Des crises, etc., p. 4 4 et
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gonflée par Tespoir des hausses futures, d'une marchandise que le vendeur n'a peut-être pas et que l'acheteur compte bien revendre avant même d'en avoir pris possession. Aussi de nouvelles crises ont-elles éclaté en 1847, en 1857, en 1866, en 1873, en 1882, en 1890, en 1906-7.
L'inefficacité de Vact de 1844 parut évidente, même à Sir Robert Peel, dès 1847. La crise n'avait pas été prévenue. Quant au mécanisme imaginé pour lier les mouvements de la circulation à ceux du numéraire, il n'avait pas fonctionné : les billets n'étaient pas rentrés en même temps que sortaient les espèces; le chiffre de l'émission n'avait pas baissé. Ce qui avait diminué, c'était la réserve des billets, la quantité de baiiknotes restant à émettre; cette réserve était tombée à 1,100,000 livres (30 octobre) . L'extrême réduction de la réserve mettait la Banque dans l'impossibilité de venir au secours de la place par l'escompte du papier de commerce. Le 23 octobre, le gouvernement l'autorisa à passer outre, à émettre des billets non couverts par un dépôt de numéraire, à condition de ne faire d'escomptes ou d'avances qu'au taux minimum de 8 p. ^/o ; l'émission supplémentaire devait être garantie par des titres. La Banque n'eut pas besoin d'user de cette faculté.
En 1857, nouvelle crise, nouvelle suspension du Charter act, cette fois, eff'ective. Le 12 décembre, le ministère autorisa la Banque à dépasser la limite légale pourvu que le taux de l'escompte fût maintenu à 10 p. Vo- La Banque dut user de cette permission : l'excédent de la circulation atteignit, le 20 novembre, 928,000 livres sterling.
Dans les deux cas, après la suspension du Charter act^ la panique se calma. On en a quelquefois conclu qu'une émission non limitée aurait enrayé la crise, et que les restrictions de Vact de Robert Peel avaient été la cause de la gravité du mal. La conclusion est mal fondée. Ce qui avait fait défaut pendant la crise, ce que Ton demandait à la Banque, ce n'était pas du papier mais du métal. La diminution pour la réserve métallique avait été bien plus considérable que pour la réserve de billets. Lorsque Vact de 1844 fut suspendu, le moment le plus critique était déjà passé. La liquidation des engagements non compensables était faite. La ruine des maisons ébranlées était
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consommée. Celles qui demeuraient debout étaient dégagées elles n'avaient plus besoin de métal, mais de crédit; il leur suffisait de savoir qu'elles en trouveraient à un moment donné ^
Ce qui avait mis fin à la crise, d'ailleurs au prix de ruines inévitables, c'était la hausse du taux de l'escompte. En portant l'escompte à 8, 9, 10 p. 7oi Isl Banque avait provoqué la liquidation. Les demandes d'escompte qui vidaient son encaisse métallique n'avaient d'autre objet que de permettre aux spéculateurs à la hausse de reporter leurs opérations en livrant de l'or à leurs créanciers étrangers. La hausse du taux de l'escompte ayant élevé le prix du numéraire dans la même proportion que le prix des marchandises, le report devenait ruineux, la liquidation s'imposait.
La hausse du taux de l'escompte est le correctif naturel des changes défavorables^ le seul remède aux embarras momentanés d'une place dont les dettes excèdent les créances. Elle atteint la cause même du change défavorable, c'est-à-dire la sortie du numéraire : elle l'arrête. Elle fait mieux encore : elle provoque l'importation de Tor.
C'est en 1847 que, pour la première fois, la Banque d'Angleterre usa du rehaussement du taux de l'escompte au-dessus de S P- "^/o pour défendre son encaisse, ce Un fait très curieux se produisit alors, dit M. Juglar ; en présence de la hausse de l'escompte, on débarqua de l'or déjà embarqué pour l'exportation 2 ». La chambre des lords ayant nommé en 1848 une commission d'enquête, cette commission insista ce sur la nécessité de la hausse de l'escompte comme remède », regrettant ce que les directeurs de la Banque y eussent eu recours si tard et dans une mesure bien insuffisante ».
On a également reproché à la Banque d'Angleterre d'avoir, en 1857, tardé trop longtemps à élever le taux de l'escompte et laissé s'épuiser sa réserve métallique.
Depuis 1860^ la Banque veille au contraire avec le plus grand soin sur sa réserve métallique. Elle observe le cours des changes, qui dénonce les entrées et les sorties de numéraire, et, lorsque le change devient défavorable, elle n'hésite pas à