‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 196 sur 258 · LES DÉTROITS. — HONG-KONG · texte numérisé non relu

LES DÉTROITS. — HONG-KONG

monométallisme-argent et le bimétallisme indien^ la Chine devra se donner un système monétaire. Il n'existe pour ainsi dire pas de monnaie d'argent chinoise : à peine quelques pièces frappées par diverses Monnaies provinciales^. Ce métal est représenté dans la circulai ion soit par des lingots de formes et de poids divers^, de fonte privée, sur lesquels sont insculpés le nom du fondeur ainsi que le lieu de fabrication et dont le poids et le titre sont attestés par les mentions qu'y écrit à l'encre de Chine un évaluateur public^, soit par des monnaies étrangères, piastres mexicaines, britanniques ou françaises. Lingots et piastres sont acceptés pour leur poids et leur titre, au cours du métal. L'unité qui sert à exprimer leur poids, appelée taël par les étrangers et liang par les Chinois/ varie d'une place à l'autre et parfois sur une même place d'après le lieu d'où vient le marchand, ou d'après la place avec laquelle il fait affaire ou encore d'après la nature de la marchandise vendue*. Le litre du taël varie lui-même*^. En combinant la série des poids et la série des titres, on arrive à un nombre extraordinaire de systèmes pour une même place ^ et il y a en

4. 11 n'y a eu pendant longtemps d'autre monnaie émise par l'État que la sapè<iue. Kncure la valeur n'en t st-elle pas identique au Nord et au Sud. V. Bulletin de statistique du Ministère des finances , juillet 1905.

2. Ce sont les sabots (shoes) ; certains ont la forme de barques, d'autres de demi-calottes de sphère ou encore de tablettes; les poids varient de quelques grammes à plus de 1 1/2 kg. Le musée de la Monnaie de Paris en possède une collection.

3. J. Edkins, Chinese Currency, Shangaï, Presbyterian Mission Press, 1901, p. 51.

4. Les principaux taëls, du moins au point de vue des étrangers, sont : le taël Kouping ou du Trésor, en usage pour le recouvrement des impôts payables en argent, autres que ceux de douane : le taël Haikwan ou de la douane ; le taël Kueiping de Shanghaï (inférieur de 2 p. o/o au taël poids de Shanghaï, dit Tsaoping), base du change international pour le commerce de la Chine septentrionale et du bassin du Yang-Tsé. Les chiffres qui expriment Téquivalence des taëls en grains ou en grammes varient suivant les sources. Ce sont des poids d'once ; par exemple, on indique pour le Kouping tantôt 37.188, tantôt 37.285 grammes de fin.

5. Le type pour le titre est l'argent affiné ou sycee, transcription phonétique du mot chinois sai-ssîij soie pure. Le sycee est à 0.980. Le titre s'indique en centièmes de prime ou de perte par rapport au sycee.

6. On cite le cas de la ville de Ghung-King dans le Sseu-Tchouen, où le nombre des systèmes résultant de la combinaison des diverses unités de poids et de titre n*est pas inférieur à une soixantaine. Bulletin de statistique et de législation comparée du Ministère des finances, juillet 1905. Cf.,

LES IMITATIONS DE LA RÉFORME INDIENNE

Chine plusieurs centaines de centres commerciaux usant de taèls différents. Aucun rapport légal n'existe, bien entendu, entre le taël et la sapèque.

Avant tout, il faut ordonner ce chaos monétaire. La Chine s'y est engagée par ses traités avec les puissances, notamment vis-à-vis de l'Angleterre et des États-Unis par les traités du 5 septembre 1902 et du 8 octobre 1902. Mais l'absence de toute centralisation financière dans l'empire chinois rend l'entreprise difficile. On a vu le principe d'une réforme monétaire servir de prétexte , depuis 1903 , à des frappes désordonnées de pièces de cuivre par les Monnaies des vice-rois, qui ont ainsi ajouté à la confusion monétaire et provoqué une baisse de 20 p. ^'/o dans la valeur des espèces.

A plusieurs reprises, des décrets et autres documents ont été publiés, desquels il semblait résulter que la réforme monétaire était proche. On annonçait, en 1905, que le gouvernement de Pékin avait récemment interdit le monnayage du cuivre par les ateliers des provinces et qu'il avait créé une Monnaie centrale, établie à Tien-Tsin, avec succursale à Shangaï, et placée sous le contrôle direct du ministre des finances. On ajoutait qu'un décret du 21 novembre 1905 avait prescrit l'émission d'une pièce d'argent, destinée à remplacer les lingots chinois et les piastres étrangères. On disait que la pièce principale serait le taè'l kouping, c'est-à-dire un taêl ayant une valeur officielle uniforme^; mais on ne précisait pas si ce serait l'ancien taêl koiiping, dont il est d'ailleurs difficile de donner le poids exact, ou un nouveau taêl portant la même qualification. En 1908, il a encore été question d'un décret da 5 octobre adoptant comme base le taël kouping. Enfin, a paru un Règlement organisant le système monétaire présenté au trône par le ministre des finances, daté du 24 mai 1910, dont un édit impérial du 25 mai prescrivait la mise en application 2. L'unité monétaire devait être le yuan, pesant 72 candarins (centièmes) de kouping taél; le poids

ârt.ns \e Rapport du directeur des monnaies au Ministre des finances, 1905, iNutice sur les monnaies de la Chine et dépendances par M. J. Silvestre. V. aussi Gold standard in international Irade, 1904.

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