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L'acier Bessemer s'améUore par de fortes compressions

LA MONNAIlî.

transport et à Texploitation scientifique des gisements du Chili. Ce sel est devenu un engrais chimique des plus employés depuis que renseignement agricole vulgarise les belles découvertes de Gilbert, de Lawes et de Boussingault. La consommation en était de 1 10,000 tonnes en 1865, de 200,000 en 1872, de 325,000 en 1875, de 430,000 en 1885, de 932,000 en 1889. L'importation française était, en 1889, de 178,000 tonnes ; elle s'est élevée à 205,000 tonnes en 1892, à 286,000 tonnes en 1900. Malgré l'énorme accroissement de la demande, malgré le droit de sortie élevé perçu par le Chili, le prix qui, en 1880, était à Dunkerque de 38 francs les cent kilogrammes, est tombé à 30 fr. 50 c. en 1882, 29 fr. 50 c. en 1883, 23 francs en 1884, 19 fr. 60 c. en 1889. La Commission des valeurs de douane le fixait pour 1892 à 22 francs, à 21 francs pour 1900.

La baisse du nitrate de soude amène celle de l'azotate de potasse et de l'acide azotique. La baisse de l'acide azotique s'est répercutée sur le prix des matières colorantes artificielles extraites, à la suite des travaux de Verguin, Perkin, Lauth, etc., de l'aniline dont cet acide forme, avec le benzol, la matière première. D'autre part, le perfectionnement des appareils a fait baisser le prix des benzols ou benzines commerciales, qui oscillait de 1872 à 1886 entre 108 et 300 francs, varie de 1886 à 1893 entre 100 et 45 francs et, après être monté en 1896 à 100 francs, se tient entre 27 et 33 francs. Enfin, Tusage d'appareils continus pour la fabrication de l'aniline a amené une singulière économie de main d'œuvre.

C'est encore au perfectionnement des appareils qu'est due la baisse d'un produit concurrent du nitrate de soude, le sulfate d'ammoniaque. En 1883, l'Angleterre produisait 73,000 tonnes de ce sel ; elle en a produit 157,000 en 1892. Malgré l'accroissement de la consommation, les prix sont tombés de 50 à 30 francs. C'est que, dans cette période, les appareils de distillation, dits à colonnes, se répandaient, en même temps que des industriels imaginaient de retirer l'ammoniaque des fours à coke et des vidanges^.

1. L'importation française des sels ammoniacaux ne dépassait pas 13,000 tonnes en 1892. Elle est de 24,000 environ en 1910. La France a organisé, à son tour, la récupération des sous-produils delà fabrication du coke et commence à produire des quantités notables de sulfate d'ammoniaque.

QUESTION DE L* APPBÉCIATION DE l'oU

Même cause de baisse des prix pour Talcool. Pendant longtemps, Tappareil d'Edouard Adam est resté le dernier mot de la science ; mais avec la colonne Champonnois, avec les procédés de Le Play, de Dubrunfaut, avec les modes de fermentalion étudiés par Pasteur^ on voit se développer la production des alcools de grains, de betteraves, de pommes de terre et les prix s'abaisser à un bon marché inouï. Les industries qui utilisent l'alcool sont nombreuses et importantes. En 1893, les quantités soumises au droit de dénaturation approchaient de 107,000 hectolitres d'alcool pur. Elles ont dépassé 221,000 hectolitres en 1900. Le remplacement de cet impôt réduit par une taxe de statistique de 3 francs, puis de 0 fr. 25 c, l'application, que Ton peut espérer prochaine, de procédés de dénaturation peu coûteux, abaisseront encore les prix de revient des produits dans la fabrication desquels est employé l'alcool.

La fabrication de la soude occupe l'une des plus importantes industries chimiques. En 1894, la production totale était de 1,250,000 tonnes de carbonate de soude, qui se sont vendues, en moyenne, 110 francs la tonne*. En 1875, la même matière valait 280 francs. C'est qu'à cette époque, on obtenait la soude par le procédé Leblanc. Cette méthode, plus coûteuse malgré l'emploi des fours tournants et la régénération du soufre imaginée par des ingénieurs et des chimistes distingués (Mac Tear et Chance), est supplantée par le procédé dit à l'ammoniaque, inventé par M. Schlœsing et développé par les frères Solvay. Sur 1,500,000 tonnes de carbonate de soude fabriquées en 1900, 900,000 l'ont été par ce dernier procédé. Les prix sont d'à peu près 100 francs la tonne.

La baisse du prix de la soude a influé sur le prix des savons (soude caustique), des verres (sulfate de soude). La verrerie a été encore améliorée par l'introduction des fours à gaz. La baisse de l'acide chlorhydrique, autre produit complémentaire du procédé Leblanc, a contribué avec l'emploi des pâtes de bois à la baisse du prix des papiers. A la soude se rattache encore la fabrication de couleurs telles que l'alizarine.

d. V. Annales du Conservatoire des Arts et Métiers. E. Fleurent. Les grandes industries chimiques à l'Exposition de 1900. 3» série, t. 111. Paris, Gauthier-Villars, 1901 ; Cf. Albert Colson. op. cit.

