CHAPITRE PREMIER
Mines de miHaux prcicicnx de divers piiys. — L'Allemagne el ses dépendances. — La Norvège. — L'Espagne. - Les mines d'argent aurifère de la Russie. — La Turquie. — L'intérieur de l'Afrique. — Les Iles de la Sonde et les l’hilip|iines. — l a Cliine et le Japon. — Les ateliers d'aflliiage.
Quand on a nommé les mines d’or et d’argent de l’Amérique el les mines d’or de la Russie boréale, on a indiqué les principales sources d’où les métaux précieux se répandent de nos jours sur le marché général. Cependant quelques autres contrées en fournissent un approvisionnement digne d’élre mentionné et donnent pour l’avenir des espérances plus ou moins séduisantes.
Le plomb de la plupart des mines du continent européen est plus ou moins argentifère, et très-souvent, il est profitable d’en extraire de l’argent. Il en est de même d’un cerlain nombre de mines de cuivre. Et puis une petite proportion d’or accompagne fréquemment l’argent ainsi obtenu. Dans d’autres mines européennes, l’or se présente à l’état de combinaison avec quelques substances métalliques. Ainsi, dans la Transylvanie, avons-nous dit, il est associé, et à petite dose, au tellure. D’autres fois, c’est
dans des pyrites de fer ou de cuivre qu'il est intimement engagé. Ailleurs il est à l'état natif au milieu des alluvioiis.
C’étaient l'Allemagne et le reste de la vallée du Danube qui, au commencement du siècle, avaient eu Europe le privilège presque exclusif de la production de l'argent et de l’or. Les montagnes de l’Erzgebirge, qui s’étendent dans la Saxe et en Bobéme, recèlent des mines depuis longtemps célèbres. C’est là que florissait jadis Joachiinstlial (1), et que se distingue encore Freyberg.Les mines du llarz ont une grande renommée qui est bien méritée par l'esprit d’ordre et d’économie qu’on y observe, et plus encore par la hiérarchie sympathique qui relie les uns aux autres, du poste le plus élevé au rang le plus humble, tous les hommes adonnés aux travaux souterrains. I,c pays de Mausfeld donne aussi de l’argent. De même la Silésie prussienne et leTyrol;dcniênie encore la Moravie et le Salzbourg. La Transylvanie produit de ce même métal; le Piémont de même. La Hongrie, à elle seule, en rend presque autant que toute l’Allemugiie proprement dite. La Suède a des mines d’argent en Westmanic. Les mines d’argent de Konsberg, en NorWége, sont exploitées depuis une longue suite d’années.
Jusqu’à ces derniers temps, l’Angleterre, où l’on rencontre tant de riches mines de cuivre et de plomb, métaux que l'argent accompagne d'ordinaire, ne rendait pas d'argent eu quantité appréciable, ni un atome d'or, quoique, au dire de Tacite, on y exploitât autrefois l’un et l’autre (2). M. Jacob se borne à mentionner vaguement quelques mines du nord de l’Angleterre comme rendant quelque peu d’argent.
En France, les rares mines de plomb qu’on exploite ne couvrent leurs frais que par l’argent qu’elles fournissent. Il y a même, à Huelgoct, un gisement en exploitation qu’on doit considérer comme analogue aux minerais colorados ou pacos de l’Amérique. Ou a travaillé, dans l’Isère, une mine d’or en niou, à la Gardctte, et des mines d’argent eu filons, à
(1) Joacliiinstliul est encore en exploitation; mais autrefois c'était une mine bien plus productive qu'aiijoiird'hui.
(2) l'ert Brituiiuia aui'uni,ct argeiilum, et ali.i inelalla, prclitiin Victoria;. (Tacite, Agriculu, XII. }
248 COURS d’économie politique.
Allemonl; divers autres gîtes argentifères ont été effleurés ailleurs; mais, en somme, le contingent de métaux précieux que donne notre patrie est insignifiant, eu égard à nos besoins. Les relevés statistiques de l'administration des mines ne le portent qu’à un peu plus de 5,000 kilog. d’argent.
Les mines d’or de l’Europe, sans la Russie, sont presque entièrement dans la monarchie autrichienne, en Hongrie d’abord, en Transylvanie ensuite, et puis un peu dans le Salzhourg.
Au commencement du siècle, M. Héron de Yillefosse attribuait à l’Europe, distraction faite de la Russie, une production de 216,239 marcs (52,780 kilog.) d’argent, et de 5,235 marcs (1,282 kilog.) d’or(l). Al. Beudant, qui a parcouru la Hongrie, a été conduit à diminuer notablement celte estimation pour l’or : d’après scs observations sur ce pays, il convenait, vers 1820, de n’admettre que 1,029 kilog. de ce métal pour l’Europe (2); c’est à ce chiflrc qu’inclinait M. de lluniboldt, il y a vingt ans (5).
