires, qu'un mouvement de bourse. crée subitement des besoins d'argent

plus OU moins considérables, on se retrou s'era aux prises avec la gêne des derniers jours, et la crise pourra encore augmenter le nombre de ses victimes.

« Cette situation préoccupe à juste titre le gouvernement de Washington. D'après une dépêche du Times ^ la question de rinsuffisance monétaire a été discutée longuement ces jours-ci en conseil de cabinet. On y a étudié les mesures de secours qu'on pourrait proposer au vote du Congrès, qui s'ouvre lundi prochain. On ne sait pas encore si Tentente est faite à ce sujet. En tous cas, tous les ministres sont d'accord que le Trésor doit continuer à garder une réserve en or de iOO millions et que les ressources de l'État ne permettent pas de s'engager dans les débours que proposent certains membres occidentaux du Congrès.

« En général, on est d'avis qu'il faut remédier au mal en développant l'instrument des échanges, en augmentant la quantité de monnaie circulante. C'est de ce côté, en effet, que portent les investigations du secrétaire du Trésor, qui cherche à faire quelque chose en ce sens sans recourir au monnayage illimité réclamé avec plus d'instance que jamais par le parti de l'argent. »

Ainsi donc, partout dans le monde entier, sauf en France et en Angleterre, la rareté de l'or existe déjà. Dans beaucoup de pays, il manque absolument et il est l'objet d'une prime considérable et sans cesse variable.

En Australie, dans le Far- West de l'Amérique du Nord, dans toute l'Amérique méridionale, dans l'Afrique australe se développent des populations aisées, des villes nouvelles, des États nouveaux qui ont besoin d'or pour les exigences du luxe et de l'échange. Et c'est en présence d'un spectacle pareil, que l'on veut maintenir la proscription de l'argent et adopter l'étalon d'or universel!

L'extraction de l'or diminue et ce métal est retenu par les pays qui le produisent; des lois révolutionnaires ont proscrit brusquement le métal monétaire qui depuis la plus haute antiquité a été le principal agent de la circulation; l'industrie et l'Extrême Orient absorbent presque tout l'or annuellement produit; la frappe est presque suspendue

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