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En 1880^ M. Sorel a triplé le rendement des chambres de plomb où s'élabore Tacide sulfurique. Le prix des couperoses (sulfates de cuivre, de fer, etc.) en a été atténué. L'acide sulfurique entre également dans les superphosphates : il sert à rendre l'acide phosphorique assimilable et propre à être ulilisé par l'agriculture. Le prix de l'acide phosphorique assimilable est, en conséquence, tombé de 0 fr. 95 c. le kilogramme en 1878 à 0 fr. 60 c. environ en 1892. Ajoutons que la déphosphoration des fontes a mis à la disposition de l'industrie une nouvelle source d'acide phosphorique.

Les anciens procédés de fabrication du chlore ont été remplacés en France, vers 1878, par le procédé Weldon qui a fait baisser de oO p. 1^ prix de revient de cette matière indispensable aux papeteries et aux blanchisseries. Un procédé plus économique encore, le procédé Deacon, tend à s'y substituer. Sans la révolution qui s'est opérée dans la fabrication de la soude et qui a rendu rare l'acide chlorhydrique , autrefois simple produit résiduaire, le prix du chlore serait complètement avili. La méthode électrolytique^ qui donnerait le chlore sans passer par l'acide chlorhydrique, se substituera peut-être dans un avenir prochain aux procédés Weldon et Deacon et achèvera la ruine du procédé Leblanc pour la fabrication de la soude, en donnant à meilleur marché le chlore et aussi la soude caustique.

Citons encore l'abaissement du coût de l'éclairage par l'invention des manchons à incandescence garnis de terres rares (oxyde de thorium, etc.) ; du prix des parfums par la découverte des parfums chimiques ; la liquéfaction industrielle de l'ammoniaque, de Tacide carbonique, de l'acide sulfureux, du chlore.

L'industrie est définitivement sortie de l'empirisme pour entrer dans des voies scientifiques. Ses opérations sont à chaque instant contrôlées par la chimie. Un progrès industriel suit un progrès scientifique, qui souvent paraissait d'ordre purement spéculatif. Les ammoniaques composées de Wurtz et de Zinin ont donné les couleurs d'aniline ; les études de Pasteur sur la fermentation ont révolutionné les distilleries, les vinaigreries, les brasseries. Les théories mécaniques de la cha-

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leur dues à Carnot, à Joule, à Meyer ont transformé les machines à vapeur. A son tour l'électricité fait son apparition dans Téclairage, dans le transport de la force motrice, dans les décompositions chimiques. Ces deux dernières applications sont les plus récentes et peut-être les plus fécondes. Le transport de la force, inauguré en 1886 par les expériences de M. Marcel Deprez^ entré quelque dix ans plus tard dans la pratique courante, a permis, entre autres résultats, l'utilisation des énergies naturelles contenues dans mamts cours d'eau et créé, à côté de la houille extraite des entrailles du sol, ce que Ton a pittoresqaement appelé la houille blanche. L'électrolyse rencontre des emplois multipliés. En 1894, nous en signalions l'intervention dans la fabrication des chlorates et le raffinage du cuivre. Elle a, depuis lors, déplacé au profit de la France et de la Suisse l'industrie du chlorate de potasse, dont le centre était en Angleterre ; la moitié environ des cuivres sont affinés électrolytiquement ; c'est par l'électrolyse au four électrique que Taluminiam est maintenant préparé. Et ce ne sont pas les seules applications du procédé ^

En résumé, la baisse des prix depuis 1873 nous paraît due pour la plus forte part aux applications nouvelles de la science à l'industrie. Nous admettons que les effets de cette révolution économique ont été rendus plus sensibles par la circonstance qu'ils n'ont plus été atténués, comme après 1850, par une réduction de la valeur de l'or, ce métal ayant reconquis, au moins partiellement, son ancienne puissance acquisitive. Enfin, le relèvement temponvire des prix de 1878 à 1882, puis de 1888 à 1890 et de 1898 à 1900 nous semble indiquer que leur abaissement de 1873 à 1878, de 1883 à 1887 et de 1891 à 1897 résulte dans une certaine mesure de la liquidation de crises de surproduction ou de spéculation.

De 1898 à 1900, comme on a pu le voir dans le tableau inséré quelques pages plus haut, le niveau des prix s'est relevé. Après un recul en 1901 et 1902, le mouvement de hausse a repris et s'est accentué dans les années suivantes :

1. V. A. Riche, Les principales iiouveautés en chimie, Paris, Doin, 1900; Albert Golson, op. cit.

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