Aujourd’hui, la production de l’argent est plus forte qu’au commencement du siècle, dans l’Europe centrale et occidentale. Tous les arts ont tendu à s’y développer, à la faveur de la paix. En 1855, on pouvait estimer que l’extraction de l’argent s’y était accrue de 15,000 kilog. Hors de rAllemagne et de la vallée du Danube, il ne s’y produisait pas, à celte époque, plus de 15,000 kilog. d’argent et de 20 ou 25 kilog. d’or. Depuis 1835, l’Espagne est entrée dans la lice, et elle a ajouté une somme relativement très-considérable au rendement de l’Europe en argent.
Les mines d’or et plus encore celles d’argent de l’Espagne ont jeté autrefois un grand éclat; Annibal y avait puisé. Du temps de l’empire romain, d’après les recherches de Al. Bœkh, les mines d’or auraient rendu jusqu’à 6,500 kilog. de métal fin. Strabon et Pline ont signalé l’abondance des métaux précieux
(1) Richesse minérale, tome I, page 240, Tableau.
(2) Voyage minéralogique en Hongrie, tome I, page 410; tome 111, page 122.
(3) Nouvelle-Espagne, tome III, page 455.
et ]a fécondité de l'exploilaliou dans la Péninsule. Bien avant eux, les poètes sacrés en faisaient une mention particulière. I L'ibérie, dit Ëzéchiel, dans ses menaçantes prophéties contre Tyr, fit le commerce avec loi, à cause de tes grandes richesses; elle paya les denrées avec de l’argent. » Sous les Mores, ces gisemenis n'étaient pas restés stériles. Après la découverte de rAmériqueils furent délaissés, on a vu comment (1). Après 1855, le pays ayant recouvré ses libertés, on y a repris l’industrie des mines avec succès, quant à l'argent.
Ce sont des mines de plomb argentifère situées dans les royaumes de Murcie et de Grenade, à peu de distance de la Méditerranée, qui ont donné autrefois, et qui donnent présentement une assez grande quantité d’argent. Le plomb cependant n’y est pas toujours accompagné du précieux métal. Les mines de la Sierra de Gador, derrière le port d’Alméria, qui ont rendu, il y a quelques aimées, jusqu'à 59 millions de kilog. de plomb, et qui en fournissent encore beaucoup, sont très-peu argentifères. Les mines qui sont derrière Cartiiagène, particulièrement à Alinazarron, et plus encore celles qu’on exploite dans un petit vallon nommé le Barranco Jaroso, dans la Sierra Alinagrera, petit chaînon peu éloigné du littoral dans le royaume de Grenade, ont une teneur eu argent remarquable, de 1 pour ceut par rapport au plomb métallique. Ces mines ont été visitées successivement par plusieurs ingénieurs français de beaucoup desavoir, MM. le Play, Paillette, Sauvage, Pernolel, qui ont pris soin de les faire connaître. Suivant le dernier de ces observateurs, dont le voyage est le plus récent, les seules raines de la Sierra Alinagrera produisaient, il y a un petit nombre d’années, 40,000 kilog. d’argent (2). Par conséquent, on ne saurait évaluer à moins de 50,000 kilog. l’extraction entière de la Péninsule à la même époque, et ce n’est pas tout.
L’antique procédé de la coupellation, qu’on trouve indiqué dans la Bible et qui aurait servi, près de mille ans avant Jésus- Christ, à la séparation de l'argent contenu dans le plomb, a
(!) Page 185, note S.
(2) Annnlcs des Mines, qiialriènie série, tome X, page 287.
250 COURS d’économie poLmouE.
éprouvé tout récemment un changement à la faveur duquel on a pu retirer l’argent de plombs bien plus pauvres que ceux où jusque-là on le cherchait avec avantage. Ou a observé que, t
dans le refroidissement lent d’un bain de plomb argentifère, l’argent, d’abord également réparti dans la masse, restait dans la partie qui conservait le plus longtemps l’état liquide. En séparant les cristaux de plomb à mesure qu’ils se forment, on a donc pu concentrer la plus grande quantité de l’argent dans une masse de plomb beaucoup moindre, et il n’y a plus eu qu’à soumettre celle-ci à la coupellation.
