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CHAPITRE III Comparaison des deux termes du problème

11 ne nous reste plus qu'à examiner les différents essais de vérilication expérimentale de la théorie quantitative qui ont été tentés par MM. de Foville, Au petit, Nogaro, Laughlin, Mac Lean Hardy et Mitcliell. Ces tentatives se divisent en deux catégories, selon qu'elles ont pour objet de vérifiçr expérimentalement la formule mondiale de la théorie quantitative ou sa formule nationale :

A. — Vérification de la formule mondiale de la théorie quantitative.

M. Aupetit a cherché à vérifier la théorie quantitative sous sa forme simpliste et sous sa forme complexe.

Tout d'abord, M. Aupetit a pense qu'on peut faire abstraction de l'un des deux termes du problème, la demande de monnaie, lorsqu'on n'envisage que de courtes périodes « oii la demande de monnaie peut être considérée comme constante, de telle sorte que les variations du stock métallique, l'offre seule, puissent être prises en fonctions des variations du rapport entre l'offre et la demande' ».

C'est ce qui, selon lui, est arrivé pendant la période de 1849- 1800 où la découverte des mines d'or australiennes a eu pour résultat une brusque augmentation du stock monétaire et dans la période de 1868-1879 où la démonétisation de Tarirent a jH-oduit

' Aupetit, op. cit., p. 272 : « Un premier artifice consiste à observer seulement certaines crises rapides pendant lesquelles la brusque variation de la production monétaire ne laisse pas aux autres facteurs le temps d'exercer uue influence appréciable >>.

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une brusque diminution de l'accroissement du stock annuel. L'inflation monétaire du xvi" siècle pourrait illustrer d'un exemple plus probant encore ce procédé de vérification puisqu'à cette époque les autres facteurs du problème, supposés constants, l'étaient sans doute beaucoup plus qu'aujourd'hui : les besoins circulatoires variaient alors infiniment moins et les moyens accessoires de paiement n'étaient encore guère développés.

Ne tenir compte, même pour des courtes périodes, comme le fait M. Aupetit, que de la brusque variation de la production métallique est une solution qui esquive plus qu'elle ne résout la difficulté; elle maintient la théorie quantitative dans les termes vagues d'une influence imprécise de la monnaie sur les prix et ne permet pas de constater le rapport statistique existant entre la quantité de monnaie et le niveau moyen des prix. Ce procédé de vérification qui repose sur une présomption de permanence inadéquate à la réalité n'aboutit pas à une mesure, mais seulement à une approximation de mesure : la théorie quantitative n'est-elle pas susceptible d'une vérification plus précise?

Lorsque M. Aupetit veut tenir compte des autres éléments du problème, il est conduit à des évaluations arbitraires qui prêtent à la critique. Le second procédé qu'il emploie pour vérifier la formule mondiale de la théorie quantitative fait intervenir la demande comme l'offre de monnaie. M. Aupetit cherche à calculer l'accroissement de la demande de monnaie et la proportion dans laquelle le stock d'or aurait dû augmenter annuellement pour satisfaire : 1° les besoins nouveaux de circulation; 2° la consommation industrielle; 3" la perte par le frai ; puis il compare au développement réel de la production de l'or la progression que celle-ci aurait dû subir depuis 1878 pour maintenir les prix au même niveau : cette comparaison lui permet de constater des déficits dont la courbe ne contredit pas la courbe des prix dressée d'après les index de Sauerbeck. C'est là sans contredit un procédé élégant de vérification, mais qui repose sur des bases bien fragiles. Si l^on considère les évaluations qui servent de point de départ à la comparaison, on se rend compte qu'elles sont singulièrement arbitraires. Le calcul de la proportion dans laquelle le stock d'or aurait dû augmenter pour satisfaire aux besoins nouveaux, monétaires ou industriels, repose sur des éva-

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lualions incertaines : sans parler de la slalislique de lu coiisonimation industrielle, statistique si peu digne de foi, est-on en droit de généraliser, pour le frai, les évaluations relatives à la France, alors que le taux d'usure varie selon les pays, le inornent elles pièces? Est-on surtout en droit de prendre comme indice du développement des transactions mondiales une moyenne entre le taux d'accroissement des revenus soumis à l'income la\ de 1880 à 1890 et celui du produit de l'impôt de>; patentes entre 187o et 1900?

On est donc obligé d'en revenir au premier proc(''d('! de vérification de M. Aupetit, procédé qui réduit la théorie quantitative à sa forme simpliste, à la constatation d'une influence de la monnaie sur les prix, influence mise en relief à certains moments jiar l'accroissement de la production mondiale.

B. — Vérification de la formule nationale de la théorie quantitative.

Si l'on ne peut arriver à une vérification plus jH-écise de la formule nationale dt; la théorie quantitative, peut-être peut-on mieux y parvenir lorsqu'on réduit l'application de cette théorie aux limites d'une nation : des vérifications ont été faites, pour la France par MM. de Foville et Nogaro, pour l'Angleterre par M. Nogaro, pour les États-Unis par MM. Mac Lean llard\, Laughlin et Mitchell, Les premiers se sont contentés de comparer les variations de prix aux variations du stock monétaire national telles qu'elles se dégagent des statistiques douanières et de la slatisticjue des frappes; les économistes américains ont cherché a introduire dans la comparaison l'élément transactions et l'élément crédit.

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