CHAPITRE II
Des mines d’or de lu Russie.
Le vieil Hérodote avait assuré que le nord de notre continent recélait des mines d'or d'une abondance extraordinaire. 11 avait raconté comment ce métal était successivement transmis aux Grecs par les Arimaspes, qui le recueillaient, et de là par les Issédons et les Massagètes ; mais cette assertion du père de l'histoire était depuis longtemps reléguée au nombre des fables, probablement à cause de ce qu'il y avait mêlé des griffons qu'il supposait commis à la garde du métal, et auxquels il le faisait enlever par les Arimaspes.
U y a un siècle et demi seulement que la Sibérie proprement dite se remet à donner des métaux précieux : c'était de l'argent, et, des lingots une fois obtenus, on retirait par la coupellation une modique quantité d'or. Vers la même époque, sous la puissante main de Pierre le Grand, le travail métallurgique recommençait dans la chaîne des monts Ourals, qui appartient pareillement au nord de la Russie, et qui sépare la Russie d'Europe de la Sibérie; c'étaient des métaux communs qu'on y produisait. Eu 1745, ou y découvrit l’or, sur les bords de la rivière
iâ4 CODAS d’économie politique.
Pischina; ce n’élail pas une mine d’alluvion, c’étaient des filons ou des veines de quartz où l’or était disséminé. De là, dans l'Oural, de nombreuses explorations qui firent trouver d'autres gisements d’or; mais nulle part ils ne valurent l’exploitation, excepté sur la Pischma et la Derezofska, et, sauf en ces deux localités, les mines d’or furent peu à peu abandonnées. Si les arts métallurgiques se développaient dans cette chaîne, par l’intelligcute activité des DemidofT, c’était eu s’appliquant au fer et au cuivre.
En 1774 cependant, une galerie d’écoulement creusée après qu’un incendie eut détruit une macliiuc d'épuisement, à la mine d'or de Klutebefsk, dépendant de la direction de Ilcrezofsk, fit reconnaître un gîte d’alluvion aurifère, dont on soumit une ))artic au lavage l’année suivante. On en resta là jusqu'en 1804, quoique les opérations de 1775 eussent dénoté une richesse de plus de cinq millionièmes (â zol. par 100 ponds). Les gisements d’or de l’Oural paraissaient abandonnés, lorsque, en 1810, ou mit la main sur deux pépites assez belles, ce qui excita l’ardeur des mineurs et la sollicitude de l’administration. On reprit donc les recherches et les travaux. En 1816, on retira de l’Oural 06 35 d’or. De ce moment, ce fut une industrie consti-
tuée; cependant les produits ne commencent à être considérables qu’en 183.5. Jusque-là, l’extraction totale des alluvions, depuis 1810, n’avait donné que 985 kilog. (1).
A partir de 1833, la production a une marche progressive, lente d’abord. En 1850, le produit officiellement constaté des lavages d'or de l’empire est de 5,779 kilog. Après 1850, le mouvement se dessine davantage. De nouveaux bancs d’alluvions aurifères avaient été découverts et mis en œuvre au milieu d’autres richesses métalliques, plus anciennement connues et exploitées, à 3,000 kilom. à l’est de l’Oural, au cœur de la Sibérie, dans la chaîne de l’Altaï, dont le nom signifie montagnes d’or. Plus étendue que l’Oural, avec des cimes plus élevées.
M) L'o savant officier du corps des mines de Russie, lU. de Helmerseu, a iloniié une eurteusc notice historique sur les travaux des mines dans l'Oural, (diiimaire du Journal dri mme» de Rouie, 1835, page 279.)
