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LE MONOMÉTALUSME-OR ET LES TARIFS DOUANIERS

économistes reconnaissaient ici un fait naturel conQrmé par Tusage universel.

Les partisans du monométallisme or s'insurgent contre la nature et la tradition ; c'est donc tout l'opposé du free trade. En outre, pratiquement, le monométallisme-or conduit au protectionnisme par deux motifs dont le bien fondé peut être contesté, mais dont l'influence est, on ne le voit que trop, irrésistible.

Quand les prix baissent et que les industriels, tout en produisant beaucoup, voient diminuer leurs bénéfices, ils en accusent la concurrence des marchandises étrangères. Le monométallisme-or a pour effet inévitable de faire baisser les prix.

Moins il y a de monnaie, plus, cœteris paribus, les prix sont bas. Vous n'admettez plus l'argent au monnayage et vous ne gardez que Tor : donc vous diminuez la quantité de la monnaie; donc, vous faites baisser les prix.

Depuis qu'en i873 on a partout, en Europe, proscrit l'argent, les prix ont baissé, en moyenne, de 30 pour 100. De là, crise universelle. A qui la faute? A la concurrence étrangère, s'écrient en chœur les industriels et les agriculteurs de tous les pays. Les métallurgistes allemands disent : Nous sommes ruinés par les Anglais, — et on rétablit le droit sur les fers. Les agriculteurs allemands disent : Le blé américain, le blé russe, le blé autrichien se vend à vil prix; nous serons bientôt réduits à abandonner la culture. — On frappe de droits l'importance des denrées agricoles. La crise agraire persiste. Les agronomes allemands cornmencent à en voir la véritable cause. Ils disent maintenant : ou renoncez à l'étalon d'or ou augmentez les droits. Lisez le très instructif écrit de M. 0. von Bar, grand propriétaire westphalien : VÊtalon d'or ruine Vagrkulture (die Qoldwaehi*ung die Rwin des deutschen Landivirlhschaft) .

Écoutez au Parlement français les lamentations des représentants de l'industrie française, et au sein de la Société des agriculteurs de France, les doléances des cultivateurs. La Chambre propose de surélever la plupart des droits, et industriels et agriculteurs applaudissent.

1^ LA MONNAIE ET LE BIMéTJiUSICE

Hé me chose en Italie, en Russie, dans le monde entier^ , Jusqu'en Angleterre, dans la patrie de Gobden, le proteetionnisine se réveille, s'abrilant sous kt théorie de la réciprocité et du /air trahie.

Après qiie TAngleterre, en 1816, eut adopté l'étalon d'or au moment même où la production des métaux précieux diminuait, une crise de contraction monétaire en résulta, tout à fait semblable à celle de 1873-i879 et, alors comme aujourd'hui, on a demandé, de tous côtés, des droits protecteurs pour arrêter la baisse des prix (V. chap. xy, 35).

Si les agriculteurs et les industriels se plaignent tous à la fois et dans tous les pays, de la concurrence étrangère qui avilit les prix, n'est-il pas évident qu'il y a là une contradiction palpable et que la cause de la baisse des prix doit être autre?

Le bétail se vend à vil prix, dit lé Sénat français; c'est la faute des bœufs italiens et des boeufs américains. VÉconamiste de M. Leroy-Beaulien démontre qu'il n'est entré que quelques têtes de bétail d'Amérique. N'importe; vite, une majoration des droits, au risque de blesser gravement des nations amies. Mais allez ilonc expliquer les saines doctrines économiques à des industriels dont le bilan se solde en perte, à des fermiers qui ne peuvent payer leurs fermages, à des propriétaires qui ne peuvent acquitter l'intérêt 4e la dette hypothécaire. Ventre affamé n'a pas d'oreilles.

Les États-Unis sont persuadés que leur instrument d'échange est insuffisant, que l'or seul ne peut suffire : ils accordent, à l'argent, par le nouveau siker bill, une place plus importante dans la circulation. Mais, craignant que l'or ne s'écoule, ils veulent 4 tout prix se créer une balance et, à cet effet, ils votent le bill Mac Kinley qui frappe les importations de droits très élevés et de mesures très vexatoires. Ici encore, la proscription de l'argent engendre le protectionnisme.

Voici le second motif qui du monométallisme-or conduit au protectionnisme. Il est plus défendable, mais il est tout aussi funeste. Si tous les pays veulent se servir exclusive-

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