Circulation ofsilver, 1880, p
ÉTALON MONÉTAIRE
A la douane de New York S l'or, qui en juillet 1890 avait formé plus de 95 p. ^/o des recettes, n'en représentait plus que les trois centièmes ; les monnaies d'argent et certificats d'argent y entraient pour 23.3 p. ^/o, les greenbacks pour 41 p. ^/o, lesbilletsduTrésor de 1890 pour 32.7 p. 7o- Et, en même temps, l'État était contraint de payer en or une forte proportion de ses dettes^ notamment tous les billets émis pour achats d'argent. Sans doute, le secrétaire du Trésor avait la faculté de rembourser ces billets en argent. Mais, ainsi que l'expliquait M. Gleveland dans son message du 8 août, une telle détermination en aurait fait des créances payables seulement en argent. La prime de l'or serait immédiatement apparue.
On remboursait donc en or ces billets, dont le gage était de l'argent. Du l^'' mai 1892 au 15 juillet 1893, les émissions avaient dépassé 54 millions ; les remboursements en or atteignirent 49 millions. La réserve de 100 millions de dollars, si souvent menacée, jusque-là toujours sauvegardée, fut atteinte pour la première fois. Le 22 avril 1892, elle fut réduite à 95,432,357 dollars, principalement parles demandes des exportateurs. Le 10 août, le secrétaire du Trésor l'avait ramenée à 103,683,290 dollars. Le 19 octobre, elle tombait de nouveau, par suite de remboursements de billets, à 81,551,385 dollars^. Comme le disait M. Gleveland, à moins de contracter constamment de nouveaux emprunts pour reconstituer à mesure l'encaisse d'or incessamment entamée, on ne pouvait éviter que l'argent se substituât bientôt à l'or dans le Trésor américain, par un effet fatal de l'application de la loi Sherman. Un jour ou l'autre on aurait été contraint de payer en argent déprécié toutes les dettes de l'Etat. Ce jour-là, on aurait vu se manifester la prime de l'or.
Le Trésor public, le peuple américain tout entier étaient donc dans une impassé. Quelle que fût la résolution prise, si l'on n'abrogeait pas la clause d'achat, on aboutissait à l'émigration définitive de l'or, à l'étalon d'argent, c'est-à-dire à la monnaie dépréciée, ce Réduits à l'usage d'une monnaie très avilie relati-
1. V. Bulletin de statistique du Ministère des finances, juin 1893, p. 683.