‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 43 sur 258 · Essays on finance, deuxième série. Londres · texte numérisé non relu

Essays on finance, deuxième série. Londres

grammes). Les quantités produites qui, de 4,752,070 kilogrammes, chiffre auquel elles étaient montées de 1493 à 1830, avaient été portées en vingt ans, de 1830 à 1870, à 8,038,173 kilogrammes, ont été accrues encore dans les quinze années suivantes et ont, en 1883, atteint 11,126,389 kilogrammes. 11 est vrai que d'autre part la demande a augmenté. Mais ce n'est pas dans la mesure indiquée par M. Robert Giffen. Il y a beaucoup de doubles et de triples emplois dans les additions dont le total lui paraît représenter la consommation de Tor de 1870 à 1885. Ce n'est pas seulement avec de For nouveau qu'ont été frappées les nouvelles monnaies de TAllemagne, des États-Unis, de l'Italie. L'Allemagne a utilisé pour la fabrication de ses reichsmark, beaucoup d'or provenant de la refonte de monnaies nationales et étrangères, notamment de souverains anglais ou de pièces de 20 francs : 273 millions en pièces françaises y ont été certainement employés*. Pour la reconstitution de leurs encaisses, les États-Unis, à leur tour, ont fondu de Ter allemand ; l'Italie, de l'or américain et allemand. Enfin, on ne tient aucun compte du développement de la circulation fiduciaire et du système des compensations dont TefTet assuré est de réduire Tusage et^ par suite, la demande de Tor.

Depuis 1885, au surplus, la production des mines d'or est entrée de nouveau dans une période ascendante.

C'est à ce moment que les gisements aurifères de l'Afrique du Sud ont commencé d'être mis en valeur : dix ans plus tard, leur production totale était déjà évaluée à près de 80,000 kilogrammes. Vers 1893, les extractions de la Colombie britannique et de l'Alaska deviennent importantes. Aux contingents nouveaux que fournissent le Transvaal, le Klondyke, le Yukon, s'ajoute un surcroît dans le rendement des anciens centres miniers. La moyenne annuelle de la période 188(5-1890 s'élève à 469,862 kilogrammes; dès 1889, le chiffre de 183,000 kilogrammes était dépassé; pour 1891-1895, la moyenne annuelle excède i245,000 kilogrammes; en 1893, le chiffre de 300,000 kilogrammes est presque atteint; il est dépassé, en 1896, de plus

4. V. Léon Say. Rappor^l sur la liquidation et le paiement de Vindemnilé de guerre, etc. Appendice à la traduction par le môme auteur du Traite de!^ c h an:; es êfrduffcrs, (ie Nf. (1 ose h en. (Paris. F. Alcan.^

QUESTION DE l' A PPIîEC/ATION l/oil.

de 5,000 kilogrammes; voici enfin les évaluations des dernières années du siècle : 1897, 3o5,^l2 kilogrammes; 1898, 431,606; 1899, 461,515; 1900, 383,049 kilogrammes.

On ne peut donc imputer à la rareté de 1 or l'abaissement général des prix pendant le dernier quart du xix® siècle. Le phénomène n'est cependant pas niable.

Dciiis une lecture faite, en 1889^ à l'Académie des sciences morales et politiques^ M. Alph. Allard n'admettait, comme causes possibles de ce phénomène, que la surproduction des marchandises ou le manque de monnaie. Il repoussait^ comme paradoxale, l'hypothèse d'une crise de surproduction. Peut-on admettre, disait-il, non sans raison, que ce pendant quinze années les hommes aient continué à produire trop do richesses ne leur procurant que pertes et mécomptes ? » Il attribuait dès lors à la crise une origine monétaire. Mais son argumentation différait un peu de celle de M. Robert Giffen et portait la trace de ses convictions bimétallistes^. ce On a enlevé du plateau métallique de l'Europe tout l'argent et on n'y a laissé que Tor. Quoi d'étonnant que l'équilibre se soit rompu et que le plateau des marchandises, emporté par son propre poids, ait été précipité dans une baisse fatale? » La conclusion de l'auteur était qu'il fallait réhabiliter Targent et le replacer sur le plateau métallique à côté de l'or, dont le poids ne suffisait pas à balancer celui des marchandises.

Il est aisé de sortir du dilemme 011 M. Alph. Allard prétendait enfermer ses contradicteurs. La baisse des prix peut résulter d'autres causes que de la surproduction ou de la rareté du numéraire. Toute réduction du prix de revient tend inévitablement à produire une diminution du prix de vente. C'est précisément à cette réduction du prix de revient que doit être surtout attribuée, selon nous, la baisse que l'on a constatée dans les prix de vente après 1873

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