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Comme on Ta déjà dit, il a été procédé, en outre, au classement des pièces françaises de 20 francs et de 10 francs en or et de 5 francs en argent. Puis, on a rapproché, pour chaque millésime, du nombre des pièces trouvées le nombre des pièces frappées, et Ton a déterminé le rapport entre ces deux nombres.
La série de ces rapports a fourni aux investigations de M. de Foville sur Timportance et la composition du stock monétaire de la France, une base dont la solidité n'est pas contes^ table. Lorsqu'on examine, en effet, les proportions successives relevées pour chaque millésime et surtout lorsqu'on donne à ces proportions la forme graphique, on ne peut ne pas être frappé de la fidélité presque invariable avec laquelle la courbe de 1909 reproduit les mouvements, même les plus anormaux, des courbes de 1903, de 1897, de 1891, de 1885 et de 1878. La concordance des six courbes est un sûr indice de la valeur statistique des enquêtes.
M. de Foville en a déduit : l'' le maximum probable ; 2^ une évaluation approchée de la circulation métallique.
l'union latine, lb problème monétaire.
Voici par quelle méthode. Il choisit^ pour chaque coupure monétaire, une frappe que les circonstances permettent déconsidérer comme ayant subi peu de pertes. Il suppose que cette frappe soit complète, que la totalité de l'émission du millésime existe encore dans la circulation, et que, par conséquent, le rapport, connu, entre les pièces frappées et les pièces recensées de ce millésime soit identique au rapport, inconnu, entre les pièces existantes et les pièces recensées. Il admet ensuite que le même rapport existe, pour tous les autres millésimes, entre le nombre des pièces en circulation et celui des pièces recensées. C'est une hypothèse, mais une hypothèse très vraisemblable puisque ce l'échantillon soumis à l'analyse a été puisé dans un mélange parfaitement homogène^ ». Supposez que le rapport soit de o p. °/oo ; il suffira de multiplier par 200 le nombre des pièces recensées pour avoir le maximum des pièces françaises de cette coupure qui existent encore dans la circulation. Le chiffre obtenu n'est forcément qu'un maximum, car on a supposé complète une émission qui, pour être moins réduite que d'autres, a néanmoins subi quelques pertes.
Pour les écus, par exemple, c'est la frappe des cinq années 1867-1871 qui a été prise comme base^. Le rapport entre les pièces recensées en 1891 et les pièces émises à la même époque atteignant 2.70 p. et les pièces de tous millésimes recensées représentant 4,277,000 francs, les pièces nationales de 5 francs existant à cette date ne pouvaient dépasser de beaucoup 1,560 millions de francs.
Ce résultat se confirme lorsqu'on examine la série des rapports entre les pièces recensées et les pièces frappées. La courbe qui les traduit graphiquement fait ressortir avec une netteté parfaite l'importance comparative des survies de chaque millésime ; ses inflexions donnent la mesure variable des pertes qui ont atténué l'effectif originaire de chaque émission. On voit, en outre, s'y dessiner sept groupes d'années pour les-
1. V. La circulation monétaire de la France, communication k la Société de statistique de l^aris, 21 octobre 1885. Cf. Économiste français, 15 janvier, 5 et 12 février 1898.
2. Les frappes plus récentes (1873-1878) étaient restées presque entière* ment à la Banque de France. A. de Foville. Le stock monétaire de la France. Écojiomiste français y 2 novembre 1878.
LE PROBLEME MONÉTAIRE EN FRANGE
quelles les survies comparatives se rapprochent d'un même pourcentage. En prenant comme unité l'ordonnée maxima vers laquelle tend cette courbe, l'ordonnée de la dernière période^ les hauteurs respectives des ordonnées antérieures donnent immédiatement le coefficient de réduction propre à chaque période. Il suffît ensuite d'appliquer ce coefficient à la frappe de chacune d'elles pour déterminer ce qui en reste au maximum dans la circulation.
Le tableau ci-après ^ présente les résultats de ces opérations. On y voit que^ de 4867 à 1878, il a été fabriqué 125 millions d'écus et que le rapport des pièces recensées aux pièces frappées est de 2.70 p. ^oo- Partant de Thypothèse que ces frappes étaient entières, M. de Foville ramenait le rapport à 100 et inscrivait 125 millions dans la colonne du nombre maximum de pièces subsistantes. Pour 4847-1866, le rapport constaté par l'enquête est 0.85 p. Yooî 0.85 sont à 2.70 comme 31.5 sont à 100; il devait donc rester en 1891, au maximum, 31.5 p. % des 139 millions d'écus frappés de 1866 à 1847, soit 44 millions. Il était procédé de même pour les autres périodes.