‹ La monnaie et le bimétallisme internationalChapitre 86 sur 137 · LE SYSTÈME BIMÉTALLIQUE DOIT ÊTRE ADOPTÉ · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME BIMÉTALLIQUE DOIT ÊTRE ADOPTÉ

Evidemment cela aurait lieu, en vertu des lois les moins contestées de Téconomie politique, c'est-à-dire de la loi de l'offre et de la demande. En effet on aurait :

Or : offre limitée de 80 millions de francs annuellement disponibles pour la frappe, déduction faite de l'emploi industriel, des pertes et du frai, et des expéditions vers Textréme Orient.

Débouché illimité au taux de 3100 francs le kilogramme à 9/10 de fin ou à L. st. 3. 17, 10 1/2 par once standard, puisque tout l'or disponible peut être à ce taux transformé en unités monétaires, au moyen desquelles on peut acheter toutes les valeurs existant dans les quatre grands pays et y payer toute dette.

Il s'en suit que l'or ne peut tomber au-dessous du tarif des Monnaies de ces quatre pays.

Argent : offre limitée de 200 millions^ disponibles annuellement pour la frappe, en soustrayant de la production annuelle l'emploi industriel, les pertes et le frai, les expéditions vers l'extrême Orient et le monnayage en dehors des quatre grands pays.

Débouché illimité au taux de 200 francs le kilogramme ou de 60 7/8 pence par once standard, vu que tout l'argent peut se transformer en unités monétaires, au moyen desquelles on peut tout acheter et tout payer pour des centaines de milliards.

Puisqu'en regard d'une offre très limitée pour l'or et . même relativement peu considérable pour l'argent, le monnayage libre offre à ces deux métaux un débouché illimité d'après un tarif fixe, sur la base de 1 : 15 1/2, il est évident que ce rapport s'imposerait, en vertu des lois économiques.

C'est ce qu'a parfaitement reconnu M. Michel Chevalier quand il expliquait pourquoi la valeur de Tor n'avait pas diminué après 1850, quoique la production de ce métal eût

i. Les chiffres que j'ai cités au chap. xxxvn, d'après M. Frère- Orban, laissent disDûnihle una auantité d'argeot beaucoup moindre.

décuplé ea peu d'années : « La Fraiicc^ dit-il, est an marcbé qui offre à l'or des mines un déboucbé jusqu'à préfient indéfini sur Je pied de un kilogramme d'or œutre 15 1/2 kiCogramiOËS d'argent C'est par la même raisun c^ue si un commerçant à Pan^ achetait à bureau ouvert lebié â 20 Francs rbecto litre, il ne serait pas possible que sur le marché de Saint- Do ni s la cote s'écartât notable ment de 20 francs. >> (De la Baisse probable de Tor, p, 70,71*)

Page 1