‹ La monnaieChapitre 2 sur 2 · I. A M0NNA1K · texte numérisé non relu

I. A M0NNA1K

dans les immenses espaces de l'univers, le guidait aussi lorsqu’il déterminait pour la monnaie le rôle auquel elle est appelée au milieu delà complication des intérêts sociaux, auxquels elle doit subvenir.

La grande idée moderne se traduit en ces termes : le travail crée la richesse. Or, la monnaie est le plus puissant instrument du travail et de l’association des efforts. Aussi le Copernic des lois de la production, Adam Smith, après avoir fait du travail de l’homme, fruit de la liberté, le point autour duquel gravite la richesse sociale, ne s’est point mépris sur le véritable rôle de la monnaie.

Le génie de Copernic, après avoir dévoilé les harmonies célestes, lui a fait entrevoir un des aspects essentiels des harmonies sociales; elles ont brillé depuis d’un pur éclat, grâce au puissant esprit d’Adam Smith et deFrédéric Bastiat. L’homme, but de la production, en est aussi la première source, il verse son intelligence et son âme dans les objets extérieurs qu’il approprie à son usage. Le monde de l’esprit féconde, discipline et gouverne le monde de la matière. Pour accomplir cette grande œuvre il faut une langue commune des intérêts, comme une langue commune des idées. L’or et l’argent, en nous conduisant du connu à l'inconnu, permettent de mesurer la valeur et d’apprécier instantanément les services rendus; ils fournissent le lien le plus précieux qui rapproche les hommes par l’attrait d’un avantage mutuel, et multiplient les produits

en facilitant la satisfaction des besoins; ils rendent ainsi des services signalés à l’association humaine.

La monnaie régularisa les échanges; son concours efficace permit à la circulation de se développer avec une si merveilleuse facilité, que la production prit un rapide essor, en amenant partout l’aisance et la prospérité. Le rôle supérieur de la civilisation consiste en partie dans l’organisation solide et flexible à la fois, des moyens- d’effectuer les échanges qui impriment le mouvement au travail. Plus la civilisation grandit plus les rapports entre les hommes s’étendent et se diversifient ; la monnaie permettant de préciser à tout moment la valeur des produits, en accélère la multiplication; elle met l’homme à même d’utiliser chaque heure, chaque minute, en assurant au service rendu une récompense légitime et immédiate.

L’or et l’argent constituent donc un instrument qui coûte beaucoup moins qu’il ne rapporte, un instrument solide de la circulation des produits, un levier puissant pour leur création. En provoquant la division du travail et l’agrégation des efforts, le métal devient l’agent le plus actif pour l’application des trois principes sur lesquels, Dieu merci! le monde repose aujourd’hui : le travail, la liberté et la justice !

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