Sur ce fait bien constaté, un ingénieur anglais, M. Pattinson, a édifié un procédé tout nouveau pour retirer de très-petites quantités d’argent que recelaient des plombs jusqu’alors réputés stériles. C’est devenu en Angleterre une importante industie (i). L’économie de cette méthode est si grande, que par des concentrations successives, on était parvenu, dès le début, à traiter avec avantage des plombs dont la teneur en argent n’était que de 0.000 080 ou d’une partie sur 12,500. M. Duport ,
n’évalue pas la quantité d’argent, que fournit présentement le travail combiné de l’Espagne et de l’Angleterre, à moins de 25 millions de francs (2), qui formeraient 112,500 kil. *
de métal tin.
Ce procédé nouveau s’est récemment introduit en France. Je lis dans une note rédigée Par M. Pallu, directeur des mines et usines de Pont-Gibaud (Puy-de-Dôme), qu’on le suit dans cet établissement. Il doit pénétrer partout.
L’extraction de l'argent, dans l’empire russe, était, il y a quarante ans, de 22,700 kilog., selon les relevés officiels. Elle est aujourd’hui quelque peu plus faible peut-être. Les mines d’argent de la llussie sont : celles de Nertschinsk, régulièrement exploitées depuis 1701; celles de Kolyvan, qui ne remontent qu’à 1745, et celles de Calherinebourg, où les travaux actuels datent de 1751. Les relevés officiels signalent, pour toutes les
(t) La description (lélailléc du procédé de l'afflnage du plomb par cristallisation a été donnée par .M. le l’lay, dans les Annales des Mines , troisième série, tome X, |>age 381 (185G).
(2; nuporl, Banque territoriale, i}üge iS. I
LA MONNAIE, SECTION VII, CHAPITRE I. 2Si
mines de l'empire, depuis l'origiue jusqu'au janvier 1849, une production de 1,400,000 kilog. d'argent (1), d'où, en 1810, il avait été extrait, avec le peu qu'avaient donné les filons aurifères de l'Oural, 28,322 kilog. d'or (2). ka quantité d'argent peut être portée, sans exagération, à 1,500,000 kilog., à cause de ce qui n'est pas déclaré; celle d'or, que nous arrêterons à 1810, afin de concorder avec les tableaux qui ont été présentés plus haut, peut de même être mise à 30,000 kil. au moins.
A ce compte, l'extraction totale de l'or de la Russie, de 1704 jusqu'au 31 décembre 1848, irait à 350.000 kilogr., faisant 1,205,556,000 fr. Avec l'argent, la somme des trésors inétallii|ucs fournis par le sol de l'empire, depuis la même époque, sciait de 1,538,889,000 fr. Ce n'est que quatorze fois ce qu'il rend présentement dans le courant d'une seule année.
Il y a lieu, suivant M. Jacob, d'attribuer à l'empire turc, pour ses provinces asiatiques, une certaine quantité d'argent. C’est aux environs d'Erzeroum que sont situées les mines. Leur rendement aurait été, il y a vingt ou vingt-cinq ans, d'une valeur de 100,000 liv. sterl., soit 2,521,000 fr. ou 11,245 kilog. de fin. Cet argent est expédié à Constantinople, d’où il se répand sur le marché général.
Oe temps immémorial, l’Afrique a donné de l'or; on en a la preuve dans les monuments les plus vénérés de l’histoire. Il provient de sables que les grossiers naturels de cette partie du monde lavent comme ils le savent. Par les caravanes, il sc
(1) Ces mines irargciit n'ont qu'une Irès-pelite teneur en itiélal. Les mines ilc Nei lseliinsk ne cunlienneiit que O.OOÜ 250 environ iriirgenl un |ien aurifère {IntroJui-tion à l’Annuaire du Journal des mines de Russie, page 159). Les mines de Kolyvun soûl |ilus pauvres encore en argent. Celles de Zerianofsk ont ù peine un atome par delà le point où l'on eesse de travailler le minerai du Mexique; mais elles donnent une assez forle quantité de plond),el cependant elles sont riches en comparaison de celles de Salaïrsk. Le minerai de ces dernières donne O.lIflO 180 seulemenl, cl je ne vois pas qu'il produise beaucoup de plomb (dunuaiVr de 1855, pages 201 et 223). 11 SC Irailc par la voie ignée.
(2) Voir le travail de M. de Hermann sur les mines de l'empire russe, écrit en allemand, et l’/nlrodurtion à l'Annuaire du Journal des mines de Russie.
