Loc, cit., p
l'union latine, le problème monétaire.
pays^ je lui dis bon voyage. Il reviendra quand ce sera nécessaire ; il ne s'en va que s'il rencontre meilleur accueil sur le marché étranger, s'il vaut plus chez les autres que chez nous, s'il achète plus de marchandises ; jamais l'un des deux métaux qui constituent la base de notre circulation ne s'écoule sans qu'il y ait profit pour le pays. » Précisant plus complètement sa pensée^ il écrivait ailleurs ^ : a Celui qui enverra sur le marché étranger le métal moins évalué (par la loi) touchera un bénéfice qui viendra s'ajouter à la richesse générale du pays d'origine ».
C'est, à notre avis, une erreur de croire que le double étalon n'était pas préjudiciable au pays dans lequel il fonctionnait, quand les pays environnants admettaient l'étalon unique d'or. M. Clément Jugiar l'a démontré par des arguments auxquels il n'a jamais été répondu-.
Pour apprécier le dommage que causaient aux pays h double étalon les modifications incessantes de leur stock métallique, il faut avant tout se rendre un compte exact des relations particulières qu'imposait à chacun d'eux la liquidation de ses opérations commerciales avec l'étranger. Si le pays avec lequel ils liquidaient ne disposait lui-même que d'une circulation dépréciée, ils n'avaient pas à subir de perte. Ils souffraient un dommage certain, si ce pays jouissait d'une circulation normale.
Quelle est la situation de la France ? Ses principales relations sont avec l'Angleterre, dont le système monétaire est basé sur l'or. Lorsque, par suite du jeu du double étalon, notre circulation métallique a été composée d'argent déprécié, le commerce français a subi des pertes, souvent considérables, sur le change. Lorsque notre circulation a été composée d'or, même déprécié, les pertes sur le change ont disparu, parco que nos moyens de compensation ont été évalués en or, exactement comme ceux des Anglais. Ces faits apparaissent avec une netteté saisissante, lorsqu'on étudie les cotes de l'or et des changes sur Londres avant 1850 et depuis cette époque.