Enquête sur la question monétaire , 18C9-1870, p. 2î
l'union latine., le problème monétaire.
elle dévierait trop fréquemment si on n'employait qu\in seul métal dans le monde sous forme d'espèces; en utilisant l'or et l'argent, on obtient, à chaque augmentation relative de l'offre de Tun de ces métaux, un accroissement de la demande qui lui fait équilibre, et qui entretient une grande fixité dans l'outillage monétaire. »
Il nous semble incontestable que, les pays à double étalon étant toujours acheteurs du métal en baisse et vendeurs du métal en hausse, la législation monétaire qui provoquait leurs achats et leurs ventes tendait à compenser l'effet naturel de la loi de Toffre et de la demande et à ralentir ou à atténuer la baisse du premier métal et la hausse du second. C'est ce que l'adversaire de M. Wolowski dans les discussions qui ont marqué la fin du second Empire, Michel Chevalier, avait admis lui-même implicitement quand il écrivait qu'après 1850, l'argent avait servi de parachute à l'or. Stanley Jevons, tout en se prononçant formellement contre le double étalon, a reconnu également son action compensatrice*. Les bimétallistes soutenaient donc très justement, que leur système tendait à limiter l'amplitude des variations qui se produisent, sous Tinfluence des lois économiques, dans la valeur relative des deux métaux et, par voie de conséquence, dans les prix exprimés en or pour les pays à étalon d'or, dans les prix exprimés en argent pour les pays à étalon d'argent.
Seulement il restait à démontrer que la frappe libre de l'argent aurait suffi, après 1873, et suffirait encore à contrebalancer les causes naturelles extrêmement puissantes qui ont provoqué la baisse du métal blanc.
Stanley Jevons semble l avoir admis. Il remarquait que le prix de l'argent était tombé de 62 V2 pence à 57 ^j^ depuis que l'Union latine avait limité la frappe, tandis que tout l'effet des grandes découvertes d or avait été d'élever le prix de l'argent de 89 ^4 pence à 62 V2, pendant que le système du double étalon fonctionnait 2.
On ne doit pas oublier que Stanley Jevons écrivait en l87o.
d. La monnaie et le mécanisîne de V échange, ch. xii, Paris, F. Alcan, 1891, p . 115.