cette chaîne couvre un grand espace en Asie, dans les possessions russes et à la limite des immenses Élats qui obéissent, l'un au czar, l’autre à l’empereur de la Chine. Parmi ces âpres montagnes, on exploitait déjà, dans la Sibérie orientale, quelques mines d’argent et d’antres métaux; dès le dix-septième siècle, un Grec industrieux avait apporté au czar quelques lingots d’argent qu’il en avait retirés, et, depuis le commencement du dix-huitième siècle, l’argent donnait lien à une exploitation régulière. On distingue aujourd’hui, dans l’Altaï et dans les chaînes qui s’y rattachent, trois circonscriptions minéralogiques qui toutes donneut de l’or. Elles répondent à la partie supérieure des bassins de trois grands Oeuves, l’Obi, le Jenisséi et la Léna, tributaires de la mer Glaciale; la troisième de ces circonscriptions, celte qui porte le nom de la ville de Nertschinsk, embrasse aussi le haut du bassin de l’Amour, fleuve plus important que les trois autres, en ce que, au lieu de courir au nord vers des latitudes glaciales, et de se perdre dans un océan inaccessible, il coule à l’est et se décharge dans l’océan Pacifique. Les parties de la Sibérie, où ces mines d’or ont été reconnues et s’exploitent, offrent aussi des mines de plomb argentifère, d’étain, de fer. Pour qu’elles aient toute ressemblance avec les terrains aurifères du Brésil, on y rencontre quelques pierres précieuses.
Les mines de la Russie boréale produisent depuis plusieurs années une quantité de métal qui excède ce qu’en a rendu l’Amérique aux plus beaux jours du Brésil, et qui est double de ce qu’elle en a jamais livré depuis l’ouverture du siècle. Hérodote avait donc raison (1).
Remarquons en passant combien il est étrange que les hommes eussent perdu la mémoire d’un fait si parfaitement propre à
(1) Il n’est pas jusqu'à la fable des griffons gardiens du précieux métal qui n’ait son explication : des ossements de grands quadrupèdes, pareils aux éléphants et aux rhinocéros, existent bien conservés dans la couche du sol qui recouvre les bans de graviers aurifères. Les tribus indigènes, race de chasseurs, croient y reconnaître, selon le témoignage de M. de Uumboldt, dans son Aric enUrale, les griffes, le bec, la tète entière d’un oiseau gigantesque.
220 COVM D’éCONOmtE rOLlTIQfim.
tenir en éreil, Che2 les peuples et chez les prinees, une pàsslon qniÿ par elle-métne, est extrêmement vivace, la soif «les richesses métalliques. Le plus classique des historiens l'avait vainement cénsigné dans ses écrits; son récit était traité de radotage. Peu d'exemples montreraient aussi bien tout ce que notre nature a de léger, notre savoir de fngitiL
Le grand développement de la production de l’or de lavage, dans la Russie boréale, est dû principalement aux alluvions de la Sibérie proprement dite. Les mines de l'Oural, depuis 185S, rendent une quantité qui oscille entre 4,800 et 5,500 kilog. Jamais elles n’ont dépassé 6,000 kilog.; mais elles s'en étaient beaucoup rapprochées entre 1850 et 1835. La Sibérie en est venue par degrés à 23,000 kilog. (1).
Quand on eut reconnu que l’Oural abondait en alluvions aurifères, c’étâit déjà une vaste carrière ouverte aux hommes industrieux; car cette chaîne n’a pas moins de 1,900 kilomètres de longueur. Après les reconnaissances faites à l’orient de rOural dans la Sibérie, le champ d’exploitation a acquis des dimensions prodigieuses. Depuis le Kamtchatka et les monts Ouskoï, dont le pied est baigné par l’océan Pacifique, jusqu’au méridien de Perm, à l’ouest de l'Oural, sur une distance qui embrasse la moitié du cercle qu'on décrirait en faisant le tour de la planète par ces latitudes, les dépôts aurifères sont distri-bués eu groupes nombreux et étendus, et la Zone où ils sont épars est d’une largeur moyenne de 900 kilomètres. La pré-^ sence de l’or sur cette immense superficie est un des phénomènes les plus généraux qu’on puisse signaler sur notre globe (2).
Dans l’Oural, les dépôts aurifères ont la forme accoutumée
(!) Nous citons ici les nombres ofliciels arrondis. On verra plus loin dans quelle limite il convient de les modifier.
(S) Je renvoie, pour la description de ces gîtes d'or, nün-seulemént à une publication fort intéressante que le gouvernement russe a fait imprimer à Paris pendant plnsienrs années sous le titre d’dnnuntre du Journal det mines de Battit, et qui malheureusement est interrompue depuis quelque temps, mais aussi aux ouvrages de plusieurs saviiiils géciloglle.s, de sir lioderic Nurelilsuii, de M. de Vei'iieuil, de M. Pierre TchlIiutclicIT, et autres.
