‹ La monnaie et le bimétallisme internationalChapitre 5 sur 137 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

géant TEurope à leur solder la différence de la balance en numéraire. De là le Bill Mac Kinley augmentant notablement la plupart des droits à l'importation et rendant en outre celle-ci plus difficile par les formalités les plus vexatoires et arbitraires. La proscription de Targent en Europe a donc pour conséquence d'entraver dans une mesure désastreuse les relations commerciales de notre continent avec les États- Unis.

Autre fait qui montre clairement comment se répercutent de pays à pays les contre-coups des fluctuations monétaires.

Dans la République argentine, État et provinces contractent en Europe des emprunts dont les intérêts doivent être payés en or. L'or est rare partout. Le capital des emprunts a été en partie très mal employé. L'or fait à Buenos-Ayres jusque 200 pour cent de prime. Une crise éclate. A Londres même, l'or est insufûsant à la Banque d'Angleterre. Des maisons financières de premier ordre sont ébranlées et des pertes énormes sont subies.

La notion même du droit n'indique-t-elle pas que, pour régler le sort de la monnaie, propriété commune de l'humanité et instrument international de l'échange, il faudrait une entente internationale? Sans doute, les nations tiennent à conserver leur indépendance ; mais ne se lient-elles pas, chaque jour, par des traités concernant les tarifs des douanes, des postes, des télégraphes? La monnaie, base du crédit, est le sang du commerce. Un État isolé peut-il avoir intérêt à jeter le trouble dans cette circulation artérielle, dont dépend la vie économique de tous les peuples? A considérer le problème des hauteurs théoriques de la science, en a-t-il le droit? Si un de mes actes, même légitime, doit causer un grand dommage à

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