Moniteur officiel du commerce, 8 février
2. Administration des monnaies. Rapiiort au Ministre, 1910, p. 266.
de ce était fixé lui-même, en poids français, à 37.31 grammes. Aucune monnaie d'or n'était prévue.
Le décret du 25 mai, malgré ses termes impératifs, n'avait que la valeur d'un programme. Le gouvernement impérial voulait contracter un emprunt ; les groupes internationaux avec lesquels il le négociait avaient posé comme condition absolue que le régime monétaire de la Chine serait réformé. Au mois d'octobre 1911, les représentants des banques intéressées déclaraient acceptable le plan de réorganisation monétaire qui leur avait été soumis. Aucune mesure définitive n'avait donc été prise au moment où allait éclater la Révolution chinoise.
En résumé les réformes mexicaine et philippine constituent jusqu'à présent, avec celle des Straits Settlements, les seules tentatives achevées d'imitation de la réforme indienne,
§ l^**. — La réforme monétaire au Mexique.
L'unité monétaire traditionnelle du Mexique, le peso^ communément appelé piastre, procède de la pièce de 8 réaux frappée pour la première fois sous le règne de Ferdinand et Isabelle (1497-1504), sans doute à l'imilalion des Guldengi^oschen, dont l'atelier de Hall venait de monnayer les premiers exemplaires (1484 à 1486) à l'effigie de l'archiduc Sigismond, souverain du Tyrol^ et qui allaient prendre bientôt le nom de J oachinisthalei\ des mines de Joachimsthal en Bohême, ou, par abréviation, de tlialers^. La pièce allemande était alors taillée à raison de 8 au marc. Elle pesait donc une once La pièce espagnole ne
1. Ces pièces avalent été appelées Guldengroschen, parce que leur valeur était égale à celle du Gulden ou fïoria d'or. Engel et Serrure, Traité de numismatique moderne et contemporaine. Paris, Ernest Leroux, 1897 t I, p. 121.
2. Le marc se divise en 8 onces. Charles-Quint et Ferdinand I^»^ tentèrent de restreindre puis de supprimer le monnayage du thaler parles États et de le remplacer par une monnaie d'Empire analogue, le Reichsgulden, dont le règlement du 19 août 1559 fixait, en dernier lieu, la taille à 9 1/2 au marc (de Cologne) et le titre à 14 loths 16 grains. En 1566, pour obtenir radhésion de la Saxe aux règlements monétaires de TEmpire, le thaler fut admis comme monnaie impériale. Le Reischthaler (en néerlandais rijksdaalder^ en français rixdale), qui supplanta bientôt le Reichsgulden ou Guldenthaler était à la taille de 8 au marc (de Cologne) et au titre de 14 loths 4 grains. Les premiers thalers étaient à la taille de 8 au marc de Vienne, nlus fort que celui de Cologne, et à 16 loths, c'est-à-dire à
LES IMITATIONS DE LA RÉFORME INDIENNE
pesait pas tout à fait une once de Caslille (28.76.^ grammes). La pragmatique de Medina del Campo (13 juin 1497) prescrivait de tailler 67 reaies au marc (230. 123 grammes). Les piezas de a ocho reaies ou reaies de ocho, que cette ordonnance ne nommait pas d'ailleurs^, pesèrent donc 27.477 grammes.
Lorsque la real cedula de Charles-Quint et de sa mère Jeanne eut autorisé, le 11 mai 1533, la création d'un atelier monétaire à Mexico, la valeur du marc monnnayé dans la colonie fut fixée comme en Espagne à 65 réaux. Mais la taillo en fut portée à 68 réaux ^ au lieu de 67. Le poids de la piastre de 8 réaux fut ainsi réduit à 27.073 grammes. Ce poids, demeuré invariable pendant toute la période coloniale, conservé après la proclamation de l'indépendance par le décret du l®*" août 1823, est encore aujourd'hui celui de la piastre mexicaine. Le titre du real de ocho fut à l'origine de 11 deniers 4 grains (0.93055). L'ordonnance du 9 juin 1728 Favait abaissé à 11 deniers (0.91606). Mais à partir du 18 mars 1771, en vertu d'un ordre secret, on le calcula réellement à 10 deniers 20 grains seulement (0.9027). Ce titre, également consacré par le décret précité du août 1823, a été maintenu par la législation actuellement en vigueur^.