252 COURS d'économie politique.
Irnqiio, ronire les produits de rindiistric européenne ou asiatique, dans les comptoirs que les Européens ont établis sur le littoral de l'oecident, ou dans ceux de l'iman de Mascate sur les rivages orientaux de cette vaste péninsule. Le nom de la Côted’Or, celui de Guinée qu'a porté longtemps la monnaie d’or anglaise, montrent que l’Europe est depuis longtemps dans riiabitiide de puiser de l’or dans cette partie du monde. Mais eoinbieu est-ce qu’il nous eu vient? .M. Crawford a estimé à 14,000 kilog. l’or qui est produit tous les ans en Afrique. Au commencement du siècle, il ne parait pas que la compagnie anglaise, entre les mains de laquelle était presque tout ce commerce, en fit sortir 2,000 kilog. (1). Malgré les efforts que r.AngIcterre et l'iman de Mascate ont faits pour exciter à la production et aux échanges les populations africaine.s, ce sera outrer ce qui s’en écoule d’or présentement que de le porter à plus de 4,000 kilog.
Il est bien connu que l’Asie méridionale a des mines d’or, mais on ne sait pas ce qu’elles produisent. M. .Montgomery Martin, en sa grande description bistoriqne des colonies britanniques, cite un bon nombre de gisements en exploitation dans l'Inde proprement dite; mais j’y ai inutilement cherché une indication de quantités extraites (2). M. Jacob supposait que l’extraction pouvait y être de 11,900 kilog., tant pour le continent que pour l’archipel de la Sonde. Le seul fait qui soit aujourd’hui bien démontré, c'est que les mines d’or les plus productives de l’Asie méridionale sont dans cet archipel, à Itoruéo et à Sumatra, surtout dans la première de ces deux Iles.
Les mines d’or des iles de la Sonde, que leurs sultans font exploiter avec avidité, rendaient 4,700 kilog., scion M. Crawford, qui avait visité le pays en 1820, ce qui aurait laissé au continent une production de 7,200 kilog. pour cette époque, en adoptant l’évaluation totale de M. Jacob. Des renseignements plus récents donnent à croire que la production de l’or, dans les îles de la Sonde, a suivi une progression croissante. M. Na-
(t) Duport, liauque lerritorMe hypothécaire, pugciC
(i) Hittory of the Britûh Colonie», édiliou de 1836, luine 1, jwgc 1 12.
Lk MONNAIE, SECTION VII, CUAPITKE I. 253
talis Rondol a bien voulu me communiquer les informations qu’il avait recueillies sur les lieux, ainsi que les extraits, qu’il avait pris la peine de faire, des récits des voyageurs anglais, et notamment de tout ce qui est émané de M. Brooke. 11 en résulte qu'un seul district de l'ile de Bornéo, celui de Sambas, fournit, suivant le calcul le plus modéré, 14 ou 15 millions de francs en or, et cependant le district de Sarawak est plus productif encore, ce qui mettrait l'extraction actuelle de l’ile de Bornéo bien au delà de l’estimation de M. Crawford pour 1820. On exploite des mines d’or dans d'autres localités de l'ile. Les mines de Lepang, de Montrado, de Raenandor , de Santam, de Matan, de Maday, de Tampasouk, sont célèbres dans ces parages. Â ce compte, ce ne serait pas exagérer la production de l'archipel que de la porter à 20,000 kilog. Quant à la proportion qui s’en répand dans le courant de notre civilisation, c’est impossible à dire. Il y a lieu de présumer qu’en ce moment elle est appréciable, et elle le deviendra chaque jour davantage : les Européens, de plus en plus, prennent pied dans ces lies.
Les Philippines ont aussi des mines d’or en exploitation, et on assure qu’elles donnent des produits très-notables.
La Chine a certainement des mines d’argent et d’or. Le bas prix qu’y avait l’or relativement à l’argent, jusqu’à nos jours, atteste que l’or devait y être dans une certaine abondance. On manque entièrement de données sur l’extraction de ce métal dans l’empire chinois.
€ On ne connaît, dit M. Natalis Rondot (1), ni le mode d’exploitation employé en Chine, ni la nature des terrains où se trouvent les gisements, ni la richesse des minerais, ni les alliages, non plus que le chiffre, même approximatif, des extractions. On rapporte seulement qu’à Kirréa, dans la Tartarie chinoise, deux à trois cents ouvriers travaillent continuellement à une mine d’or; qu’il y a également, dans le Hou-Kouang, plusieurs petites mines en exploitation qui rendent un or d’un jaune pâle, très-malléable et ductile. On cite également un
(t) Ftiuie pralif i(c du commerce d'exporlation en Chine, page 13.
couns d'écosomie i’omtiqii;.
