‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 229 sur 258 · LE COURS FORGÉ EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LE COURS FORGÉ EN ANGLETERRE

cours forcé, qui ne fut aboli que par Vact de Sir Robert Peel^ du 24 mai 1819.

L'or qui avait commencé à être exporté dès 1793, disparut complètement de la circulation en 1797. Au lendemain de l'ordre en conseil du 26 février, les banquiers de la métropole ayant demandé à Pitt d'intervenir auprès de la Banque pour qu'elle leur donnât le numéraire indispensable à leurs menus paiements, le ministre répondit qu'il ne pourraient avoir plus de 1,000 guinées chacun. La monnaie d'argent ne tarda pas à suivre l'or à l'étranger. En 1804, la Banque dut être autorisée à faire frapper à Birmingham des piastres d'argent de 5 shillings. Quelques années plus tard, le gouvernement fut obligé de lui permettre de se servir dans ses paiements de piastres espagnoles à l'efligie de Ferdinand d'Espagne dont la tête fut surfrappée d'une petite tête de Georges III ^. En 1810, les piastres de 5 shillings étaient, en égard à la prime de l'argent sur le papier, reçues par la Banque elle-même pour 5 sh- 6 d. En 1811, la Banque dut émettre des jetons d'argent de 3 shillings, de 1 shilling et de 6 pence. Ces diverses monnaies furent immédiatement contrefaites : de 1804 à 1815 la Banque en avait émis pour 4^470,646 1. 4 s. 6 d. ; en 1816, elle en avait reçu en plus pour 105,859 1. 3 s. 6 d. Un acte du 11 juillet 1817 interdit, à dater du 25 mars 1818, l'usage de ces piastres et jetons, qui furent remboursés par la Banque en monnaies anglaises d'or et d'argent ou en billets.

On a vu qu'en 1810, l'argent faisait prime sur le billet. Il en était de même, à plus forte raison, pour l'or. Par suite des tirages excessifs faits par les agents du gouvernement, en vue de pourvoir aux dépenses de la guerre dans toutes les partie» du monde, le change était tombé à 20 francs : il y avait donc à retirer de l'or d'Angleterre un bénéfice de plus de 20 p. %• Comme on pouvait s'y attendre, une spéculation s'établit^ à lai faveur de l'écart existant entre le change et le pair de l'or. Mais bientôt sous l'influence de la demande, le métal fit une primQ

1. Ce fut roccasion de maintes railleries. Lawson, op, cit., p. 104, cite ce distique irrévérencieux :

The Bank, to make their Spanish dollar ciirrent pass, Staxnped the head oi a £ool on the head of a ass.

LE BILLET DE BANQUE A COURS FORGÉ

égale à la perte au change. En mai 1809, l'once d'or valut 4 1. 11 sh.*. Le change continua de se déprécier et le prix de l'or de s'élever, jusqu'en 1812 ; le 18 septembre, l'once d'or valut 5 1. 11 sh. V

En février 1810, une commission de la Chambre des Communes fut chargée de faire une enquête sur les causes de la hausse du numéraire (bullion), en ayant égard à l'état de la circulation nationale et à la condition du change sur l'étranger. Le gouverneur et les directeurs de la Banque, appelés à déposer, déclarèrent qu'à leur avis, aucune relation n'existait entre le cours des changes et la prime de l'or, et que la circulation de papier n'avait aucune influence sur l'un et sur l'autre. L'opinion prévalait alors parmi les hommes d'afl^aires que l'or avait enchéri, que le papier avait conservé sa valeur^.

La commission ne s'arrêta pas a celle explication. Dans son rapport, elle établit que les prix de toutes choses avaient haussé, en même temps que le prix de l'or. Ce n'était donc pas le numéraire qui avait enchéri ; c'était le papier qui s'était déprécié à raison de sa surabondance. Pour faire disparaître la prime de l'or, il fallait réduire la circulation des billets en rétablissant l'obligation de les rembourser en espèces.

Ces recommandations ne furent pas d'abord écoutées. Ce fut en 1819 seulement que, sur la proposition de Sir Robert Peel, devenu président du Bulli07i Commiltee^ le Parlement adopta une loi qui rétablit l'ordre dans la circulation. Le cours forcé devait prendre fin le l®*" février 1820; du l^** février au l^'' octobre 1820, la Banque serait tenue de rembourser ses billets en lingots d'or, à raison de 4 1. 1 s. par once standard; du 1®' octobre 1820 au 1^"* mai 1821, le prix du numéraire serait de 3 1. 19 s. 6 d. A partir du l®*" mai 1821, la Banque paierait l'or au prix de la Monnaie, soit 3 1. 17 s. 10 V2 d. Enfin, à partir du 1®*^ mai 1823, elle serait tenue de rembourser ses billets à vue en monnaies d'or du Royaume *.

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