Loc. cit.^ p
LE PROBLÈME MONÉTAIRE EN FRANCE. 271
L'exemple des États-Unis a montré^ depuis lors, rimp'uissance du législateur en présence de la baisse du métal blanc. Si la France et ses associées monétaires avaient maintenu la liberté de la frappe, le cours de l'argent aurait été soutenu pour un temps, pendant le délai nécessaire à la substitution de ce métal à Tor dans leurs encaisses et dans leur circulation. Une fois ce grand réservoir de métal jaune vidé, les ventes d'or et les achats d'argent devenant désormais impossibles, la baisse du métal blanc se serait immanquablement produite. Il on aurait été de même si l'on avait commis l'impardonnable folie de reprendre la frappe. Peut-être les cours de l'argent se seraieiitils relevés; dans tous les cas, la hausse n'aurait duré que pendant le délai très court nécessaire à l'écoulement du métal jaune au dehors.
On peut concevoir théoriquement une réorganisation du double étalon, sur la base du rapport nouveau qui s'établira entre les deux métaux lorsque sera close la grande crise du métal blanc. Sans doute le système procurerait-il alors aux peuples civilisés les mêmes avantages qu'autrefois.
Mais il faut bien reconnaître que la stabilité plus grande de la monnaie et des prix, résultat du double étalon, n'a été obtenue qu'au moyen de certains sacrifices, et que ces sacrifices étaient exclusivement supportés par les pays bimétallistes. En fait, depuis le commencement de ce siècle, le stock monétaire de la France a été plusieurs fois renouvelé ; et, chaque fois, par le jeu du double étalon, la mauvaise monnaie a chassé la bonne ; chaque fois, la France a été privée du métal qui faisait prime et a été mise en possession du métal déprécié : l'argent avant 1850, l'or de 1850 à 1870. C'est au détriment de sa propre circulation qu'elle a contribué à la stabilité de la valeur des métaux précieux dans le monde.
Les bimétallistes ont longtemps contesté que ces exportations du métal le plus cher infligeassent aux pays à double étalon une véritable perte. <c C'est un écho lointain de la doctrine mercantile qui résonne ici », disait M. Wolowski dans l'enquête de 1870^. ce Pour moi, lorsqu'un métal s'en va du