‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 56 sur 258 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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AUNAUNÉ.

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et passent à son ordre les chèques et autres effets qu'ils reçoivent, de même qu'ils lui remettent le service de leurs paiements en fournissant des chèques imputables à leur compte. Les causes de créances et de dettes réciproques de ces intermédiaires et, par suite, les possibilités de compensations se sont accrues dans la môme mesure que les comptes de banque.

C'est surtout depuis l'introduction du chèque barré ou croisé {crossed chèque) que le service des recouvrements, de plus en plus concentré aux mains des banquiers, leur a fourni toute la monnaie de compensation dont ils avaient besoin pour balancer les chèques tirés sur eux. Matériellement le ci^ossing consiste en deux barres parallèles tracées verticalement sur le chèque. Un chèque ainsi barré ne peut être encaissé que par un banquier. Si le nom d'un banquier est inscrit entre les deux barres, c'est ce banquier seul qui peut réclamer le paiement du chèque. Cette modalité a été introduite pour obvier aux risques de perte et de vol particuliers aux chèques payables au porteur. La personne quia trouvé ou volé un chèque croisé, hésitera sans doute à en tenter l'encaissement, car elle serait tenue de recourir à l'intermédiaire d'un banquier, qui exigerait de son client de rencontre des justifications d'identité que le banquier tiré, tenu de payer à présentation, ne peut réclamer utilement. Les conséquences économiques du c7^ossing vont très au delà du but essentiellement pratique qui Ta fait imaginer. C'est la généralisation de cette modalité qui a donné au chèque toute sa puissance de compensation.

§ 4. — Les valeurs mobilières.

Le développement extraordinaire des valeurs de bourse depuis une soixantaine d'années a mis à la disposition du commerce de nouveaux et puissants moyens de transport des capitaux. Ce ne sont plus seulement les créances de sommes

1. Les chèques barrés ont commencé d'être utilisé^ eu France vers 1894. La Banque de France a délivré des carnets de chèques barrés à partir de 1911. Une loi du 30 décembre 1911 a autorisé formellement le barrement et en a précisé les effets juridiques.

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d'argent exigibles, qui, par leur incorporatioa dans des titres négociables, lettres de change, billets à ordre ou au porteur, chèques, servent à faire circuler les richesses. Les valeurs de bourse, titres de rente^ actions, o>ligaji<fns^ sont affectées au même office. y^'^

Dans une introduction ^>4a ^pi^émière édition française de la Théorie des changes ^ra^igers de M. Goschen^ aussi connue que ce traité lui-mèjlie,JMK Léon Say a merveilleusement mis en lumière ce rôle t^oderne du titre de bourse :

« Le grancj/pr^rès de notre siècle, dit M. Léon Say..., est d^avoir si bieBf combiné la propriété et le titre de propriété, que le titre feoit, en effet, devenu identique à la propriété ellemême... Cette représentation absolue de Ja propriété par le titre a fait disparaître toutes les difficultés qui entravaient l'échange et la transmission des droits de chacun sur. toutes choses. On envoie aujourd'hui dans une lettre, de France en Angleterre, d'Angleterre au Canada, de Hollande aux Indes, et réciproquement, l^s^ usines, les fabriques, les chemins de fer, tout ce qui se possède en un mot. La chose reste immobile, mais son image est sans cesse transportée d'un lieu dans un autre ; c'est comme un jeu de niiroir qui enverrait unjreflet au'^^'^' '^^^-^^^ }t0fi9^ du monde. Le miroir s'incline et le reflet va frapper plus V*^^^ haut, plus bas, à droite, à gauche. La chose est dans un lieu, mais on en jouit partout. Qui a le reflet la possède...

« Le titre, au point de vue des relations internationales, n'est plus qu'un article d'exportation, comme le coton, comme le blé. Un pays où il se crée plus de titres est un pays qui voit augmenter ses facultés d'exportation, absolument comme un pays oii il pousse plus de blé. Il va sans dire que, si le titre repose sur une valeur absolument nulle, le pays qui l'aura vu naître n'en sera pas plus riche pour cela ; de même que,, si. le grain était vide, ce serait exactement comme si le blé n'avait pas poussé. Mais c'est un point de vue qui, tout important qu'il soit, ne rentre qu'indirectement dans notre sujet. Ce que nous voulons établir, c'est qu'à supposer le titre bon, de même qu'à supposer le blé bon, le pays qui produit des titres en abondance augmente ses facultés d'exportation. »

Ce n'est pas seulement le pays qui produit le titre,, pour

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se servir des expressions de M. Léon Say, qui peut employer ce genre de valeur à solder sa balance extérieure. Il existe un certain nombre de fonds d'État et de valeurs qui ont un marché international, non qu'ils soient toujours meilleurs que les autres, mais pour un motif presque contraire, parce que les pays qui les ont créés, manquant de capitaux, ont du faire appel aux capitalistes étrangers et faire leurs émissions au dehors. Ainsi la rente italienne a été placée en grande partie à l'étranger, en France notamment où l'appelaient de chaudes sympathies politiques. Nous détenons maintenant de grandes quantités de titres russes , qui sont également cotés sur d'autres places étrangères.-

Lorsque la place débitrice veut, faute de moyens de compensation, employer des titres à se libérer, elle les fait vendre à la Bourse de la place créancière. C'est une marchandise, en effet, mais une marchandise dont la valeur est plus facilement réalisable que celle de toute autre, (c Quand il s'agit de valeurs réelles, observe à ce sujet M. Léon Say, c'est-à-dire de titres de chemins de fer productifs, ou de rente d'État d'un crédit reconnu, il y a toujours une possibilité de vendre. Il pourra être quelquefois nécessaire d'abaisser considérablement les prix ; mais quand on aura atteint un certain minimum, on trouvera toujours des preneurs. »

« C'est encore une qualité du titre, cet article spécial d'exportation ou d'importation, qu'il est plus facilement réexporlable que tout autres » On ne trouve pas toujours à réexporter du coton ou du blé. On est toujours sûr de trouver le placement de son or quelque part. Il en est de même des titres, ce On importe des titres italiens en France ; si on ne les place pas en France, on pourra les placer en Allemagne, ou en Angleterre, ou en Italie même *. »

Les valeurs de Bourse sont ainsi aptes à jouer le môme rôle que le numéraire. Comme lui, elles se déplacent facilement, passent et repassent la frontière, sont importées et réexportées au gré du commerce, sans être arrêtées comme les marchandises ordinaires par les difficultés ou le prix des transports. 1. 0/>. ci7. Ibid.

t. Id., Ibid.

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