IMPORTATIONS
EXPORT\TIONâ.
Écart annuel
Écart annuel des prix.
Index.
Index.
Les prix sont encore très au-dessous du niveau de 1873. Mais raméiioration est certaine.
On s'est demandé si ce relèvement de l'ensemble des prix ne résultait pas d'une baisse nouvelle de l'or. L'explication se présente naturellement à l'esprit, la production du métal jaune n'ayant pas cessé d'augmenter depuis 1895. En 189G, elle avait dépassé pour la première fois le chiffre de 300,000 kilogrammes; en 1899, elle était montée jusqu'à 461,000 kilogrammes; elle était redescendue en 1900 et 1901 au-dessous de 400,000 kilogrammes; mais on la trouve, en 1904, à 523,000 kilogrammes, en 1906, à 606,000 kilogrammes, en 1909 à 684,000 kilogrammes. Elle est évaluée pour 1910 à peu près au même chiffre. En quinze ans, les quantités extraites ont été de 7,625,000 kilogrammes, représentant une valeur de plus de 20 milliards de francs. Dans les quinze années précédentes, la production avait été seulement de 2,843,000 kilogrammes et 9,793.8 millions de francs.
Une bonne partie de l'or produit de 1896 à 1910 se trouve dans les banques. L'encaisse d'or de la Banque de France s'est accrue de 1,351.1 millions de francs; celles des banques italiennes sont plus fortes de 885.8 millions ; celles de la Banque austro-hongroise et de la Banque impériale de Russie , de 752.1 millions et de 746.6 millions. Pour l'ensemble des grandes banques européennes, l'augmentation est de 4,444.8 millions de francs. En môme temps, l'encaisse-or du Trésor des États- Unis a grossi de 4,829 millions de francs. La Caisse de conversion delà République Argentine a pris 930 millions, la Banque
QUESTION DE \' APPIIEC lATION DE L'OII.
du Japon 584 millions de francs. Tout ce métal circule sous la forme de billets ou de certificats. Mais, d'autre part, le volume des affaires s'est prodigieusement accru dans la même période. Il est probable que la demande des moyens d'échange a contrebalancé l'offre du métal et que le pouvoir d'achat de celui-ci n'a pas fléchi, du moins dans une mesure sensible.
D'autres causes ont certainement contribué à la hausse des prix. 11 en est de temporaires, par exemple, en 1910 et 1911, le redoublement d'activité qui a suivi la crise de 1907-1908. D'autres ont une influence durable. Parmi celles-ci se placent en première ligne le protectionnisme douanier et la législation sociale. Des tarifs qui atteignent non seulement les objets fabriqués, mais le charbon, les métaux non ouvrés, les subsistances même, ont un pouvoir d'enchérissement énorme^. Des lois qui augmentent les frais généraux de la production, en même temps que diminue la productivité de la main-d'œuvre, ne peuvent, en dépit de tous les progrès mécaniques ou chimiques réalisés par l'industrie, qu'entraîner la hausse des prix de toutes choses.
Il reste à tirer les conclusions de cebte étude sur les fluctuations de la valeur des métaux précieux depuis 1850.
On a vu que, soit pour l'or, soit pour l'argent, les mouvements de hausse ou de baisse ont toujours coïncidé avec des variations dans l'intensité relative de l'offre et de la demande. L'exemple de la législation des États-Unis sur l'argent a permis également de constater Timpuissance des gouvernements à régler l'usage des métaux monétaires. La théorie classique de la valeur des métaux précieux trouve donc dans l'examen des faits une confirmation entière.
4. V. Arnauné, Le commerce extérieur et les tarifs de douanes^ Paris, Alcan, 1911.