‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 6 sur 258 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Le titre de ce livre, La Monnaie^ Le Crédit et le Change^ est emprunté au cours que l'auteur professe, à TEcole des Sciences Politiques, depuis 3 883-86.

Gomme le cours, le livie est affranchi de toute intention polémique. Les qu'estions Tnonétaires de ce temps y occupent une placo proportionnée à le ir importance, qui est considérable. Mais le livre vise au delà : il a pour objet la recherche des principes généraux qui permettent d'apprécier la qualité d'une circulation et le mérite d'un système monétaire.

C'est par l'étude des faits que l'auteur s'est efforcé de dégager ces principes.

Il a choisi, pour en tracer les caractères essentiels et en constater le fonctionnement, les systèmes de monnaies métalliques d'un certain nombre de pays : celui de Ja France, qui offre un exemple remarquable de Talternance des étalons dans l'organisation bimétallique ; celui de l'Angleterre, type du monométallisme fondé sur l'or ; ceux de l'Allemagne et des États-Unis, dont l'histoire fait apparaître les difficultés que suscite un changement de législation monétaire ou l'impuissance des pouvoirs publics à régler Tusage des métaux précieux ; celui de l'Indo- Ghine française, spécimen curieux du monométallisme à base d'argent. Pour les systèmes de circulation fiduciaire. Fauteur s'est attaché, de môme, à se placer le plus possible en présence des faits. G'est avec cette préoccupation qu'il a expliqué les conditions de l'émission du billet de banque en France, en Angleterre, aux États-Unis, exposé les conséquences du cours forcé en France, en Angleterre, aux Etats-Unis, en Italie, décrit le système du chèque et des

XII AVERTISSEMENT

compensations en Angleterre^ aux État^-Unis et en France, qu'il a recherché, enfin, quel est le gage de l'énorme quantité de titres de créance, lettres de change, billets de banque, chèques, qui constituent la circulation fiduciaire des grandes nations commerçantes.

Une étude d'ensemble sur les instruments et le mécanisme de la circulation précède cette série d'enquêtes. Il a paru qu'elle en était le préliminaire indispensable. La nature et la fonction de chacun des instruments de la circulation, monnaie, lettre de change, billet de banque, chèque, valeurs mobilières, y sont définies ; leur importance relative, le mode suivant lequel ils concourent aux mouvements des capitaux y sont déterminés. On trouvera notamment dans cette partie du livre, une discussion des causes qui ont provoqué les variations de la valeur des métaux précieux depuis le milieu de ce siècle, et l'exposé de la théorie des changes étrangers. Sur ce dernier point, l'auteur a cru devoir donner de nombreuses explications techniques, établir une sorte d'abécédaire destiné à faciliter rintelligence de cette question très spéciale, mais dont l'importance est extrême, car elle domine, à vrai dire, tous les problèmes monétaires.

Telle est précisément la conclusion générale de ce livre. C'est la condition du change sur l'étranger qui dénonce avec certitude l'état de la circulation et la valeur de h Torganisation métallique ou fiduciaire d'un pays. Faut-il I ajouter cette autre conclusion, qu'une circulation dépréciée est un grand mal? La proposition peut sembler évidente par elle-même. Peut-être, cependant, vaut-elle la peine d'être formulée une fois de plus, car beaucoup semblent Tavoir oubliée. Peut-être aussi est-il utile, comme on a cherché à le faire, de signaler à nouveau les voies qui conduisent directement à la dépréciation de la monnaie et à l'abaissement du crédit.

Avril 1894.

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