MINIMUM
<c Grâce aux variations de l'agio, lit-on dans l'exposé des motifs du projet de loi de 1881, si celui qui stipule un paiement futur sait précisément ce qu'il donne en échange, il ignore ce qu'il recevra à l'échéance et il court le risque de recevoir une somme^ nominalement égale à celle convenue, ayant en fait un pouvoir d'acquisition beaucoup moindre ; d'autre part, celui qui contracte une dette doit craindre de payer à l'échéance une somme numériquement égale, mais effectivement plus forte que celle stipulée. Ces différences, presque insensibles avec la monnaie métallique, deviennent très grandes et amènent une véritable perturbation avec la monnaie de papier. Il est donc clair que le cours forcé doit rendre plus difficiles et plus onéreuses toutes les opérations de crédit, et cela d'autant plus qu'elles sont à longue échéance et que, par suite, les variations de l'agio peuvent être plus fortes avant qu'elles soient définitivement réglées^. »
ce On a dit souvent que le cours forcé protège l'industrie... » En effet, « les produits de l'industrie évalués en papier augmentent de prix; les salaires, les loyers, les intérêts des sommes précédemment empruntées, etc., restent invariables pendant quelque temps. Mais le phénomène inverse se manileste quand l'agio diminue ; le prix des marchandises baisse rapidement, tandis que les salaires et les autres frais de production ne diminuent que peu à peu. L'industrie ne tire donc pas du cours forcé un avantage permanent, comme on l'a dit par erreur, mais une succession de profits et de pertes qui, mathématiquement, se balancent et qui, en fait, soumettent la