‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 228 sur 258 · PRIME DE L OR EN BARRES A PARIS · texte numérisé non relu

PRIME DE L OR EN BARRES A PARIS

1871 IT juillet.

8 août. .

2 octobre

p. Voo

1872 10 mai . . .

10 juin . . .

p. *»/oo

22 novembre .

1872 31 janvier . .

10 lévrier. . .

9 mars

1873 10 janvier .

30 juin . . .

10 septembre

20 octobre .

31 juillet. .

10 septembre

10 février. .

11 novembre 31 décembre

On remarquera le rehaussement des cours d'octobre 1871 à février 1872 et de juin 1872 à août 1873. Il résulte, pour chaque période, des achats de change faits, soit par les souscripteurs des deux emprunts de 2 et 3 milliards, soit par le Trésor luimême. Le change ainsi concentré aux mains du gouvernement représentait, lors de la première opération (du 1^"* juillet 1871 au 6 mars 1872), 1,477 millions, lors de la seconde (du mois d'août 1872 au mois d'août 1873), 2,771 millions. Pour ces deux périodes, la prime de l'or n'est pas l'expression de l'avilissement du papier qui circule à l'intérieur : elle résulte surtout de la demande du change destiné à régler une dette énorme à l'étranger. Dès que l'opération est terminée, dès que sont traversés les embarras commerciaux de Tannée 1873, la prime de l'or est très faible. Elle disparaît bientôt. Le crédit du billet était tel qu'en 1877, la Banque souleva les réclamations du public en voulant retirer les coupures de 100 et de 50 francs.

Si le cours forcé n'eut pas de conséquences plus fâcheuses, c'est assurément grâce à la prudence dont firent preuve le gouvernement et la Banque ; l'émission fut toujours contenue dans des limites raisonnables ; la ferme volonté des pouvoirs publics de demander à l'emprunt en rentes et à Timpôt les ressources indispensables et de mettre fin le plus rapidement possible au cours forcé, ne fut jamais mise en question. Enfin le pays sut s'imposer avec virilité les charges nécessaires à l'acquittement de ses dettes. Par-dessus tout, jamais il ne douta de lui-même. Aun.vuné. 31

LE BILLET DE BANQUE A COURS FORCÉ

§ 2. — Le cours forcé en Angleterre (1797-1820).

L'expérience que l'Angleterre a faite du cours force, de 1797 à 1820, bien que déjà lointaine, mérite d'être rappelée. Elle a fait l'objet, en 1810, d'une enquête approfondie et d'un rapport^ demeuré fameux sous le nom de Bullion report, aiixquels il est toujours bon de revenir, parce qu'ils ont complètement mis au jour le mécanisme du cours forcé et ses résultats.

Le cours forcé fut, en Angleterre, comme plus récemment chez nous, la conséquence des emprunts faits par le gouvernement à la Banque. Cet établissement ne se prêta d'ailleurs pas de bonne grâce aux demandes incessantes de Pitt*. En décembre 1794, en janvier, en avril, en octobre 1795, la cour des directeurs prenait des résolutions pour inviter le gouvernement à réduire son compte d'avances. Le 20 juillet 1796, elle protestait encore, faisant remarquer que le gouvernement la contraignait à violer sa charte. En eflfet, Vact de Guillaume et Marie inter- , disait à la Banque de faire des prêts à la Trésorerie sans le consentement du Parlement, sous peine de confiscation de la somme prêtée, dont moitié devait revenir à l'indicateur. Le gouvernement n'en persista pas moins à puiser dans les caisses de la Banque une partie de l'or nécessaire aux dépenses militaires et aux subsides qu'il fournissait à ses alliés.

Cependant, le cours forcé n'était pas encore établi. Il le fut seulement par un ordre en conseil du 26 février 1797, lorsque la Banque se trouva dans l'impossibilité de rembourser ses billets en espèe#js. A ce moment les avances au Trésor se montaient à 11,235,280 livres sterling. La suspension des payements en espèces fut légalisée par un act du 22 juin 1797, qui devait avoir effet jusqu'à l'expiration du mois qui suivrait la plus prochaine réunion du Parlement. Des acts successifs, en date du 30 novembre 1797, du 30 avril 1802, du 28 février 1803, du 13 décembre 1803, du 18 juillet 1804, du 22 mars 1815, du 21 mars 1816, du 28 mai 1818 maintinrent le régime du

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