‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 130 sur 260 · Conférence monétaire de 1885. Procès-verbaux, i · texte numérisé non relu

Conférence monétaire de 1885. Procès-verbaux, i

2. La situation s'est d'ailleurs améliorée depuis une dizaine d'années. En IfSOi, la soïinne des écus italiens circulant en France était évaluée à 328 millions au lieu de 208. celle des écus belges à 345 au lieu de 329.

jeter dans la circulation des pays étrangers. Une étroite solidarité existe entre les intérêts monétaires des différents peuples. La politique égoïste des peuples riches, dont l'objectif avoué est d*accaparer l'or, risque d'avoir des répercussions fâcheuses sur leur propre état économique, en affaiblissant la stabilité de la mesure monétaire qu'ils ont choisie. Elle peut exagérer la dépréciation naturelle de la mesure monétaire qui reste seule à la disposition des communautés moins puissantes ; et ce résultat peut avoir des conséquences nuisibles aux nations riches elles-mêmes, la dépréciation de la monnaie permettant aux pays qui en souffrent, de vendre à meilleur marché leurs produits aux pays dont la circulation est normale et de faire une concurrence désastreuse à l'industrie et à l'agriculture de ces derniers.

Nous avons réfuté par avance ce dernier argument, en recherchant quelles étaient les conditions d'existence et la mesure des primes à l'exportation qui résultent du change défavorable*. Nous nous sommes, de même, expliqué déjà sur la question de l'appréciation de Tor'.

Nous admettons, au contraire, que le fonctionnement du double étalon a contribué et peut encore contribuer à donner plus de stabilité à la mesure monétaire. Dans sa déposition devant le Conseil supérieur du commerce, en 1869, M. Wolowski usait d'une comparaison ingénieuse, qui est demeurée classique, pour expliquer comment le système bimétallique peut atténuer les variations du pouvoir d'achat de la monnaie et par suite celles des prix. « Pour mesurer la marche du temps, disait-il ^ la science a eu recours aux oscillations du pendule ; si celui-ci n'était formé qu'au moyen d'une seule tige métallique, l'influence de la température accélérerait ou ralentirait ses mouvements, de manière à modifier sans cesse la constatation du temps écoulé. L'art a combattu et vaincu cette difficulté, en associant deux lames de métal, agissant en sens contraire, dans le pendule compensateur... Il en est de la mesure de la valeur comme de la mesure du temps : elle serait trop susceptible,

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