‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 249 sur 258 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LE GAGE DE LA CIRCULATION FIDUCIAIRE

reste qu'une marchandise... qui soit toujours acceptée sur tous les marchés : ce sont les métaux précieux, l'or et l'argent. Oïi va donc les faire intervenir sur une grande échelle et changer ainsi le rôle qu'ils remplissent habituellement alors qu ils ne servent que de solde pour les grandes opérations commerciales, ou pour le comptant. Ce ne sont plus des moyens de crédit que Ton demande aux banques, des billets ou un compte ouvert pour opérer des virements ou des compensations, ce sont des espèces métalliques ou plutôt des lingots pour faire des remises à l'étranger ^. »

On a longtemps supposé qu'une émission excessive de billets de banque était la cause des crises, et que tout danger serait conjuré si une proportion convenable était maintenue entre l'encaisse et la circulation. C'est sur cette théorie que sont fondées les lois qui limitent au triple de l'encaisse le montant des engagements à vue des banques. L'act de 1844, en Angleterre, procède de la même idée. Sir Robert Peel, le colonel Torrens, lord Overstone, l'esprit encore occupé des arguments au moyen desquels ils avaient fait reprendre les paiements en espèces, étendaient au billet convertible les conclusions qui, dans le Bullion report, visaient exclusivement le billet à cours forcé. Ils pensaient que l'extension de la circulation des banques, même lorsque le billet est remboursable en espèces, provoque la hausse des prix et est le point de départ des spéculations qui aboutissent à la crise.

Il est certain que des émissions excessives avaient précédé les crises de 1826 et 1837. Mais la surabondance du papier de banque était la conséquence de la surabondance du papier commercial. La circulation fiduciaire se compose non seulement des billets de banque, mais de l'ensemble des promesses de payer, créées soit par les banques, soit par le public luimême. Vact de 1844 a restreint l'émission du billet de banque ; il n'a pu limiter les créations de lettres de change et de chèques ; il n'a pu, surtout, empêcher l'abus du crédit, la mise en circulation d'effets de commerce qui représentent, non le prix actuel d'une marchandise effectivement livrée, mais la valeur.

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