LA MONNAIE, SECTION Vf, CHAPITRE II.
bancs allongés dont la largeur n’est que du vingtième de la longueur dans les plus grands, ceux qui ont jusqu’à bOO mètres, et du douzième dans les plus courts. Us sont disposés tantôt le long des rivières à peu de distance des bords, tantôt sur les pentes et les plateaux arides ; leur épaisseur se réduit quelque^ fois à 20 centimètres, mais elle approche souvent de 2 mètres, elle va même au delà.
Dans l’Altai, les dimensions des dépôts, en tout sens, sont, en moyenne, supérieures à celles de l’Oural. On en cite dont l’épaisseur est de 6 mètres et plus.
Les couches d'alluvions aurifères sont fréquemment recouvertes, dans rOural et plus encore dans l’Altai, par des épaisseurs assez fortes de sables ou d’autres alluvions stériles. Le plus souvent on déblaye les bancs aurifères ; quelquefois on les exploite par puits et galeries, mais c’est rare. L’exploitation par puits et galeries est facilitée par l’abondance des bois, qui est surprenante.
La richesse des sables aurifères de la Russie boréale, mesurée par les rendements moyens du lavage, n’a pas été stationnaire. Tant qu’on était dans l’Oural, la moyenueélait de2 millionièmes à 2 mill. et demi. U fallait laver 400,000 à 500,000 kilog. ou 200 à 250 mètres cubes de gravier pour obtenir un kilog. de métal; mais on faisait avec profit le lavage de sables moins riches; on en lavait beaucoup qui avaient à peine la moitié, quelques-uns qui n’avaient que le tiers ou le quart de cette teneur moyenne ; il s’en rencontrait aussi où elle était notablement dépassée. Dans les bancs de sables aurifères, on rencontrait, par exception, des veines incomparablement plus productives, mais d’une étendue restreinte. Quand l’exploitation se fut étendue aux vallées de l’Altaï, la teneur des sables s’y montra variable aussi: on y en exploita qui ressemblaient meme aux gîtes médiocres de l’Oural; mais, après quelques années, on en découvrit où la teneur en or se montrait assez régulièrement double ou même triple, quadruple, de la moyenne des gisements de l’Oural, et plus grande encore.
Lorsque l’on compulse les relevés ofiiciels contenus dans Y Annuaire du Journal des mines de Russie, on est frappé du
228 COURS d’économie tolitique.
cbangcmcol brusque qui se manifeste de 1841 à 1842 : pendant l’année 1841, la teneur moyenne des alluvions de la Sibérie a été : sur la Oirussa, de 0.000 006 700 (2 zol. 57 dolls, par 100 pouds); sur la Léna, de 0.000 000 055(2 '/« dolis) (1); sur rOka, de (2) 0.000 000 036 (13 ^/4 dolis) ; sur l’Oudereï, de 0.000 011 6 (4 zol. 44 ^4 dolis); sur la Rubnaïa, de 0.000 025 (9 zol. 36 '/, dolis); sur la Mouragnaïa, de 0.000 021 (8 zol.); surlaPodkamennaïa-Tongouska,de 0.000 OH (4 zol. H '/t dolis), et sur les affluents du Jenisséi, de 0.000 004 1 (1 zol. 58 '/* lis) (3). Cependant la moyenne générale, pour les deux gouvernements de Tomsk et Jeuisséisk, ne fut encore, cette année-là, que de 23 dix millionièmes (0.000 002 3). C’était donc comme dans l’Oural à peu près.
Eu 1842,1e premier semestre donne, pour les mêmes régions, un rendement moyen de 112, et le second de 116 dix millionièmes (0.000 011 2 et 0.000 011 6) (4t. Ainsi, en 1842, le rendement, selon les documents offlciels, aurait été quintuple de 1841.