Le peso se divisait anciennement en 8 reaies, divisés euxmêmes en 4 ctcartos ou cicartillas. Les pièces d'argent étaient le peso, les pièces de 4 reaies, de 2 reaies, de 1 real, de 1/2 real, de 1 cuarta ou quart de 7^eal. En or se frappaient l'once de
1,000/1,000 (Engel et Serrure, op. cit., p. 120 à 125. W. A. Shaw, The history of currency, 1252 to 1894, Wilsons and Milne, London, p. 360 à 367). Pour l'histoire ultérieure du tJialer, voir les mêmes ouvrages.
1 . 11 n'y est question que de réaux, demi-réaux, quarts et huitièmes de réal. Une pragmatique de Philippe III (1620) constate qu'au lieu de monnayer un tiers en réaux, un tiers en demi-réaux, un sixième en quarts de réal et un sixième en huitièmes de réal, selon les prescriptions de la pragmatique de Medina del Gampo, on frappait surtout des pièces de 4 et de 8 réaux. Elle ordonne de frapper un sixième en réaux, un sixième en demi-réaux, un tiers en deux réaux, un tiers en quatre réaux (Aloiss lleiss, Descripcion gênerai de las monedas hispa?ïO-cristia?ias desde la invasion de los Arabes, Madrid, Milagro, 1865, t. 1, p. 323, 324 et 329).
2. En Espagne, sur les 67 réaux, 1 réal était prélevé pour frais de mon- Tiayage, 1 réal abandonné aux porteurs de matières afin de les inciter à faire frapper. A Mexico, 2 réaux étaient prélevés pour frais de monnayage, 4 à titre de seigneuriage ( Joaquin D. Ca.sa.sus^, Es éudios 77ione tari os, Mexico, Tipographia de la Oficina impresora del timbre, 1896, p. 322 à 326, 342 à 344.)
Joaqvnn O. Gasasus, op. cit., p. 19 et 20.
16 pesos ou dohlon de a ocho {escudo), appelé aussi quadruple, la pièce de 8 pesos ou doblon de a cuatro^ la pistole de 4 pesos ou dohlon de a dos, V escudo d^oro de 2 pesos et Vescudillo de 1 peso. Il y avait en cuivre des cuartillas et des ochavas.
Le système monétaire fut décimalisé par le décret du 27 novembre 1867, qui établit la division du peso en 10 decimos et 100 centavos. Les nouvelles coupures furent : en or, ^0 pesos, 10 pesos, 5 pesos, 2 V2 pesos^, 1 peso ; en argent, 1 peso, 50 centavos, 25 centavos^y 10 centavos (decimà), 5 centavos ^; en cuivre, 1 centavo. Le peso d'or contenait 1.692 gramme à 0.875*, soit 1.4805 gramme de fin; le peso d'argent, 27.073 grammes à 0.9027, soit 24.4388 grammes de fin. Entre la valeur du kilogramme d'or monnayé (675.416 piastres) et celle ^ du kilogramme d'argent monnayé (40.915 piastres) le rapport était de
1 àl6.51.
La législation était bimétallique : toutes les pièces d'or et toutes les pièces d'argent jouissaient d'un pouvoir libératoire illimité; les hôtels des Monnaies étaient ouverts, pour l'un et l'autre métal, aux apports des particuliers.
Mais le double étalon n'a pas fonctionné au Mexique de la même façon qu'en Europe. Il n'a pas eu pour conséquence l'importation et l'exportation alternatives de l'or et de l'argent, suivant les fluctuations du rapport commercial. Produisant les deux métaux précieux en quantités très supérieures aux besoins de la circulation nationale, le Mexique a constamment exporté l'un et l'autre; il n'importait pas le métal surévalué par la loi pour fabriquer les espèces nécessaires aux échanges intérieurs; c'est sur sa propre production qu'il les prélevait. D'autre part, pendant longtemps le monnayage n'a pas eu pour objet exclusif d'alimenter la circulation nationale. L'or et l'argent des-