‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 42 sur 258 · ANNÉES. IMPORTATIONS- EXPORTATIONS · texte numérisé non relu

ANNÉES. IMPORTATIONS- EXPORTATIONS

des prix.

Index.

des prix.

Index.

De 1873 à 1887, tous les pays ont souffert de la baisse progressive des prix. Dans toutes les parties du monde, le commerce fit entendre de vives plaintes. L'avilissement des stocks faisait disparaître le bénéfice espéré^- le capital engagé dans les approvisionnements était atteint lui-même et fondait en quelque sorte ; pour éviter ce désastre, chacun restreignait ses achats, stipulait pour des termes de plus en plus rapprochés ; la défiance universelle, en paralysant les spéculations, contribuait à son tour à la chute des cours.

En 1885., des commissions d'enquête furent instituées, en France et en Angleterre^ , avec mission de rechercher les causes des souffrances du commerce et de Tindustrie.

Dès 1879, M. Robert Giffen, dans un rapport officiel sur le

1 . Les rapports de la commission anglaise ont été plusieurs fois citéa au bas des pages qui précèdent.

QUESTION DE iS APPRECIATION DE l'oR.

mouvement des prix dans le commerce d'exportation de l'Angleterre, émettait Tidée qu'il pouvait y avoir connexité entre Textrême abaissement du niveau moyen des prix et une raréfaction temporaire ou permanente de Tor^. En 1883, M. Goschen adoptait expressément cette opinion, dans un discours à Vinstitute of bankers- . M. Robert Gifîen reprit la thèse et la développa dans un article publié par la Contemporary Review'^ , eu 1885, puis Tannée suivante dans un essay intitulé Gold siippty, the rate of discount and priées'^. L'éminent statisticien du Boa7*d of trade constatait que la production de Tor avait diminué. La moyenne annuelle, qui de J86o à 1870 avait été de 195,026 kilogrammes, était descendue à 173,904 kilogrammes, de 1871 à 1875; à 166,095 kilogrammes, de 1876 à 1880: à 153,643 kilogrammes, de 1881 à 1885. En même temps, la demande avait augmenté. L'or était plus recherché, plus estimé ; l'argent dédaigné, considéré comme moins propre que son rival aux usages monétaires. D'autre part, les réformes monétaires allemande et Scandinave, la reprise des paiements en espèces aux États-Unis d'abord, puis en Italie, avaient nécessité l'emploi de grandes quantités d'or ; cinq milliards avaient été absorbés de ce chef, en treize ans ; c'était presque toute ]a production de la période. L'or avait dû renchérir et telle était la cause de la dépression des prix.

Il est probable qu'en eiffet l'or a reconquis dans le dernier quart du xïx® siècle une partie de la puissance d'achat qu'il avait perdue, de 1850 à 1870, en raison de sa moins grande rareté. Le relèvement de la valeur qui sert à mesurer et exprimer toutes les autres, n'a pu être étranger à la baisse des prix. Mais il semble que l'importance de la hausse de l'or a été surestimée.

Si la production de ce métal a été moindre de 1871 à 1885 que pendant la période 1850-1869, elle n'en est pas moins restée de beaucoup supérieure à ce qu'elle était de 1830 à 1840 (20,289 kilogrammes) et même de 1840 à 1850 (54,759 kilo-

1. \ . Bulletin de statistique du Ministère des finances, juin 1879, p. 383.

2. On the probable results of an increase in the 2Durchasing power of gold.

Page 1