‘ii
S54 COURS d'éconohie politique.
mémoire adressé à l'empereur, dans lequel on estime à 40,000 ou 50,000 le nombre d’ouvriers, et à 2 millionsde laèls le produit des mines d'argeul d’Ho-Chauu et Son-Sing, dans le Yuu-nau,
« Le père Duhalde et d’autres écrivains plus modernes sont tous d’accord pour vanter la richesse des mines argentifères et aurifères de la Chine. Il paraîtrait que le gouvernement s’eu réserve le monopole, et qu’il en défend l’exploitation sous les peines les plus sévères. Mais que de riches gisements, que de trésors de natures diverses demeurent enfouis dan.s celte contrée, où les travaux d’art ne parviennent qu’à de si petites profondeurs, où enfin les principes de la géologie et de la métal'lurgie sont encore ignorés!
Les deux millions de taë]s des mines d’IIo-Chaun et Son- Sing que mentionne M. Rondot, à raison de 37 Tfi par taël(t), font environ 75,00ü kilog.; mais ce ne sont pas à beaucoup près les seules mines d’argent qu’on exploite en Chine. Il ne semblerait même pas, d’après les indications doupées par M. N. Rondot, que ce soient les plus abondantes. Op peut croire que l’extraction de ce métal, pour l’ensemble des provinces du Céleste Empire, s’élève à quelques centaines de mille kilog.
Depuis le commencement du siècle, l’Europe a beaucoup reculé les limites de sa domination et de son commerce en Asie et dans les archipels qui en dépendent, Ces dernières années ont vu s’ahaisser, virtuellement au moins, les barrières qui fermaient au commerce de l’Europe et des États-Unis les régions les plus populeuses et les plus industrieuses de cette partie du monde, ce vaste empire chinois qui compte plusieurs centaines de millions d’habitants empressés à produire et désireux d’échanger. Seul, l’empire du Japon a pu, jusqu’à ce jour, maintenir son isolement. Dieu sait si ce sera pour longtemps. Il est donc permis de considérer comme versée sur le marché général, en totalité ou en partie désormais, la production de contrées que, pour les premières années du siècle, il convenait de laisser en dehors. Ainsi la production en métaux précieuic des divers pays de l’Asie méridionale et celle du Céleste Empire
(1) Étude pratique du commerce d’exportation en Chine, page 4.
pourraient déjà, partiellement, être englobées dans Tapprovisionnemeiu général de la civilisation à laquelle nous appartenons noiis-niémes.
Fl est encore une extraction d’or que je n’ai pas comptée explicitement dans ce dénombrement des sources de la ricbesse métallique. Je veux parler de l’or que les affineurs européens parviennent à séparer, avec profit, des lingots et autres matières d'argent où il existe à l'état d’atomes pour ainsi dire. L’industrie de l'affinage, depuis un quart de siècle surtout, a fait de grands progrès, par les soins des métallurgistes français (1), et, de chez nous, les procédés perfectionnés se sont répandus dans la plupart des contrées de l’Europe, et de l’autre côté de l’Océan, au Mexique (2). Les principaux ateliers d’affinage européens sont à Hambourg, à Amsterdam et à Saint-Pétersbourg; tout nouvellement on en a érigé un à Bruxelles. Chose surprenante, l’Angleterre, qui est le point d’arrivage de la majeure partie des matières d’argent du nouveau monde, est, sous ce rapport, singulièrement en arrière (3). Autant que j’ai pu pénétrer le mystère dont s’enveloppent les personnes qui se livrent à l’art de l’affinage, j’estime que, réunis, les affineurs européens mettent à nu, tous les ans, terme moyen, une quantité de 1,C00 kilog. d’or, ou 5,.511,000 fr. La France y contribue pour la moitié environ.
La majeure partie des matières d’argent ainsi affinées étant d’origine américaine, à la rigueur, c’est au compte de l’Amérique que cette production devrait être portée. C’est ainsi qtie, dans la récapitulation générale de l’extraction américaine, depuisChristophe Colomb, qu’on trouvera au chapitre 111 de la présente section, j’ai mis 60,000 kilog. d’or de supplément à l’actif du Mexique et j’ai augmenté aussi le chiffre relatif ait Pérou ; je crois m’être ainsi tenu plutôt au-dessous de la vérité, pour le passé.
(t) Je renvoie à ce qui a été dit plus haut, page 97.
(5) Outre l'atelier de Mexico, qui a été grandement amélioré par M. Duport, lin autre a été fondé à Durango par M. liras-dc-Fer
(il On m'assure qn'h l.oiidi es les iilTInagrs du commerce sc font encore par l'acide nitrique.
COURS d’écomohie politique.