Aussi, à partir de 1842, l’extraction offre-t-elle dans la Sibérie proprement dite, un surcroît remarquable. Relativement à 1841 l’or de lavage de cette partie de l’empire est presque doublé (5) en 1842. La Russie, pour la production de l’or, passe immédiatement par-dessus l’Amérique, et les années suivantes sont de plus en plus productives.
Ces renseignements sommaires sufflsent àcxpliqucrcommcnt la Sibérie a acquis la supériorité sur l’Oural, et comment les principaux concessionnaires de mines, dans ces pays, les Popoff, les RiazanolT, et quelques autres, ont pu réaliser, dans ces sauvages contrées, des bénéfîces comparables à ce qu’ont recueilli, au Ulcxique, les Laborde, les Obregon et les Fagoaga.
(1) Colle localilô n’a donné en tout que 70 grammes d'or; on y a occupé vingl-cinq hommes. C'élait une exploralion cl non une cxploilalion.
(3) Cxploilalion aussi insignilianlc que la précédciilc.
(3) Annmirc du Journal des mines de Russie, volume de 1842, p 303.
(4) Ibid., pages ôli) cl 320.
(3) Les oliiQ'rcs oflkicis sonl, ])our 1841, de .'>,815 kilog ; pour 1812, de 10,089.
lodépendamnient des alluvions, on trouve dans la Russie boréale quelques filons de quartz aurifère assez riches pour être exploités. C’est même par là, on l’a vu, qu’a commencé l’exploitation moderne de l’or dans l’Oural. Mais l'or qui a cette origine ne forme qu’une imperceptible fraction du total. L’exemple le moins insignifiant qu’on puisse citer de l’exploitation des filons est, de nos jours encore, à Berezofsk.
L’extraction de l’or des alluvions s’effectue par des moyens perfectionnés qui font honneur aux officiers du corps des mines de l’empire de Russie. Ce sont des méthodes bien supérieures à celles que suivent les orpailleurs de nos fleuves.
Lorsque commença, dans l’Oural, l’exploitation de l’or de lavage, la couronne voulut partager la tâche et le profit avec l'industrie privée. Elle s’adjugea à elle même, dans cette chaîne, et plus tard dans l’Altaï, le versant occidental des montagnes, laissant aux particuliers le versant oriental. Ce partage s’est trouvé très-inégal au détriment de la couronne, parce que l’expérience a montré que les gisements du versant occidental étaient de beaucoup les plus pauvres. Si l’on devait en juger par le relevé de l’extraction, l’inégalité serait plus marquée encore dans l’Altaï que dans l’Oural. De plus l’Ëtat se fait remettre, à titre de redevance ou d’impôt, une partie du produit brut des exploitations particulières. Les premières concessions avaient été accordées sous la réserve d'un prélèvement du 10'' au profit du trésor. Plus tard, ce droit a été porté à 15 pour cent; il y avait, en outre, un impôt qui, jusqu’en 1819, était de 4 roubles par livre de métal , pour le service de la police.
Un ukase tout récent, du îj avril 1849, vient de rendre progressive la redevance des mines en Sibérie, et de la porter à un taux qui, pour les grands établissements, est exorbitant. Pour ceux-là, en effet, il ne s’agit pas de moins de 32 à 35 pour 100 du produit brut, indépendamment de la taxe spéciale de police qui, pour cette même classe d’exploitants, est portée à dix roubles par livre de métal au titre monétaire. Les très-petites exploitations, celles qui donnent moins de 5 pouds (82 kilog.)
COURS D’ifCOROVIB POLITIQUR.
d’or, sont à la vérité sciisiblemeul dégrévées; mais co no sont pas celles qui importent (1)
Cette énorme aggravation d'impôt cst-elle purement fiscale,
(1) Voici les prlnclpsiux articles de l’ukasc :
Aiit. 2. Toutes les rxploiiations aurlKres de In Sibérie orinUale et uecldentale, du désert de Kirghis, du disiriel de Vercline-Oudinok, et en général de tonte In région Trans-Baïkalienne, déterminées et concéilées jusqu'à ce jour, ainsi que celles qui seront déterminées et concédées à dater <ie ce Jour, sont divisées en dix classes : à la première classe appartiennent toutes celles qui exlrnieni de I 6 2 ponds d'or; A la deuxième, de 2 à 5 ponds ; à la troisième, de 5 à 10 iHUids; A In quatrième de 10 A t5 pouds; à la cinquième, de 15 A 20 pouds; A la sixième de 20 A 2a pouds; A la septième, de 25 A 50 ponds; A la huitième, de 50 A 40 pouds ; A In neuvième, de iO A -iO pouds exclusivement, et A la dixième, toutes celles dont rextraclion dépasse 50 pouds d'or par an.
