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LE DOLLAR DES DETROITS

seraient pourvus d'une monnaie spéciale. II serait alors possible au gouvernement, en limitant la frappe du nouveau dollar, d'en faire hausser la valeur jusqu'au pair que Ton entendrait lui assigner vis-à-vis du souverain britannique.

Conformément à ces recommandations, un ordre en conseil du 23 juin 1903créaune piastre des Détroits, pesant 26.957 grammes (416 grains ty^oy' au titre de 0.900, identique au bi^itish dollar ainsi qu'au peso philippin^ et dont le poids de fin (24.2613) était légèrement inférieur à ceux de la piastre française (24.3 grammes) et de la piastre mexicaine (24.4388 grammes). Des ordonnances du gouverneur des Détroits, en date du 2 octobre 1903, qui d'ailleurs n'étaient pas applicables aux États confédérés malais et a TÉtat de Johore, prohibèrent l'importation des piastres mexicaines et britanniques, en même temps que l'exportation du dollar des Détroits^. Celui-ci fut déclarémonnaie-étalon de la colonie par une autre ordonnance du 5 octobre 1903^.

Après quelques hésitations 3, un taux de conversion fixe en monnaie britannique fut attribuée à la nouvelle piastre. Une ordonnance du gouverneur des Détroits, du 29 janvier 1906, modifiant une ordonnance de 1899 sur l'émission des billets, permit d'émettre à Singapore des billets contre de l'or, reçu par les commissaires de la circulation à un change fixé par le gouverneur en conseil. Un ordre de la même date fixa le taux de conversion à 7 livres sterling par 60 dollars, soit 2 sh. 4 d. par dollar. Une ordonnance royale en conseil, du 22 octobre 1906, donna cours légal dans les Détroits au souverain britannique d'après le même taux.

Au moment même où une valeur nominale de 28 d. était ainsi donnée au dollar des Détroits, la hausse de l'argent portait

1. L'exportation du dollar des Détroits était devenue libre en septembre 4904. Bulletin économique de V Indochine, juillet 1905, p. 640. Elle a été de nouveau interdite en 1905. sauf à destination de la péninsule malaise et des Indes néerlandaises. Économiste français, 3 février 1906, p. 125.

2. Une ordonnance du 11 juillet 1905 lui a donné la même qualité dans la colonie de Labuan."

3. En 1905, le gouverneur des Détroits déclarait qu'il n'était pas possible de prévoir le moment où la mesure pourrait être prise. 11 avait été question jusqu'alors du taux de 2 shillings; la hausse de l'argent en rendit l'adoption impossible. V. Bulletin économique de l'Indochine, juillet 1905, p. 640 et octobre 1905, p. 941.

420 LES IMITATIONS DE LA RÉFORME INDIENNE

très au-dessus de ce chiffre la valeur métallique des 374.4 grains de fin qu'il pesait. On devait appréhender qu'en conséquence il ne fût exporté. C'est pourquoi l'ordonnance du 22 octobre 1906 en abaissait le titre à 0.800. Une autre ordonnance royale du 11 février 1907 a abrogé cette disposition et rétabli le titre de 0.900, mais en abaissant le poids de la pièce à 312 grains ti^oy (20.217 grammes). Le poids de la pièce de 50 cents était réduit dans la même mesure. Une ordonnance du l®*" août 1908 a retiré le cours légal aux dollars et demi-dollars frappés dans les conditions de poids et de titre fixées par les ordonnances antérieures à celle du 11 février 1907. Les pièces de 20, 10 et 5 cents au titre de 0.800 prévues par Tordre du 2 février 1895 avaient continué d'avoir cours. Une proclamation locale du 25 décembre 1909 a réduit le titre de ces menues monnaies à 0.600.

Le dollar des Détroits ne pesant plus que 20.217 grammes à 0.900, soit 18.1953 grammes de fin, il faudrait pour que sa valeur métallique dépassât sa valeur nominale (28 d.) que le cours de l'once standard s'élevât au-dessus de 44 V4 L'éventualité n'est guère vraisemblable, et le danger d'une exportation des espèces d'argent est sûrement prévenu. Mais pour obtenir cette sûreté on a diminué le poids de fin de telle sorte qu'au cours de 27 d. pour l'once, le dollar ne vaut plus que 17 d.

Le change de 2 sh. 4 d. par dollar a pour garantie les sommes en or contenues dans le fonds d'échange des billets. A la fin de 1910, ces sommes s'élevaient à 1,154,355 liv. st. dans la caisse des commissaires de la circulation à Singapore et 868,917 liv. st. à Londres, aux mains des agents de la couronne ^

i. Colonial reports, Straits Settlements, 1910,

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