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LA DÉPRÉCIATION DE L*ARGEXT

mandes nouvelles qui contribuent, avec celles que provoquent les besoins accrus de la circulation, à balancer raugmentation de l'offre.

La composition de la demande s'est modifiée. Elle provenait autrefois, pour la plus forte part, des hôtels des monnaies. Aujourd'hui la consommation industrielle égale, si elle ne la dépasse pas, la monétaire. Celle-ci exerçait sur le prix de l'argent, quand la frappe de ce métal était libre, une influence régulatrice ; la baisse de la cote au-dessous du pair légal provoquait des achats par l'effet desquels l'argent tendait k remonter au cours de 60 -j^- ; celui-ci était-il dépassé, les achats cessaient et ne tardaient pas à être remplacés par des ventes à la suite desquelles les prix reprenaient leur ancien niveau. Depuis que les Monnaies du monde entier sont fermées aux apports des particuliers, il n'y a plus de relation entre le prix du métal et rimportance des fabrications monétaires. Les gouvernements font leurs achats au fur et à mesure des besoins qui se révèlent dans la circulation. Leurs demandes interviennent parfois dans les périodes de hausse et accroissent la cherté de l'argent. Elles ne se produisent pas nécessairement dans les périodes de baisse, comme autrefois les achats des particnliers, et n'opposent dès lors aucun obstacle à la chute des cours. Ces circonstances expliquent pourquoi les oscillations de la cote autour des cours de 27 à 28 pence dans la période 1894-1911 ont eu une amplitude beaucoup plus grande que celles qui se produisaient avant

1872 autour du cours de 60 -jg- . La consommation industrielle est plus constante. Elle ne peut sans doute restreindre les écarts en hausse. Mais grâce à l'importance du débouché minimum qu'elle assure aux nouvelles extractions, elle limite la baisse et tend à ramener l'argent à la cote 27-28 pence. Cependant une augmentation plus forte des extractions annuelles pourrait bien amener une chute nouvelle des cours. On remarquera qu'après les productions plus grandes de 1907 à 1909, la moyenne des cours de l'argent s'est tenue au-dessous de 25 pence.

Les conditions de l'offre se sont modifiées comme celles de la demande. La baisse des cours a fait abandonner Texploitation de la plupart des mines dont Targent formait le produit unique

LA MONNATR,

OU principal ; quelques-unes seulement étaient demeurées en activité au Mexique jusqu'à ces derniers temps, grâce à la liberté de la frappe. En revanche, l'introduction de procédés de traitement moins coûteux, l'abaissement des frais de transport, les améliorations de l'outillage ont permis d'exploiter des mines dans lesquelles un peu d'argent se trouve allié au cuivre, au plomb ou au zinc. Sur les 5 ou 6 millions de kilogrammes d'argent produits chaque année, les trois quarts peut-être proviennent du traitement de quartz aurifères et de minerais de piomb et de cuivre argentifères. L'argent est passé au rang de produit complémentaire, sinon de sous-produit, et n'a plus de prix de revient particulier. On a cité le cas de la Broken Hill Proprietary Mine (Nouvelle-Galles du Sud), où le traitement de l'argent aurait donné un bénéfice même au cours de 15 d., le plomb étant à 18 liv. st. la ton^. Cette circonstance permet d'expliquer le fait, singulier de prime abord, que la baisse des cours de l'argent depuis 1893, n'ait pas, en dépit de sa profondeur, amené une restriction de la production.

La conclusion nécessaire de cet exposé est que la dépréciation de l'argent résulte des modifications survenues dans TofFre et dans la demande de ce métal.

On a cherché, pendant quelques années, à l'expliquer par une autre cause. La baisse de l'argent a commencé en 1873. Or, l'année 1873 a été précisément le point de départ d'une baisse générale des prix. Des économistes et des statisticiens de mérite en avaient conclu que la dépréciation de l'argent devait être rattachée à une cause plus générale, origine commune de l'abaissement des prix de la plupart des marchandises. Cette cause aurait été renchérissement, ou, suivant l'expression anglaise, Vappj^éciation de l'or.

i. Slabilily of international Exchange, Report o?i the introduction of the gold-exchange standard into China and other silver-using countries. Washington, 1903, p. 127. Straits Settlements, Currency Commillee, 1903, Minutes of' évidence^ p. 37. En ce qui concerne Broken Hill, on doit ajouter, d'après des renseignements publiés dans le Génie Civil, que l'exploitation n'en serait pas rémunératrice sans la teneur en argent de son minerai (337 grammes par tonne métrique). Le tout-venant sortant de la mine ne litre pas assez de plomb ou de zinc pour être utilisable comme minerai de Tun ou de Tautre métal. Il faut le traiter pour obtenir des concentrés plombiières ou zincifères marchands. C'est l'argent qui paie le traitement, tout au moins en partie (Génie Civil, 9 mars 1907, p. 318-322).

QUESTION DE h^APPIÎÉCTATlON DE î/OR.

m. — Question de h* APPRÉCIATION de l'or après 1873. — il est incontestable que les quatorze ou quinze années qui ont suivi l'année 1873 ont été presque uniformément marquées par une baisse du niveau général des prix. Une légère reprise s'est produite de la fin de 1879 au commencement de 1882. Puis, de nouveau jusqu'en 1888, Tensemble des prix a baissé. De 1888 à 1890, on constate encore un mouvement de hausse auquel succède bientôt, en 1891, une nouvelle dépression qui va s'aggi avant jusqu'en 1897.

En 1884, la réduction survenue dans la valeur des exportations françaises depuis 1874 atteignait 9.6 p. ""/o- Cette proportion, indiquée par le Bulletin de statistique du Ministère des Finances S résultait de la comparaison des valeurs relevées par le Tableau général du commerce de la France en 1884 avec les valeurs obtenues par Tapplication aux quantités de 1884 des taux d'évaluation de 1874.

Le travail n'a pas été refait pour la période 1874-1887 Mais on peut en rapprochant les valeurs provisoires calculées, dans les Documents statistiques sur le commerce de la France^ au moyen des taux d'évaluation de Tannée précédente et les valeurs définitives calculées, dans le Tableau général du commerce de la France^ au moyen des taux propres à Tannée, déterminer le pourcentage de hausse ou de baisse entre deux années consécutives. Cette série de rapports fournit les éléments à' Index Numbers qui sont particulièrement intéressants, parce qu'ils traduisent les mouvements des prix d'une masse très considérable de marchandises extrêmement diverses. M. de Foville^ a construit un de ces Index pour la période 1880-1 905> Celui qui suit a pour point de départ Tannée 1873.

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