‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 35 sur 258 · IMPORTATIONS NETTES. APPORTS DANS LES MONNAIJSS · texte numérisé non relu

IMPORTATIONS NETTES. APPORTS DANS LES MONNAIJSS

Les importations d'argent très considérables de la période 1862-1866 étaient la conséquence des achats de coton que l'industrie européenne, écartée du marché des Etats-Unis par la guerre de Sécession, avait dû faire dans l'Inde anglaise. Lorsque la guerre civile eut pris fin, le coton américain reprit la place qu'avait momentanément occupée le coton indien : l'Europe eut à envoyer moins d'argent dans l'Inde.

D'un autre côté, à partir de 1871-72, un changement notable est survenu dans la nature et le mode des relations financières de la colonie avec sa métropole. Le gouvernement métropolitain se couvre des dépenses qu'il fait dans l'Inde en tirant sur le gouvernement colonial des traites, appelées India Council bills^ qui sont vendues à Londres par la voie de l'adjudication. Pendant la période de construction des chemins de fer indiens, les tirages de l'office de l'Inde furent singulièrement réduits. En voici la raison. Ces chemins de fer ont été faits par des compagnies anglaises, sous le régime de la garantie d'intérêt. Le capital, souscrit pour la presque totalité en Angleterre, fut versé entre les mains du secrétaire d'État pour rinde. Les achats de rails, de locomotives, de wagons, etc., faits en Angleterre, absorbèrent 40 p. ""jo de ce capital. Le surplus,-soit 60 p. **/o, fut dépensé dans l'Inde, pour l'établissement des voies. Le secrétaire d'État avait ainsi simultanément des remises de fonds et des recouvrements à effectuer dans l'Inde. Il compensait les uns par les autres jusqu'à due concurrence. Ses tirages étaient atténués d'autant. Le commerce, ayant à sa disposition moins de traites, était bien obligé d'envoyer du métal. Lorsque les travaux furent terminés, Vindia Office tira des traites pour le montant total de la créance du Royaume-

LA MO^'JSAIE.

Uni. Les moyens de remise en papier étant accrus, les quantités de métal envoyées dans l'Inde diminuèrent^

Voici les chiffres comparés des remises en numéraire et en traites du gouvernement, de 1868-69 à 1871-72 d'une part et, d'autre part, de 1872-73 à 1875-76 ^ :

NUMÉRAIRE du Consea (Or et argent). de rinde.

Millions sterling.

De 1868-69 à 1871-72 40.0 29.5

Moyenne annuelle 10.0 7.4

De 1872-73 à 1875-76 16.5 50.5

Moyenne annuelle 4.1 12.6

En 1875-76, les remises ne comprirent que 3.1 millions sterling de numéraire contre 12.4 millions de traites.

Les faits qui viennent d'être exposés suffisent à expliquer pourquoi le prix de Targent était descendu en janvier 1876 à 54 ou o6 pence. En juillet, il descendit même à 46 ^/4. La publication du rapport peu optimiste de la commission anglaise d'enquête sur la dépréciation de Targent (5 avril), les résolutions prises par la conférence de TUnion latine (février), le dépôt par le gouvernement français d'un projet de loi tendant à autoriser la limitation ou la suspension par décret de la fabrication des pièces de 5 francs (21 mars), le dépôt en Belgique d'un projet de loi tendant à proroger l'autorisation identique déjà donnée en 1873 au gouvernement (21 avril) ne furent sans doute pas étrangers à cet effondrement des cours. La panique fut d'ailleurs de courte durée. Les cours remontèrent : en décembre, ils oscillaient entre 55 S8 V2 pence.

Depuis 1876, les influences défavorables que Ton vient de voir à Tœuvre, n'ont pas cessé de peser sur le marché de l'argent. C'est à leur aggravation que l'on doit attribuer la lourdeur de plus en plus grande des cours.

La production des mines augmente encore. De 1876 à 1880, la moyenne s'élève à 2,196,000 kilogrammes ; elle atteint de 1881 à 1885, 2,661,000 kilogrammes, 3,387,000 kilogrammes.

1. Report from the select Committee on dépréciation of sitvevy p. xxxiv et XXXV, p. 28, quest. 611 et suiv.

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