III. ÉTATS-UNIS
En .\mérique, .MM. Mac Lean Hardy, Laughlin elMitcliell ont eu l'ambition de réunir et de comparer un ensemble plus complet de statistiques; ils ont cherché à représenter ou même à. évaluer le développement des transactions pour l'introduire dans leur essai de vérification.
M. Mac Lean Hardy % pour la période qui s'étend de 1860 à 1891, a réuni, année par année, des renseignements statistiques sur les quatre points suivants :
r La circulation monétaire or, argent, papier-monnaie et bil-
• Nogaro, op. cit., p. 183-184.
- The Quantity of Moaey and Priées (1860-1891), Journal «f political Economi/' Maich. 1895.
116 EDOUARD DOLLÉANS.
lets, chiffre absolu et valeur proportionnelle, d'après les états publiés par le secrétaire du Trésor,
2° Le niveau moyen des prix d'après l'enquête de 1893 et les index Aldrich-Falkner.
3° Les opérations du Clearing-house de New-York (chiffres absolus et valeur proportionnelle).
4° La prime de l'or pendant le cours forcé (1862-1878).
Quelles conclusions son auteur en a-t-il tirées? En laissant de côté la période du cours forcé (1862-1878), on peut constater une baisse de prix de 16 0/0 de 1882 à 1892 (index 1882 : 108 et 1891 : 92). Cette baisse de prix s'explique-t-elle par une contraction de la circulation monétaire? Nullement, puisque de 1882 à 1892 celte circulation s'est élevée de 269 0/0 à 367 0/0 et que, comme nous l'avons dit plus haut, c'est pendant cette période que s'est formée l'énorme encaisse du Trésor des Étals-Unis. Yeut-on faire appel au développement des transactions pour expliquer cette contradiction apparente? M. Mac Lean Hardy a fait intervenir le chiffre des compensations au Cleariug-house de New-York pour montrer que, loin de s'être accrue pendant cette période, l'activité économique était restée stationnaire : dans son tableau le mouvement du Clearing-house de New-York a été choisi comme l'indice indirect du volume de transactions, choix assez judicieux, car le mouvement des compensations représente bien, sinon la masse nette, du moins la masse brute.
M. Hardy conclut en ces termes : « La circulation et les prix aux États-Unis marchent toujours en sens contraire et, quelles qu'aient pu être les causes réelles de la dépréciation des marchandises, le plus ou moins d'abondance de monnaie n'y est pour rien ».
M. Laughlin' a voulu rendre cette tentative de vérification plus frappante encore en la traduisant par un diagramme que . nous donnons ci-contre et qui permet de comparer trois courbes :
1" Variations des prix de 1860 à 1898.
2° Variations du volume de la circulation monétaire par rapport à l'année 1860, année de base égale à 100.
3** Variation de la circulation monétaire par tête d'habitant par rapport à l'année 1860^
1 Laughlin, The principles of money (p. 328), New-York, 1903.
2 Afin de répondre à l'objection faite par le général Walker (Q. /. of E., juil-
LA MONNAIt; ET LES PRL\.
De celle comparaison, il rrsulle, selon M. Laughiiii, ({u'il n'exisle aucun rapport entre les variations de prix elles varialions du volume de la circulation monétaire.
SCO