Aar. 3. Ces exploitations sont impo.sées dans les proportions suivantes t
La première classe, A raison de !> p. o/o;
La deuxième clas.>c, A raison de 10 p. «/o;
l,a troisième clns.se, A rnisoh de 15 p. •/«;
La quatrième classe, A raison de 17 p. •/■ pour les premiers 10 ponds,
et A raison de 25 p. °jo pour le surplus;
La cinquième dusse, A raison de 21 p. «/o pour les premiers la pouds et A 28 p. "/o pour le surplus;
La sixième classe , A raison de 23 p. */a pour les premiers 20 pouds et de 30 p. «/• pour le surplus ;
La .septième classe, A raison de 25 p. °/o pour les premiers 25 pouds cl de .32 p. o/u Ir surplus ;
La huitième classe, A raison de 28 p. «/o pour les premiers 30 pouds et de 33 p. */,• pour le surplus;
La neuvième classe , A raison de 30 p. <>/• pour les premiers iO pouds et de 34 p. «/o pour le surplus ;
La dixième classe , à raison de 32 p. % pour les premiers 50 pouds cl de 35 p. o/s pour le Surplus,
Aiit. 4. L'impôt dit minier, institué par l'article 2425 du règlement des mines, pour couvrir les frais de police, des troupes et autorités, affectés aux exploitations am-ifères en Sibérie, continuera A être prélevé comme il suit : sur les exploitations de la première classe, A raison de 4 roubles or par chaque livre d'or, au litre de la monnaie ; deuxième classe, A 5 roubles ; troisième,!} roubles; quatrième et cinquième, 7 roubles; sixième et septième, 8 roubles; huitième et neuvième, 9 roubles; et dixième, 10 roubles.
Ant. 5. Les exploitations dont l'extraction est moindre qu'uti poud d'or oc payeront qu'un droit unique de 300 roubles par an.
(,Ukase du 14-26 avril 1849.)
c'est-à-dire destinée à procurer des ressources à l'État, ou aurait-elle pour objet de liiuitcr rexpluitatiou, afin d'enipéclier que la grandeur de la production ne fasse rapidement baisser la valeur de l’or, et ne diminue les avantages que cette industrie rapporte à l’empire'/ ou bien aurait-on voulu forcer cette industrie à rester morcelée, et lui donner un caractère démocratique, autant que ce root a un sens en Russie; ou enfin, sc serait-on proposé de maintenir une espèce d’équilibre entre la Sibérie et l’Oural? car l’ukase laisse subsister le statu quo pour les mines ouraliennes. C’est ce que je n’ai pu savoir; mais ce que je ne crains pas d’alfirmer, c’est qu'une taxe aussi forte a par elle-même de grands inconvénients.
En supposant qu’il n’ait poursuivi qu’un but fiscal, le gouvernement impérial a bien pu s’estimer fondé à croire que les bénéfices recueillis par les principaux extracteurs étaient tels que les mines resteraient exploitées sous le coup d’une taxation aussi exorbitante. Mais avait-il d’aussi bonnes raisons pour penser que l'impôt auquel il prétendait les assujettir ne lui échapperait pas? N’est-ee pas un élément de démoralisation et de corruption qu’on aura jeté dans les provinces asiatiques de l'empire? Les extracteurs, dont c'était déjà assez le penchant, dissimuleront de plus en plus la production, afin d’éluder les droits, et, à cette distance du siège de l'autorité, du pareilles fraudes sont assez faciles : il est plus d’un moyen de les faire réussir.
Indiquons les résultats du lavage des alluvions aurifères.
COURS d’économie politique.
Or de lavage det mines de la Russie (1). — Quantilés officielles, à partir de 1810.